Partir toujours partir
Partir à l’aventure
Des buveurs d’horizon
Sur le papier bavard
Sur le papier buvard
Qui atténue nos déchirures
Partir la vie voyage
La vie nouvelle
Des enfants nouveaux nés
Que l’on entoure de tendresses
Partir en sédentaire
Au pays intérieur
Où l’on écrit la nuit
Des livres hors commerce
PHRASES
« La vitesse de la lumière ne fait aucun bruit » lit on sur le livre d’un metteur en scène « Prête moi ton grand bruit Son glissement à travers l’Europe illuminée » écrit l’auteur des Poésies de A.O.Barnabouth Son chauffeur est un marquis sans le sou qui se déplace en mercedes blanche -Tes phrases manifestent ton goût pour le baroque me dit-on -Oui et puisque elles sont en partie traduites reprisées raboutées l’une à l’autre… tout est pardonné
,
J’ÉCRIS POUR ME RENDRE UTILE
J’écris
en définitive
pour me rendre
utile
J’écris
pour tâcher
d’y voir clair
et ne pas participer
au tohu bohu
actuel
J’écris
pour mettre à distance
le quelque chose noir
des électeurs de Bardella
et le quelque chose rouge
des électeurs de Mélenchon
J’écris
pour lancer des ponts
pour ne pas que les gens
se précipitent tête baissée
dans leurs convictions
J’écris
dans un temps long
prenant le temps
de dissiper la fumée
des influenceurs
qui font les opinions
J’écris
toujours en retard
me méfiant comme de la peste
de mes premières impulsions
J’écris
au cas par cas
comme font les traducteurs
des langues orientales
qui prennent en compte
la présence des étrangéités
induites par leurs idéogrammes
J’écris
méditativement
relisant avec soin
les calligrammes d’Apollinaire
avec cette nostalgie
du lien entre la forme des mots
et leur sens
J’écris et j’écrirai
un autre jour
plus avant…
QUATRAIN
Les poètes oubliés remplissent ma soupente
Ils rêvent des heures passées à leurs écrits
Dans l’indifférence et sans reconnaissance
Les poèmes sommeillent en des vers qui nous hantent
UN FAGOT DE PIÈCES DIVERSES
Je m’imagine sur le ring du Madison Square Garden encouragé par Nougaro qui me crie : Boxe boxe boxe
Je m’imagine sur la scène de l’Olympia m’accompagnant à la guitare sèche en chantant Santiano ce fameux trois mâts fin comme un oiseau
Je m’imagine papillon butinant les fleurs magiques des Songes d’une nuit d’été
Je m’imagine Balthazar au hasard du film de Bresson
Je m’imagine dormeur du val ma tête baignant dans le frais cresson bleu
Je m’imagine suspendu sur le trapèze de la vie mode d’emploi ne voulant plus en descendre
Je m’imagine Gary Cooper chantant à Grâce Kelly Si toi aussi tu m’abandonnes
Je m’imagine dans la tour de Montaigne fagotant toutes ces pièces diverses