LE CIEL DE MA FENÊTRE





Le jour point

Sur la ligne de pin

avec des nuages d’ouate

qui se baladent là-bas

à l’horizon de mon texte





De grandes sautes de vent

et d’idées qui passent

et qui repassent





Livres des courants d’air

et des feuilles d’herbes





De ma lucarne

ce ne sont pas ardoises

du toit que j’entrevois

mais patience du cœur
et amis envolés


Et — peut-être est-ce

le ciel de ma fenêtre? —

ce qu’on appelle douceur.





le ciel de ma fenêtre

UNE PAGE SORTIE DE SON CADRE





Curieusement j’ai déjà écrit cette page

-du moins je l’ai imaginée-

Elle partait de zéro -tabula rasa-

et se lançait à l’eau





-Allo allo est-ce que tu m’écoutes ?





Et à présent je la vois sortir de son cadre

Cherchant ailleurs sa route et sa pâture





-Oui je t’écoute

Toi qui depuis fort long temps

n’est plus de ce monde

Qui a quitté l’horizon de mes textes





Mais ne crains pas que je t’oublie

Je me préoccupe toujours

de ton souci





Jusqu’à la dernière ligne

Jusqu’au dernier pétale

Qui s’envolera du bouquet d’un temps

Tremblant d’incertitude

si vous comparez les deux versions vous verrez les différences avec mon premier jet réflexion faite ce que j'ai ajouté et modifié ne me satisfait pas c'est trop "embrouillé" mais si une main lectrice veut bien reprendre "le rameau" et se l'approprier je lui en fais volontiers "présent"  jjd 23/02/2021 8h37

LE TEMPS l’arcane majeur





Le temps pour le poème

est l’arcane majeur





Le temps refiguré

dans une métaphore





Le temps désaliéné

« les promesses de l’aube »

brisées mais non perdues

dans un dire têtu

ni le même ni l’autre





Le temps des nuits entières

qui sonne sans raison

mais non sans résonances

L’horizon de lectures

d’une intranquillité

qui nous tue et rassure





Le temps qui nous murmure

La mémoire et l’oubli

L’amour des fatrasies

Et la sérénité





manuscrit « tel quel » nuit du 26 novembre 2020
le temps arcane majeur

	

POÈME ZEN





Poème zen

Venu d’un monde intérieur

mais non clôturé

Sans peur ni repentirs





En s’écrivant il se donne

le « monde-autre » des poésies

comme horizon de lecture

(comme une geste chamanique)





Poème zen

S’il sort de travers

Je le laisse

sur un coin de table

et j’en commence un autre





Ou bien

j’écris sur le poème raté

palimpsestueusement





Poème zen

Couleurs des nuits

Poussière d’ailes

de papillons blancs

que l’on nomme « éphémères »