La pointe d’un rêve
La plume sur le papier
Passe et le recrée
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
La pointe d’un rêve
La plume sur le papier
Passe et le recrée
Ce son est en moi ce sonnet que j’honore D’un hendécasyllabe tel un cri Je l’écris depuis ma petite source Qui enflera de maints ruisseaux Rivières et fleuves jusqu’à la mer Si mes lecteurs leur prête vie Ce sonnet-là ses claires eaux En l’océan d’une assez lente course Comme le temps qui fuit jusqu’aux aurores Nuit après nuit Tous ces instants où j’essaie un peu sonné De mouvementer mes fantaisies Dans l’épaisseur de rêves feuillus Nel mezzo del caminn di notra vita Sonnet aux eaux mêlées se terminant par le fameux incipit de Dante « Au milieu du chemin de notre vie » Inferno canto I
Les nuits je me perds
Voyage autour de mes rimes
Poussant ma brouette
(d’insomnies)
11 Vous qui lisez Sonnets ainsi récrits De divers styles où le temps je poursuis Le temps perdu et le temps retrouvé De telle année tel jour telle pensée Vous qui lisez ce jour où pris d’amour Le Poëte de Laure fut frappé C’était souvenez-vous en Avignon Un vendredi saint assure la chanson Sans y penser je chante ô chose vaine Cet amour romancé imaginaire Nourri par la Fontaine de Vaucluse Vous qui oyez ce chant ainsi déduit De sonnets d’un Philleul de Carpentras De vos soupirs quand à la fin Amour est close Vasquin Philleul de Carpentras (1522- ?1582) On sait que notaire à Carpentras il fit paraître Laure d’Avignon Extrait du Poète florentin François Pétrarque Un notaire sicilien Giacomo da Lentini surnommé « El Notaro » serait « l’inventeur » de cette forme reine
10 Guerre n’ai faite Paix me convient Quand tout se dérobe ici je me tiens Ici je me brûle à mes vers de glace À mes vers pourris j’ajoute pour rire Mon grain de paroles aurore des nuits Où l’on proclamait sur les murs du Grand Mai Faites l’amour et non la guerre Ailes déployées sur mes basses terres De mon arrière-pays qui va criant De deuil me repais me lamente en riant Une ligne empruntée à Peletier du Mans Que lui-même traduisit ce sonnet italien : Pace non trovo et non ho do far guerra Je vois sans yeux sans langue vais changeant Mort en désir de me prolonger Périr en Vie éternelle Jacques Peletier du Mans (1517-1582)