J’AI BESOIN ET JE N’AI PAS BESOIN D’ÉCRIRE Le travail du Temps est ce qui fait qu’on s’absente de soi Jusqu’à l’ultime absence Il est altération Il est l’Autre qui s’insinue dans la place du Même François Hartog J’ai besoin d’écrire Travail sur le temps permet S’absenter de soi J’ai besoin de rire De rire de soi permet De rire des autres Ceux qui la ramènent Ceux qui donnent des leçons Ceux qui nous emmerdent J’ai besoin de lire Voyager à l’intérieur Sillonner des pages J’ai besoin d’un rien D’une page des Essais D’Azertyuiop J’ai besoin des nuits Ou je prose tous mes vers Au lit Litanie J’ai besoin de l’œil Que Nature m’a fait Marron point vert J’ai besoin plaisan Terie à part de mentir Pour faire plus vrai J’ai besoin de soins Alternatifs : l’air de rien La lyre d’Orphée J’ai besoin de voix Les chères qui se sont tues Les Nouvelles Nées J’ai besoin de voie Celle qu’on ne peut nommer L’Arcancielesque J’ai besoin de toi Toi qui fus ma seule au monde Toi qui nages dans mes pages J’ai besoin et je n’ai pas besoin De lèvres sur les livres Empreintes de soupirs J’ai besoin d’écrire Le mot fin le fin mot D’une histoire inachevée La nuit du 10 septembre 2023
l’été sans mer je meurs

premier bain de mer l'été sans mer je meurs à petit feu entouré d'enfants qui rejouent le mythe des origines ils courent à la mer ils passent le sable au crible ils n'arrêtent pas de bâtir des châteaux qu'ils croient éternels et surtout ils crient ils rient ils portent l'eau des poètes de sept ans à soixante dix sept ans dans le plein soleil l'azur les bateaux de maman qui ont des ailes toutes les émotions rêves et désirs que l'on dit au papier devant la mer qui nous vient du dedans comme un étourdissement passager Fos sur Mer 24/08/2020 et pour le dernier bain 09/09/2023 "c'était hier ce matin là c'était hier c'est loin déjà"
UN ÉTRANGE ALPHABET
Un étrange alphabet résiste en silence sous la lampe
Jacqueline Saint-Jean Brasier des ombres
une écriture en vis à vis de mes hypnographies
printemps-automne 2014

C'est une autre page Sur ton oreiller Au lieu de tourner retourner Cherchant dans le noir le sommeil Sous ta lampe Tu essaies d'abord de tenir ferme le stylo des signes inédits qui ne sont tracés par personne autre que toi Ensuite de prolonger cet élan par un festival de mots Guirlande de tes rêves... JJ Dorio 13/06/2020 et 09/09/2023
L’UNION DES CONTRAIRES

L'union des contraires Je parle dans ma tête En faisant mes caractères muets Je parle dans ma tête Comme d'autres Parlent au papier Le mien d'ailleurs Comme tu peux le constater N'est pas blanc C'est du papier kraft Mon stylo y fait un doux bruit Comme celui d'un esquif (je ne comprends comment m'est venue cette dernière image)
ANTHROPOCÈNE EN SEPT HAÏKUS
ANTHROPOCÈNE EN SEPT HAÏKUS Pour Danielle et Jacquie Il n’y a personne On est parti anthropo Cène Scène vide C’était bien pourtant Nos aurores affaiblies La mélancolie Des soleils couchants C’était Verlaine et Saint-Jean Bleu de l’oubli Matière ardente Sans la mortelle extraction Du maudit or noir Il n’y a personne Notre seule Terre est morte Un seul dernier rêve D’un desdichado Un troubadour perdu Desafinado Mélodie faussée Sur la lyre d’un Orphée Qui n’a plus d’ouï Italiques Paul Verlaine Jacqueline Saint-Jean

Entrevoir Les mondes De nos anciennes Certitudes À contre-jour À contre-temps Un présent Dans la splendeur De l’Aurore Où l’on recoud La déchirure De notre mise Au monde Par notre geste D’Écriture photographie et poésie de Danielle Nabonne