ALICE A DEUX COUSINES GERMAINES

ALICE A DEUX COUSINES GERMAINES Elles sont venues toutes les deux à cinq minutes d’intervalle ce 28 février, alors que, comme par un fait exprès, son cousin Mathis  venait de faire ses sept ans -Les jumelles, c’est pour voir plus loin, a dit Grand-Père Jiji en accordant son ukulélé. La première qui a montré sa tête étoilée se nomme Jade, comme la roche métamorphique verte présente dans certains schistes et serpentines. La seconde Ambre, jaune et dorée, est venue au monde par les pieds. Olé ! a dit Alice, maintenant que Maman Nono vous a délivrées, on va sortir la tête haute de ce maudit terrier. Voulez-vous, ne voulez-vous pas, voulez-vous, ne voulez-vous pas, voulez-vous entrer dans la danse ? Bien sûr ont dit les petites nouvelles-nées. Et les voilà sorties d’affaire et faisant la ronde au grand air, guidées par le grand frère…et le Roi n’est pas son cousin !

SI PAR UN MOIS DE FÉVRIER DE L’AN 2015

Si par une nuit d'hiver, nous promenant dans nos paradis sans paradis,
nous donnons le change sur le luth désaccordé de notre étoile morte.
En naviguant jusqu'à la fin, sur le fleuve de l'oubli et des réminiscences.


Aux voyelles passées à l’as
Des enfants perdus des banlieues
Enfermés dans leur drôl’ de sas
Je laisse cette craie des murs
De la Sorbonne et de Jussieu

En cet hiver deux mille quinze
Je JJ Dorio qui gît
Aile arrachée pigeon berzingue
Picorant mes pages d’argile
Sur les maux de la société

Je par ci Je par là Je co
Gite Je suis René Descartes
Je m’enflamme Je mets le feu
Aux fausses lettres et au paraître
En proclamant Je est un autre


Je m’appelle Einstein on the beach
Je suis la chaise de Justice
Le coquillage millénaire
Dans l'oreille des poésies
Breton Soupault Bois et Charbon

Je suis le poème rêvé
Et la main en chair et en os
Qui l’engendra sur le papier
Et sur la peau du monde mort
Qui renaît sur un coup de dés


Je suis Nostalgie du présent
Scansion rythme événements
Mis à l’écart Mis en abyme


LECTURE PRÈS DU CANTOU

801  IL Y A DES AUTEURS lit-on QU’ON NE LIT PLUS GUÈRE et des auteurs, c’est mon cas, qu’on ne lit guère. À la guerre comme à la guerre. Cette guerre impitoyable aujourd’hui qui devrait rebattre les cartes de nos lectures et de nos préoccupations. Nous faire passer en mode Journal des années noires 1 Sans cependant dépérir, mais, au contraire, trouver, même si elles sont des plus infimes, des raisons de rebondir. Voilà j’y suis, je laisse au plus grand nombre (et en particulier à ceux qui vivent en réseaux) la frénésie cannibale d’un présent tyrannique 2 et seul dans mon petit coin (ce cantou cher à mes parents occitans, petits paysans qui alimentaient leur cheminée l’hiver de bois de chêne et non d’espérances creuses), je me lance une fois de plus, toute affaire cessante, dans la lecture d’un petit pavé blanc (350 pages, couverture 22×16 cm, épaisseur du bouquin 2,5 cm) qui nourrira mon désir de mieux comprendre, d’y voir un peu plus clair, et donc de donner le change à cet impitoyable aujourd’hui. 1 Jean Guéhenno 2 Emmanuelle Loyer L’IMPITOYABLE AUJOURD’HUI : un titre pris à Jean Guéhenno est un Essai qui est paru en juin 2022 sous la plume d’Emmanuelle Loyer   

DON DE SOI-MÊME

DON DE SOI-MÊME, une poésie de A.O. Barnabooth où on peut lire que « la haine et l’envie meurent en moi d’asphyxie ». Le poète Valéry Larbaud inventa son nom de plume en ajoutant au nom d’une banlieue londonienne Barnes, le nom d’une enseigne de pharmacie Booth. Il expliquait que Haine et Envie ne pouvaient pénétrer le Vide qui était en lui. Où que j’aille dans l’Univers entier Je rencontre toujours Hors de moi comme en moi L’irremplissable Vide L’inconquérable Bien. Moi, dont je tairai le nom, si je ne suis pas non plus affecté par la haine ou l’envie, c’est à la Joie que je le dois. Quand je suis triste, infiniment triste, des coups cruels donnés par l’existence, j’attends que revienne le désir de vivre et de persévérer, avec et pour les autres, et en particulier les « miens » et les « miennes » avec qui nous savons étayer nos vulnérabilités : elle dit la voix reconnue Que la bonté c’est notre vie Que de la haine et de l’envie Rien ne reste la mort venue Verlaine

GAI SAVOIR GAYA SCIENZA GAI SABER

DEUX JUIFS TROIS OPINIONS Je ne suis pas juif mais je suis d’accord Il y a longtemps c’était durant l’empire de la Joie qui dura un mois en Mai 68, un avocat de profession, que je ne croisais qu’une fois dans ma vie, me dit : -Avec toi c’est extraordinaire, tu commences par une affirmation et au fur à mesure que tu la développes, tu termines par son contraire et…ça passe comme une lettre à la poste. Et quand on écrit (pas seulement quand on parle comme je le faisais, soi-disant, à cette époque bénie des dieux de la parole inscrites sur les murs), On est un Autre : un peu yiddish, un peu mouton, un peu petit Prince, Démocrite d’Abdère, Parménide d’֤Élée ou Héraclite l’Obscur…Gai savoir, Gaya Scienza, Gai Saber de nos troubadours, tout le contraire de prendre la chose au sérieux comme font les philosophes pensifs le cul sur leur chaise métaphysique : N’est-ce pas une chose extrêmement plaisante que de voir les philosophes les plus sérieux, si sévères qu’ils soient le reste du temps avec toute certitude, en appeler sans cesse à des sentences de poètes pour assurer force et crédibilité à leur pensée Nietzsche Après ça un peu de Billie (Holiday) ou de Raymond (la Science) dont le nom était Queneau et qui offrit à Zizi (Jeanmaire) cette chanson universelle : Je suis une croqueuse de diamants Les diamants c’est ma nourriture J’aime quand ça crisse sous mes dents Un texte écrit ce dimanche matin 26 février 2023, difficile à saisir sous ses multiples aspects comme on dit, auquel il faut pour avoir une chance de le voir subsister arracher les rhizomes de son chiendent