Depuis le temps qu’on les écrit Jour après jour et chaque nuit C’est comme une douce habitude Les lignes s’enchaînent ou s’arrêtent Des fois ça peut durer deux jours C’est comme une lettre d’amour Avec des vers formant l’épître Les mots sautent comme cabris Mais faut les passer à la forme Et à la fin recopier Avec ses douas sur le clavier On hésit’encor tant c’est balaise De nommer : le temps l’amour l’ascèse
HEUREUSE VIEILLESSE


RUMINER ENTRE LES MOTS ET LES CHOSES
RUMINATIONS Ressassements. Reusement que l’on peut, à l’écart, ruminer, ressasser, entre les mots et les choses, les mots et leurs connotations, les mots et les maux. Pendant ce temps-là au moins, puisque ça se contente de « parler dans ma tête », je puis me taire, me terrer et récupérer, un tant soit peu, ma faculté de penser le monde, hors de sa langue engluée, et, accessoirement, de panser mes plaies.

laisser la main tracer ses signes : une autre manière de « rumination »
SEPT FEUILLES DE PAPIER SOULEVÉES PAR LA NUIT DU 22 NOVEMBRE 2022
SEPT FEUILLES DE PAPIER SOULEVÉES PAR LA NUIT DU 22 NOVEMBRE 2022
1
Dans le mouvement semer parsemer consteller Avec mon pinceau d’impensés Lisant des Lettrés de l’ancienne Chine Absents des rangs des vieux messieurs siégeant au Quai Conti
2
Faire corps avec le corps des lettres et de l’écriture à la Chinoise Plus légère qu’une plume de colibri Courir sur ce papier Cousu de fils noirs
3
La main dicte ses flux traduits d’une langue inconnue qui nous meut nous habite
4
Combien de Ouïgours vont périr cette nuit dans des « camps de rétention » du Xinjiang dans la Chine impériale du seigneur Xi Jinping ?
5
Plupart du Temps Éclats de vivre HYPNOGRAPHIES Hypnoses rêvées À la ponte fine
6
Carpes remontant le Fleuve Jaune Mais l’une d’entre elles est un saumon Sauras-tu le reconnaître ?
7
Aux innocents les mains pleines de poésie Manie manière manne manuscrit Ainsi finissent sept pages d’images et de mots zigzagants Fêlures brèches lézardes Sur sept feuilles de papier Soulevées par la nuit du 22 novembre 2022







ET MAINTENANT CHERCHE TA V(O)IE
MAÎTRE & MAÎTRESSE Il n’y a pas de meilleure manière d’arriver à prendre conscience de ce qu’on sent soi-même que d’essayer de recréer en soi ce qu’a senti un maître John Ruskin (1819-1900) traduit par Marcel Proust (1871-1922) Je n’ai pas eu la chance d’avoir un maître en chair et en os (carne y hueso) qui m’aurait formé, donné une colonne vertébrale Je n’ai pas eu la chance d’avoir été initié par cet homme qui aurait pu être cette femme que par admiration j’aurais imité avant de voler de mes propres ailes selon l’expression consacrée Je n’ai pas eu la chance d’avoir rencontré le divin alchimiste qui à la fin de sa Leçon inaugurale m’aurait amené devant l’entrée du labyrinthe et m’aurait dit : Et maintenant cherche ta v(o)ie !

dans le labyrinthe : maître/maîtresse/anamorphoses/etc