Pourquoi que je vis
Pour la jambe jaune
D’une femme blonde
Boris Vian
Pourquoi que je vis
Se demande Boris
Pourquoi que je meurs
Sous les bombes russes
Pourquoi que j’écris
Sur mon thésaurus
Des mots aux idées
Des maux de la guerre
Sans foi ni loi
De la boucherie
Pourquoi que je pleureSur l’écume des jours
et l’arrache-cœur
de faire ces vers
nécessaires et dérisoires
Ces quelques traces
Pour l’HistoirePourquoi que je vais
Cracher sur la tombe
Des poutinolâtres
Et de l’autocrate
Enterré vivant
Dans son bunker
Du Kremlin
Pourquoi que je vis
Pour l’amour d’la paix
L’amour de la vie
Les vers que l’on écrit en songeant aux batailles
Anna de Noailles
Pratique désuète Politesse des Dieux
Ceux qui dictaient les vers aux poèt’inspirés
Je poursuis la coutume, mi-farceur, mi-sérieux,
Faisant jouer les sens sur la guerre empirée.
Que pensent ces soldats, la horde destructrice,
Qui lâchement massacrent les cités de l’Ukraine ?
Et pourquoi montre-t-on l’image séductrice
D’un poutine toqué, détraqué, schizophrène ?
Le pire est à venir, entend-on écœurés,
Des enfants vont mourir sous la terreur des bombes
-Monsieur il était bon et doux comme un Jésus1
Je recopie Hugo, mes sanglots étouffés
Par la rage de ne pouvoir étrangler
Ce petit tsar de merde ordonnant le carnage.
1 Victor Hugo Les châtiments
06/032022
Nuit sur le jardin
Un peu de lune luit
Et Orion sur mes arbres
éclatant de blancheurs
Les amandiers mâle et femelle
L’abricotier tordu
Les greffes sauvages d’un prunier
Et mon cœur qui languit
Se souvenant de l’Éden
D’un enfant entouré
Par la forêt des Merveilles
mon jardin du cinq mars 2022 avec la mer là-bas à l’horizon sans fin
Nous ne voulons pas convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle manière qu’ils ne puissent exprimer que nos idées.
Gœbells (propagandiste en chef de Mr H.)
À Moscou, il est interdit, sous peine de prison, de prononcer en public le mot « guerre ».
Les Russes ne font pas la guerre aux Ukrainiens, mais juste une « opération spéciale », pour les libérer de leurs dirigeants « nazis ».
Poutine qui rime avec Staline, a fait dissoudre en décembre 2021, Memorial , l’ONG russe fondée à la chute de l’URSS, par Andreï Sakharov, prix Nobel de la Paix, au motif que « spéculant sur le thème de « répression », Memorial a créé une image mensongère de l’Union Soviétique, comme état terroriste, afin de blanchir et de réhabiliter les crimes nazis ». (Voilà la relation avec la propagande actuelle sur l’état ukrainien).
En réalité, Memorial, documentait depuis 3 décennies, l’histoire tragique des 3 millions de victimes du Goulag, ses charniers, ses fosses communes, les falsifications des maîtres du Kremlin.
« Quand j’entends le mot Histoire je sors mon revolver et tire sur ses prétendus chercheurs qui salissent le glorieux récit de la Russie éternelle ou de la France de Napoléon et de Pétain. » (signé Vladimir Zemourski)
C’ÉTAIT LE TEMPS DE TOUS ET DE DÉGUN
J’ai fait Mai à ma main m’a dit l’O.S. sur la chaîne arrêtée de chez Citroën
5 C’ÉTAIT LE TEMPS DES BAGNOLES qui sortaient à la chaîne des usines où l’on chronométrait les cadences C’était le temps de De Gaulle qui sortait son képi sur le chef - Alors on ne salue plus mon Général disaient les sales moineaux de la chienlit ? C’était le temps des barriques et des barricades Des assemblages de pavés de grilles et d’arbres de la ville C’était le temps des déesses ces ouatures sans essence qu’on poussait à la fin des fins sur le Boulmich et qui prendraient feu entourées de clameurs et de dialogues enflammés C’était le temps des mégaphones et du boucan des grenades dans les transistors où l’on collait l’oreille l’esgourde la portugaise ensablée sous les pavés C’était les pendants d’oreilles du temps des cerises Pendant que l’on écrivait sur les murs Faites l’amour pas la guerre C’était le temps d’Ulysse l’inventif déclamant l’Odyssée du quartier latin C’était le temps où tout le monde était personne et toute personne Dégun Dégun à Marseille c’est Personne