LE DÉMUNI DE MOTS ET MERVEILLES


C’est devant les mots que je fais mes preuves
J’en suis démuni Je vais les chercher
Dans l’apparition de vers visionnaires
Rien de roman-fleuve Juste une épreuve
Rendez-vous manqués Chocs imaginaires
Qui font mère et mer en mon oreille

C’est devant les mots que surgit l’absurde
Moi Sisyphe Môme Néant Sang bleu
Sourdes apparitions d’un homme-vague
Flux et reflux par des mots et merveilles
Toujours dits par des mots que je ne savais pas 

UN DRÔLE D’AIR

UN DRÔLE D’AIR

Un drôle d’air
L’air chaud que mon ventilateur convecteur
(c’est son nom)
propulse à cinq heures du matin

Un drôle d’air
Que je puise dans la correspondance de Marcel
Le travail nous rend un peu mères
Travail d’écriture que l’on fait
en écrivant toutes les nuits ce livre qu’il faut choyer,
câliner, chouchouter, dorloter,
suralimenter comme un enfant

Un drôle d’air
qui saute sur cette page
que je m’applique à rendre lisible
dont je prends soin
Allongé dans un lit 
entouré de cent livres
qui sautent dans ma tête
le mur des mots
le murmure de lignes
délivrées de mes maux