
MIME OSA SUR MA TOILE ESSAIMER

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

C’est devant les mots que je fais mes preuves J’en suis démuni Je vais les chercher Dans l’apparition de vers visionnaires Rien de roman-fleuve Juste une épreuve Rendez-vous manqués Chocs imaginaires Qui font mère et mer en mon oreille C’est devant les mots que surgit l’absurde Moi Sisyphe Môme Néant Sang bleu Sourdes apparitions d’un homme-vague Flux et reflux par des mots et merveilles Toujours dits par des mots que je ne savais pas


UN DRÔLE D’AIR Un drôle d’air L’air chaud que mon ventilateur convecteur (c’est son nom) propulse à cinq heures du matin Un drôle d’air Que je puise dans la correspondance de Marcel Le travail nous rend un peu mères Travail d’écriture que l’on fait en écrivant toutes les nuits ce livre qu’il faut choyer, câliner, chouchouter, dorloter, suralimenter comme un enfant Un drôle d’air qui saute sur cette page que je m’applique à rendre lisible dont je prends soin Allongé dans un lit entouré de cent livres qui sautent dans ma tête le mur des mots le murmure de lignes délivrées de mes maux
