Simplifier la vie trop vilaine en compagnie de l'écolière un épi de blé entre ses dents Simplifier la mort trop heureuse en compagnie de mon revenant et de ses blagues de cimetière Simplifier ce poème cousu de fil blanc en compagnie de mes lectrices qui le déchirent à belles dents
RAMES DE PAPIER DANS LE MÉTRO DU CŒUR
J’ai encore quelques rames de papier
Rames de papier dans le métro du cœur
Le métro du cœur où j’use mes souliers
J’use mes souliers et je compte mes pieds
Je compte mes pieds sur l’bon ou l’mal heur
Le bon ou l’mal heur C’est le pied ou le guêpier
Le pied ou le guêpier mon enfant ma sœur
Mon enfant ma sœur je t’invite au voyage
Je t’invite au voyage de la cave au grenier
De la cave au grenier de la Kabbale au Zohar
Kabbale au Zohar Esprits des voix inaudibles
Voix inaudibles au profane mais non à l’érudit
Non à l’érudit qui ne sait que faire de Dieu
Dieu aussi absent que le métro pour Zazie
Le métro pour Zazie les rames pour Mézigue
Mézigue Bibi Ma Pomme C’est Moi quoi
Moi quoi qu’a pondu ce texte pas possible
CHANSONS DU SOIR 2 la timide
voix paroles et musique JJ Dorio accompagnement piano Léo Cotten
Écoutez la chanson timide
De vers anciens
Elle est discrète et très fragile
Un petit rien
Écoutez la chanson secrète
Des vers sans rimes
Elle est cachée Une bluette
Dans la nature
Écoutez la chanson mezzo
Sans vers ni iambes
Ma no troppo elle est baroque
Viole de gambe
Écoutez le couplet qui fuit
Ce court instant
Et que Chansons vous accompagnent
In aeternam
PENSER aux autres que soi-même, à l’air libre, à panser nos douleurs
Nous ne sommes pas de ceux qui ne pensent qu’au milieu des livres et dont l’idée attend pour naître les stimuli des pages; notre éthos est de penser à l’air libre, marchant, sautant, montant, dansant, de préférence sur les montagnes solitaires ou sur les bords de mer, là où même les chemins se font méditatifs. Nietzche
Parfois je pense et parfois je suis Paul Valéry
Penser ses pensées qui vont viennent passent et repassent Penser au furet que mon père lâchait dans les terriers pour faire sortir les conils (sauf que souvent saoulé de sang, mustela putorinsfuro dans le trou s’endormait) Penser aux dernières pensées qui assaillent Jésus : Papa pourquoi m’as-tu abandonné ? Penser à Descartes seul dans son poêle qui a une crise de doute Penser à sa planche de survie le cogito ergo sum Penser aux ergots sur lesquels se dressent les petits coqs machos que jadis naguère nous appelions phallocrates Penser (à nouveau) à Descartes dont le cogito nous enseigne que l’existence de la conscience se confond avec la conscience d’exister (Merlau-Ponty l’a dit) Penser à l’objection de Paul Ricœur pour qui la connaissance intuitive de nous-même est une illusion : il n’y a pas d’accès de soi à soi sans la médiation des signes, des symboles et des textes Penser à nos ami.e.s qui une fois mort.e.s ne répondent plus à nos questions Penser que cependant au détour d’une lettre, d’une image, et (plus rarement mais aussi) d’un poème, nous continuons à les solliciter Penser à mon recueil Poèmes à ma morte publié par l’Harmattan quatre ans après sa disparition Penser à ce qu’écrivit le directeur de collection qui les publia : plus qu’un témoignage sur la disparue, ce recueil s’apparente à un accompagnement de la morte aux frontières des mots retrouvés pour la distraire de sa nuit définitive (Philippe Tancelin) Penser à distaire nos douleurs du souvenir de nos félicités (Albert Camus) Penser à l’Art poétique vécu Jadis et Naguère par Verlaine Penser à la musique avant toute chose déclinée par ce maître ès poésie en 9 strophes de 4 vers chacun de 9 syllabes (les ennéasyllabes) Penser à privilégier l’Impair sans rien en lui qui pèse ou qui pose Penser à préférer aux gens qui profèrent leurs paroles d’Évangile, les gens qui doutent Penser à la petite chanson d’Anne Sylvestre et la balancer dans les jambes de ceux qui prennent les poètes pour des cons Penser à veiller au grain des mots compte tenu des choses Penser à ce que l’amour des mots choisis non sans quelque méprise nous procure et Penser que tout le reste est littérature
CHANSONS DU SOIR 1 Les guinguettes
orchestration accompagnement Philippe Bruguière studio du Petit Mas (Martigues)
LA CHANSON DES GUINGUETTES
Paroles et musique JJ Dorio
La chanson des guinguettes du pavé des bistrots
Les goualantes le guinche le dimanch’ des prolos
Un brin de nostalgie des rengain’s oubliées
36 et 68 La plage sous les pavés
La chanson des cités le rap laisse bêton
I am l’encre et le sang la misère la baston
Une dos’ d’Utopie dans ton cocktail maison
Petit frère faut changer la haine en illusion
La chanson éternelle sur les lèvres des vivants
La douceur des voyelles la douleur des mourants
La chanson des guinguettes du pavé des bistrots
36 et 68 Música maestro