MOURIR

Mourir la moue le verbe boudé jusqu’au bout

Mourir l’amour au temps des encriers des conjugaisons aux odeurs de violettes

Mourir la mourre au hasard des cinq doigts soufflant le chaud et le froid

Mourir l’amer la pointe rouge d’un phare le leurre des bougies aux cornes d’un troupeau d’animaux de paroles

Mourir fantôme dans un livre d’heures où tous les mots se brouillent dans un corps qui aspire au grand repos

PRESQUE RIEN

Presque rien on dirait

Ce je-ne-sais-quoi

D’un philosophe prolixe

Presque rien comme un sketch

D’un humoriste marxiste

(tendance Groucho)

Presque rien je te porte

Cette nuit sous la vague d’Hokusai

Ce fou de dessins qui porta -dit-on-

une centaine de noms

Presque rien je m’attarde

Sur cette forme vague

Évoquant un vers de Jadis

Mais je ne m’en chaut guère





Presque rien on dirait Ce je-ne-sais-quoi D’un philosophe prolixe

Presque rien comme un sketch D’un humoriste marxiste (tendance Groucho)

Presque rien je te porte Cette nuit sous la vague d’Hokusai

Ce fou de dessins qui porta -dit-on- une centaine de noms

Presque rien je m’attarde Sur cette forme vague Évoquant un vers de Jadis

Mais je ne m’en chaut guère

SONNET ÉCRIT SOUS L’ARBRE DE GODOT

-Qui est Godot ?
-Godot ?
-Vous m’avez pris pour Godot.
-Pas un seul instant Monsieur.

Samuel Beckett



-Comment écrivez-vous ?
Debout ? Couché ?
En parlant au papier ?
Au galop de votre plume ?

-J’attends avant d’écrire.
-Et quoi ?
-J’attends une image.
-Un arbre qui cache la forêt ?

-Un arbre qui produit
Ce grain à moudre
Une suite sans mots

Pour écarter les maux
Qui hantent les péquenauds
En attendant Godot.

SONNET DU DIMANCHE 22 AOÛT MMXXI





sonnet du dimanche 22 août sur un air de tango maestro
Maman a mis sa robe blanche
Il a mis ses mains sur ses hanches
Deux pas de danse elle a souri
Le sax a fait vibrer son anche

Je relis Don Quichotte de la Manche
Réécrit à Nîmes par Pierre Ménard
Dans Les petites amoureuses je relève le mot éclanche
Un journal dit que les antivax sont des voyous et des malappris

J’écris à mon pote vieille branche
Qui habite Bayeux 33 rue Franche
C’est un lecteur fervent de Marguerite Yourcenar

Mon dernier tercet s’embranche
Sur la mémoire qui flanche
Doudoudidoudoudou un titre signé Rezvani