COMMENT GOUVERNER UN PEUPLE À QUI L’ON INFUSE LE POISON DES PASSIONS TRISTES ?


Agenda du 3 au 9 mai 2021

Lundi 03/05/2021

Quatre pages d’écriture cette nuit. 1 Il y a des personnes qui ont le goût du bonheur…2 Il y a des choses que je n’aime pas…3 Je n’ai jamais vu Phèdre de Jean Racine 4 Il y a des mots de passe qu’on oublie…mais que l’écriture…comme par miracle…restitue.

Mardi 04/05/2021

Comment gouverner un peuple-roi ? Je savoure ce Traité nouveau d’art politique écrit par le philosophe Pierre-Henri Tavoillot qui m’avait enchanté sur France Culture parlant de son livre sur les abeilles dont le Roi est…une Reine.

Mercredi 05/05/2021

Je ne sais que choisir, que donner à ma plume : 1mon petit-fils Mathis avec qui je suis allé hier soir dans la forêt de pins, lui sur son petit vélo avec son casque bleu, moi le suivant à côté ou au loin quand il me sème… 2 ma lecture de nuit de Roland Barthes Sur Racine : j’apprends qu’à la première représentation Bérénice bénéficia d’un « vif succès de larmes ». R.B. suggère qu’un historien nous donne « une histoire des larmes ». 30 ans après c’est fait, un ouvrage d’Anne Vincent Buffault, mais pour le XVIII° et le XIX°. 3 L’évocation de mon voyage à Berlin Ouest dans les années 60, avec une virée à Berlin Est, perdu dans les ruines baroques entretenues par le régime communiste.

Jeudi 06/05/2021

J’ai fait des « révisions » cette nuit. J’ai survolé les nombreux mouvements poétiques qui se succédèrent au XIX° siècle…jusqu’à Apollinaire. Je me disais Guillaume Il est temps que tu viennes ! Du Romantisme jusqu’au Symbolisme, cette rage des –ismes, exceptés les Parnassiens et les poètes résolument isolés, « dilettantes, maudits », féroces et drôles, amours jaunes et harengs saurs se balançant au bout de leur ficelle.

Vendredi 07/05/2021

J’ai connu Jean-Marie Lamblard en venant à Martigues en 1978. Il était à la tête de l’équipe culturelle qui animait les manifestations de rue de l’été, théâtre, musiques et autres (nos ateliers d’écriture du GFEN) ; un festival joyeux, festif et riche, « pendant » de celui d’Avignon. J’ai reçu hier son livre sur « l’oiseau nègre », l’oiseau pintade (galline pintada en raison de sa tête fardée). En mai 68, Jean Marie amena une troupe de ses oiseaux sur la place de l’Horloge et une trentaine de volatiles prirent le soir leur envol à la Cour d’Honneur tandis que Jaguar de Jean Rouch était projeté.

Samedi 08/05/2021

Je sors d’un rêve compliqué, sur fond de classe de collège ou de lycée. C’est la rentrée, je suis une marée d’élèves et ne retrouve pas ma salle de classe. Quand j’y arrive A. une collègue a commencé son cours. On avait décidé de joindre nos deux classes. Je vois distinctement des visages d’élèves, mais l’objet du cours m’échappe.

Dimanche 09/05/2021

Quelquefois le peuple se fausse fidélité à lui-même. La foule est traître au peuple. Victor Hugo (Les Misérables)

En période de campagne électorale il n’y a pas de réalité qui tienne devant les proférations de Mme Le Pen. Quelle peine de voir tous ces gens la « bader », happés par la propagande de cette petite patronne d’une entreprise de démolition de notre République. Comment gouverner un peuple à qui l’on infuse le poison des passions tristes ?

manuscrit

LE POÈME GRATUIT

 le poème gratuit

ça n’existe pas

   il faut payer sa vie

sur le boulevard du crime

   – avec ou sans rime –

il faut payer son dû

   su deber son décime

à l’entrée du grand dictionnaire

   qui fait l’article

poème silencieux

   ou déclamatoire

sonnant et trébuchant

   sur quelque méprise

que l’on rature et que l’on offre

   maintenant et ici

en ce poème vraiment gratuit

FADAISES IMPASSES COMMENT Y VOIR CLAIR ?





Je relis mes fadaises

Elles sont faites des mille et une voix

posées ici

sur ce mode d’emploi imaginaire d’une poésie

en train de s’inventer





Je provoque les étincelles de mes roues à aube

avec le bois du cèdre et le torrent des œuvres

qui les fait continûment tourner :

Libérez-vous de servitude et de vos idées arrêtées

Et passez outre la confusion et la discorde

dictées par la rumeur du monde





Je relie mes impasses

À la trop grande impatience

Qui pousse à la rue les égarés

Dialogues de sourds Refus de s’accorder





Je tâche d’y voir clair

Dans les choses inconnues

Qui viennent de ces mots

Qu’il faut apprendre à taire

Quand tout est confusion





Mais quand je les confie au papier

J’oublie toute prudence

Et laisse résonner

 Un parler ouvert ouvre un autre parler et le tire hors

Comme fait le vin et l’amour*





* Montaigne

C’ÉTAIT LE TEMPS DE MAI 68





C’était le temps des bagnoles qui sortaient à la chaîne des usines où l’on chronométrait les cadences C’était le temps de De Gaulle qui sortait  son képi sur le chef Alors on ne salue plus disaient les sales moineaux de la chienlit ? On ne salue plus C’était le temps des barriques et des barricades des assemblages de pavés de grilles d’arbres de la ville et aussi des ouatures déesses qu’on y poussait à la fin des fins et qui prendraient feu entourées de clameurs et de dialogues/ enflammés (bis) C’était le temps des mégaphones et du boucan des grenades dans les transistors où l’on collait l’oreille l’esgourde la portugaise ensablée C’était les pendants d’oreilles du temps des cerises des murs écrits en rouge et noir les couleurs de la poésie dont on se rinçait l’œil pendant qu’Ulysse l’inventif déclamait son Odyssée du quartier latin du quartier latin/ où tout le monde était personne et toutes les personnes Dégun (ad lib)





Dégun à Marseille c’est Personne

Dorio « Mai 68 » acrylique sur toile 80×65 cm