ON FAIT TOURNER LE MONDE

 

ON FAIT TOURNER LE MONDE en 365 poèmes par an
Touriste à Paris des Passages inspirés
Photographe à Martigues de mon petit bois de pin
et à Aix en Provence de la Fontaine des Quatre Dauphins
 
On m’a dit que j’étais né dans une petite maison
située sur la place de l’église d’un village de l’Ariège
 
On fait tourner les jours du monde dans la péninsule arabique
en feuilletant le livre d’un poète amateur de Genèses
 
La mienne commencée au printemps 1945
se poursuit dans la bonne humeur
dès que chaque matin je remonte la lampe martelée
de ces griffes d’or et de l’humus nécessaire
à faire se lever les textes du désir…dans le désert
 
 
 
 

TU COUCHES CES LIGNES AVEC UN STYLO NOIR

 

tu couches ces lignes
avec un stylo noir
que tu perds souvent
dans ta couche
 
 
tu couches tes songes
en marge à l’écart
le corps absent
multiplié
 
 
tu couches cette écriture
d’herbe et de sel
et toujours sans ratures
 
 
tu couches ton souffle
en lisant le lissant
au rythme et aux images
de tes lectures de hasard
 
 
tu couches le rire
du fils de ta fille
au zoo de la Barben
 
tu couches l’iguane
de ton autre fille
en balade à Basse Terre
 
 
tu couches ton ciel troué
où tu épingles ces vers d’Hugo
que tu as mis en musique
muets tous deux nous contemplâmes
le ciel où s’éteignait le jour
que se passait-il dans nos âmes
amour amour
 
voix musique JJ Dorio
piano Léo Cotten
album sur lequel on peut écouter
Amour Amour
20 titres
à commander
à JJ Dorio
9 rue de la Bergeronnette
13500 Martigues
pour 15 euros

Cher Jean-Jacques

Heureux d’avoir de tes nouvelles, heureux d’écouter tes chansons pleines
d’entrain, heureux d’écouter des chansons que l’on comprend, celle d’une
même langue, d’un même terroir. Tu rends au quotidien son espoir par de
la gaieté, de la bonne humeur et aussi par de la fraîcheur.  » faire
sonner… la flûte invisible », revenir à la force du présent, à
« l’aurore empourprée » reprendre possession de soi loin des défaites
annoncées du futur, même « avec des chants brefs soutenus par des si »
donne la mesure de nos actions et de nos attentes. « Dansez les petites
files » dans la précarité et la légèreté du sable, d’une plume blanche,
tout cela sera vite effacé, mais espoir : nous pourrons recommencer.


J’ai toujours aussi aimé tes mélodies, leur harmonie, leur vivacité, cet
espace sonore qui nous livre une parcelle de bonheur.

Amitiés vives.

Jean-Marie

L’INSPIRATION

 

ou comment et pourquoi toutes les erreurs sont permises
 
C’est le dictionnaire la lecture
et le passage quotidien par l’écriture
enfermé hors de soi*
 
C’est la recherche d’un sens multiple
là où s’ajoutent en regard du texte
apostilles allongeails et autres paperolles
 
C’est la lecture de pans entiers d’un même auteur
le pillant en ses secrets de la cave de son château de Montaigne
jusqu’aux poutres peintes de sa librairie
ornées du sang des muses
 
C’est ce premier jet lorsque paraît l’aube aux doigts roses
Ô Muse conte-moi l’aventure de l’Inventif**
 
Ce sont d’autres moments souffles halètements heures particulières
comme faisait Monnet laissant l’ouvrage travailler l’ouvrier
 
C’est la nuit où après un premier somme
on ne craint pas d’affronter l’obscurité de la lumière  
 
C’est l’exercice de la traduction du transfert de langue à langue
de l’hospitalité faite à la parole de l’étranger
 
C’est le vent sur les fruits et la faux dans le jardin
La marche dans les bois et la course sur les chemins de traverse
Où ne parlant à personne et ne pensant à rien
Toutes les erreurs sont permises
 

*Maurice Blanchot
**L’Odyssée traduction Philippe Jaccottet
 

DES POÈMES POUR NOS NUITS

 

" Le poème, c’est ça pour moi :
c’est celui qui est le malade
et le docteur en même temps."

paroles d’un « poète » anonyme


 
Souvent pour m’endormir je déroule des poèmes
Je les connais par cœur les compte sur mes doigts
Ou bien – pareil au même – j’invente un vers puis l’autre
C’est purement mental C’est ce que vous voudrez
 
Lecteurs qui craignez l’insomnie comme l’orage
Ô rage ô désespoir ô vos viles insomnies !
Convoquez la mémoire d’un poème ami
Murmurez inventez ces mensonges aimables
Qui réparent nos jours et enjambent nos nuits
 
les figures blanc sur noir ont été réalisées le 16/05/2018
dans un train qui me menait de New York à Montréal
c’est une autre manière de réparer nos maux
par un autre moyen
que les mots d’un poème