la spontanéité est un art difficile
la spontanéité laisse aller la rigueur
la spontanéité n’ourdit jamais de plan
la spontanéité te laisse souvent en plan
la spontanéité c’est oublier son moi
la spontanéité ne te calcule pas
la spontanéité nature berce-là chaudement elle a froid
la spontanéité la voie s’assemble ou ne s’assemble pas
la spontanéité Mi Fu mi Zhuang Zi
la spontanéité ne sait où elle va
la spontanéité fait le vide et laisse bouger
la spontanéité est un remède à l’état de dispersion
elle ignore l’inquiétude le souci la rumination
la spontanéité est une activité naturelle
la spontanéité est ouverte à cet inconnu qui gîte en toi
la spontanéité ne nous affecte pas
la spontanéité ne se montre pas
la spontanéité enregistre pertes et gains simultanés
la spontanéité transmet amour toujours
la spontanéité est un art qui rend tous les clichés caducs
la spontanéité est un art impossible
PATCHWORK IN PROGRESS
Ainsi, glané, récolté ou supposé, le hasardeux recueil de digressions,
patchwork in progress…
Gérard Genette
Postscript
MOTS QUE JE N’EMPLOIE JAMAIS mais que je puise dans ma lecture présente : boniment, camelots, docte, silicone, bêta, jalousie, radicelles, taciturne, injures, appendices.
Mots en chaîne que je puise dans ce vers classique d’entre les classiques : un je ne sais quel charme encor vers vous m’emporte.
Mots sortis du puits de ma mémoire présente sans vérifier leur exactitude sur un dictionnaire ou sur saint Gouguel : détraqués par l’ordre alphabétique.
Mots qu’on ne sait sur quel pied danser : ricochets d’hypnoses et de métalepses.
Mots brodés d’une lettre ancienne quand elle provenait par la poste écrite sur papier : Ma chère J. J’appréhende, tu le sais, les grandes chaleurs de l’été, aussi c’est à la fraîche que je t’écris ce patchwork in progress comme disait l’autre…

comme disait l’autre
VOUS ENTENDEZ ?
Ecrire sur le silence
Beaucoup s’y sont frotté
Je n’ai en tête pour l’heure
Aucun de leurs essais.
J’écris cet exercice
Sans bouger et sans heurt
Sur les touches du soir
D’un clavier silencieux.
En me taisant
Faisant silence.
Vous entendez ?
« Silence. Le jour du silence. Y revenir. Y rentrer. Se dégageant de l’impermanence,
on retrouve…petit à petit, dans l’être calmé, progressivement réapprofondi,
la Permanence, son rayonnement, l’autre vie, la contre-vie »
Henri Michaux (Face à ce qui se dérobe)
LES YEUX
comme un ange qui se dévoile
tu me regardais dans ma nuit
avec ton beau regard d'étoile
qui m'éblouit
Victor Hugo
*
les yeux au bord
des lèvres blêmes
les yeux de peur
de lâcher prise
les yeux de sel
et de poussière
les yeux des nuits
de corrida
les yeux du cheval
de Guernica
les yeux du cri
du cristal en miettes
les yeux de l’amour
mon amour
à jamais
silencieux
sur un poème de Victor Hugo
voix et musique Jean Jacques Dorio
accompagnement piano Léo Cotten


titres ci-dessus
enregistré été 2019
au studio du Petit Mas
aux Martigues
produit exclusivement par l’auteur
Jean Jacques Dorio
9 rue de la Bergeronnette
13500 Martigues
envoyé en échange de 15 euros
Merci
CHEMIN MOT MAGIQUE
Caminante no hay camino
el camino se hace al andar
Antonio Machado
Il n’y a pas de chemin
Mon frère
Le chemin se fait en marchant
jjd
Chemin
Mot magique
Il n’y a pas plus de chemin
Qu’il n’y a de paradis
Il y a le premier pas
Qui ouvre le chemin
de l’arrière-pays
ou de l’avant-scène
Seule la marche le dira
Le corps joyeux
Ou appuyé sur ton dernier
bâton de noisetier
Le corps transfiguré
Pas à pas pied à pied
Ce n’est pas toi
Qui connaîtra la fin
Du chemin