COMME UN TOMBEAU DE POÈTE

la main écrit et le texte se fait (plus ou moins)




Avant de rendormir les douleurs et les cris

Je lis Frénaud Follain folles guêpes bourdons

Les yeux pleins de fourmis noires et de Néant-

-la-Môme chérie – loin des chichis – de Tardieu

Avant de rendormir les douleurs et les cris





Sois tranquille Philippe qui vient de t’en aller

Le poème ennemi tu ne traceras plus

Tu ne chercheras pas le fin mot de la fin

Ta mort tu le disais poursuivait son chemin

Sois tranquille Philippe qui vient de t’en aller





Les extrêmes se touchent écrit Blaise Cendrars

Il chante Bilbao d’autres le bilboquet

Ou cette fleur absente de nos derniers bouquets





Je t’écris lettre à lettre avec de l’encre bleue

« L’art est long si long La vie en revanche courte

Elle coupe comme un couteau »*

Nos pages noires du tombeau





*Largo es el arte La vida en cambio corta

como un cuchillo

Angel Gonzalez

lecture (et traduction)

C’EST L’ÉPIQUE ÉPOQUE





C’EST L’ÉPIQUE ÉPOQUE





Je laisse mon époque à d’autres

Plus d’un l’ont dit que l’on oublie

Ah ! l’époque est intéressante, notez bien

L’époque se moque des vers anciens





Je laisse mon époque et converse

avec mes lignes de vers nouveaux

qui s’avancent dans l’inconnu

dans le chaos





Je laisse ce poème mal barré

(mon gouvernail a cassé)

La langue cannibale me l’a mangé





Le titre est de Ferré

Le  vers en italique de Jean Paul de Dadelsen





RÉALISME LYRIQUE





« Lyrisme réaliste »

Mon oxymore ce matin

Me pince-mi

Me pince-moi

Me jette à l’eau

Je lis Frénaud

« Excrétions,

misères,

facéties .»

Réalisme lyrique

J’y suis





André Frénaud (1907-1993)





Il n’y a pas de paradis