JE SUIS INTERDIT DE POÈMES





une fantaisie





Je suis interdit de poèmes…sur le papier

Mais dans ma tête ça n’arrête pas de bourlinguer

Textes Antitextes Expériences de pensées

Cut up Lieux communs percutés

Où la bouche délirante fait dinguer

le concept et la cogitation de nos chers métaphysiciens





Je suis interdit…en arrêt volontaire de machine

à écrire

les fadaises de l’écriture automatique

Mais dans ma tête ça moissonne

Faucille d’or faisant tomber des épis

des « et puis »

des essais sur les Essais exempts de toute farine

que font ces diables de critiques

dans les bénitiers des éditeurs de Saint Germain des Près





Il n’y a plus d’après ni de traction avant (l’antique déesse noire)

Mais un petit vélo présent

Qui fait le tour de cette nuit absente de tout bouquet

Mais non de cette fantaisie générée dans son lit

En bel état d’hypnose et d’insomnie





je suis interdit de poèmes

DES ESSAIS





Des Essais

Montaigne en fit des tonnes

Je n’ai pas asteure

Ses livres sous les yeux

Mais je me souviens

De quelques passes mémorables

Il appelait ça peindre le passage

Celui du temps

dont il goûtait

chaque seconde

quand tout bien

se goupillait

Mais quand il avait le bourdon

Il le traversait

à sauts et à gambades





Cette nuit

Moi aussi

C’est la cloche des morts

Qui m’a réveillé

Alors je prose

Cheval blessé

Qui rue

Et trempe généreusement

les doigts dans l’encrier





Comme vous pouvez le constater

QUELQUES PAS DE CÔTÉ avec Montaigne





La conversation est une joute

Un exercice pour délier l’esprit.

Michel de Montaigne





Je rêve de Montaigne

Nous devisons Nous conférons

Il me conseille sur mes affaires

Mais à sa manière





Nous ravassons Nous rêvassons

Sur cette humaine raison

Instrument libre et vague





Je rêve à Montaigne

Autour du promenoir

De celle qui m’était

– comme il dit de son seul ami –

« la moitié de tout« 

Et dont la disparition

M’a dérobé sa part





Mais nous continuons

Rêveurs témoins

Faisant d’Essais

Sursauts





Sans aucune assurance

Que celle de l’imprévu

Et des pas de côté


	

POÈMES ARTISANAUX





Poèmes en graines

Semaisons





Ce matériau jaillissant de la langue

Ce quelque chose de plus

Venu des sources

et du sel de la poésie





Les essais sont multiples

Les impasses innombrables

et la mise au point

de toute pièce poétique

 toujours inachevée





le poème nouveau transforme nos croyances





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AIMER L’UTOPIE

JE COUDS JE COURS SUR LA PAGE

tel quel 15/07/2020




Je taille. Je couds. Je cours sur la page.

Puis je m’arrête. Je ne suis pas pressé

de trouver la suite…trantran ou sortilège.





Je tourne autour d’une histoire vécue

que j’ai oubliée, mais que ma plume,

allant de bonds en sauts, cherche à retrouver,

pour la réinventer.





Les livres que je lis, en alternance,

me tendent des miroirs,

m’incitent à poursuivre, à ma manière,

leurs récits. En évitant, si je le puis,

d’être ce badin de la farce, évoqué

par l’auteur des Essais.





Bercé par mes imperfections, me voilà,

perdant le fil, confondant l’un et l’autre,

essayant, chemin faisant, de m’extraire

du grand Escogriffe.





Et puis revient Bonne Fortune, de manière inespérée.

Les chiffres indiquent, 4.44, c’est l’heure.

Trois quatre sont sortis, comme au jeu de dés.

Quatre phases de la lune, quatre points cardinaux,

quatre saisons.

Ceci pour le côté carré.





Mais il y a des extensions.

La cinquième saison est l’une d’entre elle.

Celle que vivent ceux et celles qui ont atteint

« le grand âge », qui prolonge l’existence,

qui aurait dû s’achever, et qui impose aux humains,

sous peine de naufrage, de se réinventer.