LE BANNI DE LIESSE ET AUTRES PROPOS DYSPHORIQUES

LE BANNY DE LYESSE

Les écrits du vieil âge montrent souvent « la rouille ancienne ». C’est François Habert qui le dit, lui qui fut nommé Le Banni de Liesse, quand il était (comme moi je le fus) escollier estudiant à Toulouse, quatre siècles avant ma naissance.

SOURIRE INACHEVÉ

Sourire inachevé. On dirait la Joconde. Si Vinci voyait tous ses portraits travestis, iconoclastes, sourirait-il ?

QUE C’EST BEAU LA PHOTOGRAPHI E

J’ai longtemps refusé de faire des photographies préférant enregistrer les sons de la nature, les conversations, les silences. La magie de la chambre noire et l’apparition d’agrandissements me furent « révélés » à Caracas, où nous logions ensemble, par mon ami Michel 1  qui sortait ses premiers instantanés d’indiens et d’indiennes Goajiro. Certains (portraits et paysages) figureraient longtemps après sur « Le chemin des indiens morts », livre d’ethnologie qu’il était loin d’imaginer alors. (Il était physicien). Naturellement avec un pareil « compère » aussi enthousiaste qu’exigeant, ma mue vers le noir et blanc et le plaisir du développement furent assurés.

1 Michel PERRIN du CNRS et du Collège de France en Ethnologie.

QUESTION SANS RÉPONSE

Au lieu de me vexer, j’aime que mon petit fils me pose une question dont je n’ai pas la réponse. Mais tu vas voir Mathis, on va chercher…

LE RYTHME

Peter Brook fait la liste de tous les professeurs qui bloquaient tous ses apprentissages. Tous en réalité par leur prétention « terrifiante », à ce que l’on applique leur méthode, sans broncher. Un seul cependant trouve grâce à ses yeux. Non pour sa matière (la musique) mais parce qu’il mettait en scène les pièces jouées par les élèves et surtout parce que il lui avait donné une formule magique qu’il retint et s’appliqua à faire vivre : « Pourquoi le rythme est le facteur commun à tous les Arts ? »

MANTRA

Poutine assassiné ou mort d’un AVC, ou ce que vous voudrez. Il n’est pas un jour que je ne répète ce mantra espérant qu’il devienne réalité.

DYSPHORIQUE

Je lis le mot dysphorique que je ne connais pas. C’est à propos de Sariette, un personnage proustien sur lequel « crie » Mr Verdurin. Pauvre Sariette . Les moments euphoriques chez lui, c’est niet.

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

POÈME FLASH





poème flash « à la voix »

la flache
où vers le crépuscule embaumé
un enfant accroupi

 lâche
un bateau frêle

comme un papillon de mai

(selon Arthur Rimbaud)





D’où sort-il celui là?

D’un flash traversant le monde aléatoire

De ce poème

qui ne sait (pour l’instant)

sur quel pied danser





Au doigt mouillé je l’oriente

vers cette part d’inconnu

qui, d’un mot à l’autre,

invite le lecteur à naviguer

au long cours ou dans la marge

de sa mémoire revigorée





C’est un peu trop ronflant tout ça

me chante une Joconde à moustaches

libérée des flashs des Japonais

La mariée descend l’escalier

Sous les traits d’un Marcel Duchamp

alias Rrose Sélavy

Les applaudissements des potaches

Et les cris insatiables des martinets





21/01/2021

CE CORONA QUI N’EN FINIT PAS





Depuis quatre jours je ne peux plus lire,
je ne peux plus lire sans ressentir 
une couronne à la tête.
Henri Michaux
Face à ce qui se dérobe




L’Italie est en quarantaine

C’est l’corona qui n’en finit pas

Plus de pape à la fenêtre

Plus d’hosties pour les mammas

L’Italie est en quarantaine





En France les gardiens de musée

Ont mis un masque à la Joconde

Plus de bisous ni de baisemains

Le funeste virus met à mal

Les Gaulois et les Cartésiens





Il faudrait faire le tour du monde

Suivre l’ombre envahissante de la maladie
Puis revenir en Chine

Où naquit l’épidémie





Mais tous ces maux verbaux

M’enrhument

Et je laisse au docte Salomon

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