TROIS RONDES POUR FINIR LE CAHIER BLEU

FINIR LA RONDE

FINIR LA RONDE

Quand la maclotte ne fait plus sautiller les Fla les Fla les Flamandes

Finir la ronde des nostalgies Lucrèce Virgile éclairent ma page

Prédécesseurs et précurseurs qu’en réalité je n’ai jamais bien lu

Ainsi cette marge est inutile

Mais non la page

Où dansent mes derniers signes

JE ME DÉGUISE

JE ME DÉGUISE

Sous mes graphies tracées comme en hypnose

Il y a mon père et ses labours boustrophédons allers retours

Il y a ma mère qui était fière de son Jeannot qu’elle faisait beau comme un sou

Il y a maïdine grand-mère Germaine la seule qui m’appelait « Mic »

et qui touchait ma barbe noire pour s’assurer qu’elle n’était pas fausse

Il y a la chair des humbles dont personne ne parle longtemps après

180 SIGNES POUR TOI

CETTE DERNIÈRE

Elle est à toi 180 signes c’est pas beaucoup pour ceux qui s’aiment

C’est comme la chanson d’un québécois qui s’appelait – c’est pas croyable – DOR

Et moi pauvre de moi je n’ai plus qu’à ajouter IO ou plutôt Yo

C’est le yoyo de la Manic le titre de la chanson

Si vous saviez comme on s’y ennuie Mais en la chantant on fait renaître

180 fois nos amours mortes transfigurées

UN PEU DE MER





5





Un peu de mer ma bonne mère

Un peu de mer serpent de mer

Un peu de mer d’herbe marine

Un peu de mer posidonies





Un peu de mer tout est réel

Un peu de mer avec ma mie

Un peu de mer à Fos sur Mer

Un peu de mer où l’on nageait





Un peu de mer tout nus aux Lecques

Un peu de mer dans les Calanques

Un peu de mer soupe de poissons

Un peu de mer à Sugiteon





Un peu de mer imaginaire

Un peu de mer dans l’encrier

Un peu de mer de l’Odyssée

La mer la mer toujours recommencée !









les lecteurs de poésie qui hélas se raréfient

auront reconnu le dernier vers du Cimetière marin   

28/03/2020

05h25

UNE BELLE SAUCÉE





Pour un semblant de vie

Dans le lit solitaire et glacé

Je tourne le dictionnaire





Je cherche les mots partis

Comme l’on dit des morts

Et des verbes que l’usage a perdus





Cette nuit par exemple

Je saupoudre ma page

Du sel d’un faux saunier





Le temps se met au pourpre

Mon père des champs

N’est pas encore rentré





J’entends dans la cuisine

Ma pauvre mère bisquer

Qui me prend à témoin :

– Tu vois il n’écoute jamais rien

Il va encore prendre une belle saucée !





17/01/2020
02h14
variation
réécriture
31/01/2020
06h43

manuscrit premier jet
format A6
papier kraft