SANS ME FAIRE DE BILE EN MARCHANT TRÈS LONGTEMPS





LE POURQUOI DU COMMENT
premier jet
25/03/2020
5h21




J’aime réfléchir au pourquoi du comment

Mais pas au point de suspendre

Mes fantaisies verbales sur la route créative

Sans me faire de bile en marchant très longtemps





Alexandrins croisés d’un type très connu

Qui naquit à Le Havre

Avec un inconnu

Celui qui réfléchit au pourquoi du comment





Activité de pauvre qui aime se poser

Les questions ‘xistentielles

Et nos se reposer sur ses oliviers





D’ailleurs il n’en a qu’un

Que lui-même planta

Dans son petit carré

De terre provençale





Montaigne dit à peu près

Que « nonchalant » de sa mort
Il aimerait qu’elle le prenne

« Plantant ses choux »





Activité d’un humain

Qui après avoir eu les charges de premier magistrat

Se mit en retrait

Lisant et réfléchissant la plume à la main





Manière en ses Essais

De démêler le pourquoi du comment

QUE SÇAI-JE ?





écrit Montaigne

ondoyant et divers

sous cette forme

badine et baladine





Que sais-je ?

une collection

des P.U.F.

un autre Michel

que j’eus l’heur

d’avoir pour ami

publia

Le Chamanisme*





Je ne sais pas

Je sais

Je cherche

Suspendant mon jugement

et mes fausses idées





Ce que je sais

c’est ce précieux

pharmakon

pharmacopée du doute

et de l’étonnement





car ton esprit par deçà

de travailler soixante ans

ne cessa**









*Michel Perrin

**Clément Marot

épitaphe à son père Jean

« le grand rhétoriqueur »





P.U.F.
Presse Universitaire de France

ABECQUER





Abecquer ses oiseaux de nuit

avec ces quelques mots rares

aux sens le plus souvent inconnus





La vie si courte soit-elle

devrait permettre à chacun

de prendre ses aises en tous sens

avec ce dictionnaire à part moi

qu’affectionnait Montaigne





Gérard Genette un autre montaignien

admirait son père

cordonnier amateur

qui sur son établi

utilisait une bigorne

petite enclume allongée

qu’il appelait « pied de fer »





Mon père à moi

les sabots dans la glaise

poussait ses bœufs

tirant droit ses sillons

de gauche à droite

et de droite à gauche

à la manière ancienne d’écrire

de ligne en ligne

ses boustrophédons





Ainsi l’amour d’amour fait son chef d’œuvre

zèle de et pitié de rempli Amour

Marguerite de Navarre


	

LIRE EN LEVANT LES YEUX





Grâce à mon livre

à la mi-temps de la nuit

j’entre dans « un havre de grâce » :

-un titre à double entrée

de Raymond Queneau-





Et Montaigne

en ses Essais

qui sont ma petite bible portative

fait de « grâces »

qui coulent sous la naïveté

et la simplicité

« une beauté délicate et bien cachée »





Les lecteurs grincheux

qui ne jurent que par « déconstruction »

et négativité »

me prendront pour un Candide attardé





Mais je leur ris au nez

Un balai un balai chassant leurs poussières





Et merci à Voltaire

Raymond la Science

&

Michel de Montaigne

DES ESSAIS





Des Essais

Montaigne en fit des tonnes





Je n’ai pas asteure

Ses livres sous les yeux

Mais je me souviens

De quelques passes mémorables





Il appelait ça peindre le passage

Celui du Temps :

dont il goûtait

chaque seconde

quand tout bien

fonctionnait





Par contre

Quand il avait le bourdon

Il le traversait

à sauts et à gambades





Cette nuit

Je dois l’avouer

C’est la cloche des morts

Qui m’a réveillé





Alors je prose

Cheval blessé

Qui rue

Et trempe généreusement

les doigts dans l’encrier





Comme vous pouvez

ci-dessous

le constater

manuscrit
tel quel
les doigts dans l’encrier