on va bien voir
voir les yeux fermésvoir un papillon
qui rêve de Tchouang Tseu
on va voir les masques silencieux
et la musique si lointaine
de Guillaume le Malaiméon va voir
voir les yeux grands ouverts
voir cette nuit blanche
qui neige sur la page
on va voir
cette plume légère
qui va et vient
sans laisser de tracesJean Jacques Dorio 13/09/2023 01 :14
on va bien voir…lire les yeux fermés 15/09/2023 02:28
on va bien voir
entrer sur la page
comme glisser sur une mer d’huileon va faire le sauvage
mais sans jamais s’écarter
de la syntaxe et de l’or
thographeon va écrire à la mouche
à la chandelle
à la dent de crocodile
à l’or du temps
à l’heure du laitiermais jusqu’à la fin
sur cette page
où l’œil a fait son chemin
sans hâte
remplissant ligne à ligne
ce vide bienfaiteur
Jean Jacques Dorio 12/09/2023
voix Dorio sur cantata sopra il passacaglio chant Christina Pluhar
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Comme un qui s’est perdu dans la page profonde
Loin du « chemin » la ligne que suivent les gamins
Qui apprennent à écrire Comme un qui perd la main
Se voyant englouti par les remous de l’ondeComme une qui s’est perdue dans la forêt des mythes
Lune, Diane, Hécate, aux cieux, terre et enfers
Ornant cette matière où hésitante elle perd
La voie, la route, la lumière, le sens de sa conduiteComme on voit ces vers qui vacillent empêchés
de s’élever, libres et francs, dans la nuit d’un esprit
égaré par des songes creux trop détachés
de sa vie, alimentant ses douces rêveries
Comme un qui se reprend qui desserre ses nœuds
ce bien présent plus fort que son mal, il veut croireitaliques Étienne Jodelle (1532-1573)
Comme une précieuse œuvre d’art chinoise, d’une beauté qui se suffirait à elle-même Marcel Proust
Avec ces hypnographies, un mot que j’ai forgé, ma petite histoire sort de ses gonds : faisant jouer les gonds assouplis de ma pensée, j’avais dépassé l’état de préoccupation habituelle où j’avais été confiné jusqu’ici et commençais à me mouvoir à l’air libre Marcel Proust
Ou comment se déconfiner le corps et l’esprit
Avec ces hypnographies je fais apparaître ce monde jamais saturé de formes et de forces Elle est à l’origine de toute action, la force. Celle des formes s’incarne en nature et en art, en texte et en peinture Alain Rey
Avec ces hypnographies : pinceau léger qui va et vient sur la page vierge comme un battement d’ailes
Avec ces hypnographies j’ôte du poids au monde qui souffle et souffre avec ses signes en tension avec la calligraphie imaginaire d’un être qui se donne l’illusion de les créer de toute main (à main levée)
Avec ces hypnographies forces agissantes et retenues shen en chinois pinceau d’impensés courant sur ce papier blanc comme neige nuit blanche sur la page Jacqueline Saint-Jean Et que n’ai-je la chance d’habiter cette époque où ces signes étaient encore parlants : cherchant la voie sans la nommer
-Quitter, dis-tu.
-Oui, quitter ici, a un sens particulier.
Celle qui m’a quitté, comme on dit pour nos morts,
Me disait souvent en me taquinant :
Allons quitte ce livre s’il te plaît,
Et allons promener bras dessus bras dessous.Et puis, tu ne l’as pas sans doute remarqué, mais quitter c’est qui t’es ?
-Qui je suis ?
-Oui, mais ne te précipite pas pour apporter une réponse toute faite.
Il faut quitter la page
Chercher l’autre rivage,
Littoral inconnu,
Nu, A chanté Nougaro,
Avant de nous quitter.
dialogue intérieur XXV