A tous ceux, (à toutes celles), qui, de tout temps, sous un régime totalitaire,
Ont cherché refuge dans les livres, l’art, la beauté,
Au péril de leur vie.
Ossip Mandelstam (1891-1938)
Mort en déportation pour avoir écrit
Épigramme contre Staline
Il pleut doucement dans ma tête
Romances sans paroles comme écrivait Verlaine
Des mots pleins de stupeur
Pour apaiser ce cœur qui s’écœure
Devant l’invasion de l’Ukraine
Il pleut doucement sur ma page
Comme il pleure sur cette ville
Qui aspirait à vivre comme nous
À Paris Berlin ou à Vienne
Et qu’un autocrate sanguinaireÀ la mode de Staline et d’Hitler
Veut rayer de l’Histoire
Il pleut doucement sur ma nuit
Sur la fureur et le bruit
De cette tragédie
Jean Jacques Dorio 26/02/2022
Faut pas en dire plus
Cacher les mots sous la cendre
Son crâne rempli de poèmes
(Une image de Maïakovski)
Faut dire adieu à la rime
À la vision crépusculaire
Rencontrée sur le boulevard du Crime
Faut dire Adieu à Nerval
Retrouvé pendu à un réverbère
Rue de la Vieille-Lanterne
Faut en finir avec la desdicha
-le mal/bonheur-
et le desassosego
-l’in/tranquillité-
Ou bien les consommer
Ni trop Ni peu
Ce que j’aime dans les textes anciens c’est leur nouveauté.
Ce que je déteste dans les textes nouveaux c’est la banalité de leurs clichés.
Rependre Hugo l’Inépuisable
Absent mais attentif Que diable !
Le rapiécer de neufs habits
Ce 9 janvier 2 mil 22
Lire Totor Signer Bibi
Pasticher l’esprit boutadeux
Passer ainsi d’un livre à l’autre
De griffonnages en gribouillis
Faire des farces sous les astres
Touiller ses crèmes et bouillies
Jouer avec ses taches d’encre
Ayant des aspects d’animaux
Faire des pieds et des dactyles
Donner au poème un style
D’improvisation -mot à mot-
Farfadet léger Lever l’ancre
Relire Hugo c’est pas pour dire
Mais ça fait pendant le Covid
Un bien fou C’est à l’écart vivre
De mille vers Rimes d’un vide
Où amusé je procrastine
Je suis au bois où l’on entend
Joyeux la flûte des Satyres
Et je fais des niches aux pédants
Parodies Pastiches Satires
Arrête-là me dit Victor
Referme à dessein mon livre
Ouvre ton cœur Prends ton essor
Enfantin, bucolique, ivre.
Italiques Victor Hugo
JE VOUS SALUE VOUS QUI VEILLEZ
Je vous salue vous qui dormez
Robert Desnos
Je vous salue vous qui savez
Séparer le bon grain de l’ivraie
Je vous salue vous qui veillez
à démêler le faux du vrai
Je vous salue hommes d’argile
Dont la vie est longs exercices
Essais Savoirs toujours fragiles
Travaux en cours de votre espèce fabulatrice
Je vous salue femmes de rêves
Femmes de plumes de pourquoi
De mère sublimées en Ève
De donas de l’amour courtois
Je vous salue vous qui dormez
Qui flottez dans vos nuits de doute
Ou bien assis au bord des routesAmours splendides vous rêvez
Je vous salue vous qui aimez
Compagnons gentils hors de vilités
(pensées viles)
Fleurs de beauté à céleste visage
Ainsi finit mon babillage
Citations Nancy Huston (l’espèce fabulatrice) Rimbaud (Ma bohème) Rabelais (l’abbaye de Thélème)