Celui-là fut arraché d’un mur de Mai D’un murmure sujet aux métamorphoses D’une brèche joyeuse dans les pensées myopes Celui-là n’était pas bégueule Mais nu comme un vers dit par une artiste en tournée dans les wagons blanc et or* Et cet autre nous plongeait dans une histoire d’enfance dont l’héroïne portait un nom bizarre et le héros n’osait pas lui dire qu’elle était belle Poèmes écrits sur les murs, Dans les wagons du transsibérien Sur les scènes de l’enfance Poème qui s’en va Sans parole dernière Un bouquet d’immortelles dans sa tête *André Breton
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PHONAISONS FENAISONS
Quand on a souffert sur un texte-poème qui se faisant sans cesse se défaisait, c’est un vrai plaisir de s’abandonner à la voix qui lève, tel un vent léger qui accouche de ses phonèmes.
Phonaisons, fenaisons, corps à cœur sans histoires à s’aimer debout, à semer le doute sur nos arguments, à ôter d’Argus les mille zyeux (un à un).
Théorèmes, théorimes, Dieu est mort (signé Nietzsche), Nietzsche est mort (signé Dieu).
Tu rupines, tu phosphores, eurékâtes ton Écate, tu files la métaphore, mets à la voile la métonymie.
Tu m’étonnes, tu me dis : Ôte-toi de mon soleil !
Je te demande : Ton thé a-t-il ôté ta toux ?
On se tait (d’oreiller).
JE NE SAIS POURQUOI
Je ne sais pourquoi j’ai perdu mon poème Toute une page allant sur les pas d’Orphée Qui soudain s’efface et disparaît Je ne sais pourquoi je n’en ai nul regret Je n’ai nulle envie de touiller ses cendres De le transformer en poupée fétiche Mon poème égaré enfoui sous le sable Apoème écrit à l’ombre d’un pavé Vulgairement parlant à présent je m’en fiche


POÈME D’ÉCHOUAGE
Poème perdu dans l’entre-soi Dans l’entresol de nos pensées Poème tissé dans la soie Reflet de nos impensés Poème tu qui nous échappe Et nous prive d’images Poème d’échouage Poème qui joue à s’écarquer À s’écarter de nos stridences Poème de nos lyres arquées De danses en contredanses Poème des nymphes divinisées Courant nos livres de sable Poème mort qui resurgit Dans le corps d’une initiée Poème qui échoue sur Une grève oubliée Poème de partage
UNE LITANIE ÉCRITE AU LIT (reprise du poème 5)
Il faut écrire pour ne pas être lu C’est le paradoxe Il faut lire Le cru et le cuit à toutes les équinoxes Il faut compter Nos pas perdus Dans nos petits châteaux de Bohème Il faut regarder la Grande Ourse en lisant ce poème Il faut écrire Comme un Prévert Qui se la coule douce Il faut lire Comme une bête Ange ou pource* Il faut poursuivre Cette litanie Adressée à un lecteur innocent Que l’on course *Rimbaud (un hapax)