Poèmes ce matin
Sont ces présents
Dans l’œil
Bois de pins
Palmiers
Mistral léger
Et ce ciel bleu
Qui tant exaspère
Les poètes nuageux
LA NOSTALGIE DU PRÉSENT
Jean Jacques Dorio un recueil de poèmes
à lire et à relire à
Encres Vives 467°
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Poèmes ce matin
Sont ces présents
Dans l’œil
Bois de pins
Palmiers
Mistral léger
Et ce ciel bleu
Qui tant exaspère
Les poètes nuageux
LA NOSTALGIE DU PRÉSENT
Jean Jacques Dorio un recueil de poèmes
à lire et à relire à
Encres Vives 467°
Sur le papier froissé
Je jette mes poèmes
Fantaisies pièce à pièce
De quoi me réparer
De la prose du monde
Qui le jour me déchire
Un cheval entre en scène
Il traverse le fleuve
De Mémoire et d’Oubli
Mon papier à présent
Fait boule de neige
Traverse cette Cour
De comédiens inventifs
Faisant passer l’horreur
Des guerres hypertrophiques
Dans leurs Onirocris
14/01/2020 01h00
Onirocri
d’Antoine Bourseiller
Cour d’Honneur du palais des Papes
Avignon été 1973
un poème n’est jamais seul un poème peut en cacher un autre un poème popo aime clément marot la mort n’y mord
un poème est toujours inédit un poème d’attaque comme un solo de Trane un poème guilleret est un poème de belle lurette
un poème naît d’un étonnement et meurt sans royauté aucune aussi indigent qu’un fossoyeur* *Hubert Haddad
un poème sans poésie se perd dans la prose du monde un poème en forme de cœur est une marque déposée par un certain Kostrowitzky un poème au grand cœur quand il a fait sa vie dort son sommeil sous une humble pelouse* *Baudelaire
un poème pour les médias c’est rien de rien de rien de rien c’est comme Pluton la planète oubliée c’est (pardonnez ma langue verte) le trou du cul du système solaire* *Joachim Montessino
un poème à la fin des fins se retourne comme un gant sur l’inconnu
MISTRAL
C’est Mistral – le vent pas le bonhomme – Qui écrit ce soir Mon poème
Pas un nuage – ni amoureux ni en pantalon – Pas un langage – qui prendrait feu –
Mais sur vélin Pur chiffon d’Arches Cette pelote de mots
Elle va de ci de là Sur la pelouse de poussière Balandrín Balandran
Frêle chant Ciel de cendres Balandran Balandrín
Pour nos morts Et pour les Égarés
Je ne cherche pas je trouve
aurait dit Picasso
je cherche l’or du temps
orne la tombe d’André Breton
je cherche après Titine
Titine o ma Titine*
*une chanson de cafconç en 1917
auteurs Bertal-Maubon compositeur Léo Darniderff
je cherche sans chercher
sans l’intention de trouver quoi que ce soit
même si on ne sait jamais
je cherche à travers les formes
ce que sans elles
je ne saurais dire
je cherche rien de plus
je cherche rien de moins
tenue correcte exigée
pour descendre à la cave
où l’on dit des poèmes
avec des fleurs au bout des dents
je cherche dans toutes les gares
fermées depuis longtemps
Monnet à Saint Lazare
et Guillaume au Départ
je cherche les mains ouvertes
qui accueillent mes joies et mes pertes
je cherche un mur pour pleurer
ah ah ah ah*
*Anne Sylvestre
je cherche ce que seule peut dire
une métaphore vive
salive de spettri*
d’un renga
crachée par le poète Sanguineti
*salive de spectre
je cherche en traçant
ce cercle de craie
dont je ne connais pas
la sortie
des lignes manquent
tu ne sais plus lesquelles
tu as perdu leurs mots
les simples vocables
et leurs précieux sésames
ceux qu’aucun sms
n’affiche
des lignes manquent
si on te demande pourquoi
tu donneras le change
la pluie sur les feuillets
les phrases écrites par un mauvais crayon
sur du papier cigarette
des lignes manquent
emportées par les serres
d’un éditeur rapace
rayées d’un trait de plume
dans une crise de vers*
*Mallarmé
des lignes manquent
la liste est longue :
leçons de choses
pisses de chats
poèmes écrits à reculons
entre deux sonnets
deux canons
des lignes manquent
des eaux dormantes
des fils de trames
des drames oubliés
des lignes manquent
des noms de dédicataires
effacés sur leurs tombes
au cimetière
des lignes manquent
les plus belles assurément
de ce poème finissant
ces mots de rien
d’un ruminant
*
lignes de forces...et de faiblesses...
ruminations d'un questionnement...
il faudrait qu'un.e autre poursuive et développe...
tout ça...