SOLILOQUANT





Soliloquant passé minuit sur ce papier où court un crayon donnant des nouvelles d’un passé qui n’existe plus.

Ce sont mes jeux d’enfant, sans sœur ni frère, dans le couloir d’azulejos, séparé d’une porte de l’étable, où l’on entend les bœufs roumier. (ruminer)

Au fond du corridor, s’ouvre la porte sur l’ort, le jardin familial qui, « à la saison », nous nourrit.

On entend sur le soir les cris des martinets et mon père piquant sa faux.           

Et pour la suite, imaginez…

Mon crayon gris, à force d’appuyer, s’est cassé…

QUI TU ES ?





(Après l’écriture folle, à grandes rafales de proses,

le repos dans la rime et le rythme, assumés).





QUI TU ES ?, tu t’en moques, feuillets d’hiver noués,

Par temps de soliloque, qui tu es, tu le tais.

Qui tu es, à Chambord, dans le double escalier,

Dans la chambre du roi, orné de salamandres.

Qui tu es au Moudang, dans les Haut’s Pyrénées,

Dans les granges des oueillos, les brebis couleur cendre.

Qui tu es au collège, professeur météore,

Préparant tes ouailles, aux rimes équivoquées.

Qui tu es à Paname, paysage du Tendre,

Âme t’en souvient-il, sur le quai Malaquais.

Qui tu es en Espagne, Cuevas de Almanzor,

Où naquit la maman, qui enfanta ta Reine.

Qui es-tu dans la case des frères amérindiens,

Des mythes qui s’emmêlent avec la Neste d’Aure.

Qui es-tu, qui tu es, tu t’en moques à présent,

L’aurore des paroles devient soleil couchant.





1° novembre de l’an 2020

qui tu es lecture à voix basse