FAIRE ROMAN

Les histoires n’arrivent qu’à ceux qui sont capables de les raconter a dit je ne sais plus qui

Un jour peut être quand j’en aurai fini avec mes exercices poétiques je ferai du roman

avec plein de drames et de rebondissements

J’enfermerai mes personnages dans un labyrinthe d’incertitudes

à Paris les années paires

à New York les impaires

Ce sera un roman qui n’en finit pas comme ce commencement écrit de bonne foi à la mi-juin de cet an 2024

(Un roman dans lequel cependant réflexion faite j’hésiterai à me lancer car dixit ceux que l’on nomme les écrivain.e.s croire au pouvoir des livres de fiction submerge tout le reste et en comparaison notre propre vie se rapetisse au point à la fin du parcours de tendre vers zéro)

JJ Dorio

Martigues 15 juin 2024

PASSER

PASSER 


Passer comme le fleuve qui est de temps et d’eau
Passer comme la barque du cercueil au berceau
Passer sur la folia de la viole de gambe
Passer comme ses vers qui filent l’anaphore
Passer sur les notes de bas de page
Passer sur les gloses et les entregloses
Passer sur les nuits passées sous la flamme d’une chandelle
Passer la poésie au peigne fin des sous-bois de myrtilles
Passer d’un poème à l’autre tissant dans le noir leurs habits de lumière
Passer sur la devise d’un humaniste de la Renaissance :
E bello doppo il morire vivere anchora 1

« Il est beau après la mort de vivre encor »
Bernardino Corio (1459-1519)

Jean Jacques Dorio (1945- )
14 juin 2024

LA LANGAMOIMÊME

La langue à moi-même j’ai jamais eu disait Jak Kerouak canadien français venu au monde à New England (Nouvelle Angleterre)
Causant d’abord Joual sa langue de parole à la graphie phonétique qu’il usa en utilisant sa plume à qui mieux mieux (inédits de Kerouac en "français ")*
Langue parolière et parolée des conteurs savoureux qui fit notre écrivain se lancer dans l’écriture sur un rouleau de 36 mètres de long de On the Road dans une langue anglaise tard trouvée
Cette langue à soi-même (comme un autre) qui fait la saveur des écrits qui coulent en nous, qui flottent, qui nous font naviguer et  dériver de nos belles aubes en tristes soirs

* Dans l'moi d'octobre 1935 dans la nuit de nos vras vies bardasseuses y'arriva une machine du West de Denver sur le chemin pour New York
(Cette version de Sur la route intitulée comme cet extrait le révèle Sur le chemin)

FACE AU Rien et au Néant

J’ai du mal pour « poster » ce texte quotidien, promesse existentielle qui me « tient » depuis tant de temps (le 8 janvier 2006 pour être précis). C’est que je réfléchis, en lisant, en écrivant, à la situation politique inédite, dramatique, que nous traversons. Ma première question est : comment se fait-il que ces millions de « citoyens » aient voté avec leurs tripes, non avec leurs têtes, pour une formation, le Rien et le Néant, qui si elle accède au pouvoir va les précipiter dans les malheurs d’un pays qui va être ravagé (comme aujourd’hui mais puissance dix) dans l’exacerbation des passions les plus élémentaires. (Ceux qui ont des réponses toutes faites peuvent passer leur chemin.)