Racontant ma vie
rats et souris
oublis vestiges
vertiges épiphanies
Racontant mes blancs
les disparitions
et les sentiments
égarés dans un journal
intime de Mai 68
Évoquant les passages
les rencontres
de l’une à l’autre
sous la lune d’une crique
(à Cuba pour être précis)
aux Puces de Sainte Ouen
chinant de concert
un exemplaire d’origine
des Fleurs du mal
Cherchant refuge
dans ces souvenirs
sans fin sans commencement
sans direction particulière
qui vont selon…
Author Archives: Jean Jacques Dorio
ÉCRIRE : TENTATIVE D’ACCROÎTRE SON IDENTITÉ ?
On peut le dire ainsi,
Y compris s’il s’agit de choses écrites
à la manière de Francis Ponge :
on est alors l’espace d’un texte, cageot, verre d’eau,
crevette, voire, figue de paroles.
Écrire des notes de bas de pages
pour subsister ou donner le change
quand on doit maquiller son identité,
juif à Trieste ou dans le ghetto de Varsovie,
ni catholique ni protestant
dans la France des Guerres de Religion.
Écrire au facteur pour qu’il accélère sa tournée
quand seul, isolé,
on se nourrit des lettres du monde entier
qui parlent d'amour et de fraternité.
BREDOUILLE
Je repars bredouille de la quête des mots
Je suis fanny comme dit l’autre
Mais je l’écris je le bredouille
C’est déjà mieux que rien
Ce presque rien et ce je ne sais quoi
Qu’affectionnait Jankélévitch
Il saisissait ainsi la manière et l’occasion
et dans un second tome
La méconnaissance le malentendu
La liste n’est pas close
de même que mon poème
parti de rien
mais qui en chemin
a trouvé du grain à moudre
***
« Ce commencement qui n’en finit pas » est, de loin, ma formule magique préférée. Elle ouvre la scène imaginaire, l’Autre Scène, où va opérer ce commencement du commencement « à partir du rien de la feuille blanche, à partir de l’amorphe et de la parole balbutiante. » (Vladimir Jankélévitch)
COMME FLAMME SE PERD DANS LA LUMIÈRE
Encore une page que je vais jeter
comme des centaines d’autres
Celle-là je l’écrivis sur l’altiplano
la puna chantée par Yupanki
Cette autre le fut ailleurs
en Espagne ou en Italie
como fiamma si perde nella luce
comme il faut dire adieu
aux amours mortes en chemin
ÉCRITURE DE NUIT
Écriture de nuit
C’est tout un poème
Au soleil des mots
C’est vaille que vaille
l’alliance du calcul
et du délire sacré
C’est la phantaisie
de la verticalité
L'Écriture d’un cheval
écumant du col et des naseaux
C’est le dieu des fontaines
Où l’on noie les schizos
Écriture des nuits
La grâce d’un instant
La brassée de voyelles
Où l’on cherche
L’or du temps