AU BOUT DU CONTE TU NE RESSEMBLES À PERSONNE

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AU BOUT DU CONTE TU NE RESSEMBLES À PERSONNE





Influences ou imitations délibérées, c’est ainsi, que peu à peu, pourvu que la tâche soit légère mais obstinée, paradoxalement, on en vient à ne plus ressembler à personne.

Sur mon échiquier poétique, je pousse les pièces d’une identité, que seul.e.s les imbéciles croient posséder.

Quand je lis vraiment, je disparais dans l’écriture intime de celui et de celle qui me font l’amitié de m’ouvrir à leurs lettres, sans cesse portées, au-delà de toutes mes attentes.

Les enfants nés dix ans avant moi, ont été déchirés par la guerre, « l’histoire avec sa grande hache », de l’auteur de « la disparition », qui s’est servi de la littérature pour s’inventer un monde et une famille, toujours prête à le quitter. Comme une mère qui vous amène dans un train partant pour le Vercors, -sans sauts à l’élastique -, avant d’être contrainte et forcée d’embarquer dans les wagons plombés de nuit et brouillard.





le rouge et le noir




LIRÉCRIRE

c’est ainsi que je sais le mieux oublier

qui je suis

pour entrer dans un monde

de fantaisies d’inventions

et de « réelles présences »

car moi aussi la vie douce et paisible

m’a une année un mois un jour

déchirée

en lançant ses flèches empoisonnées

contre celle qui était qui fut et demeure

ma moitié





J’AI ALLUMÉ D’AUTRES CHANDELLES

HYPNOGRAPHIES au pinceau
ça danse et ça converse
03/06/2020



J’AI ALLUMÉ D’AUTRES CHANDELLES





« Il faut tenir son pinceau légèrement et spontanément

La main et l’esprit restant vides

L’écriture doit être rapide fulgurante

C’est le va-et-vient du souffle

Ce sont les battements du cœur





J’ai allumé d’autres chandelles

Sur la scène de ma page blanche

Mon stylo-pinceau

à l’encre de Chine

A repris la main





Tout de suite

Ça redevient chinois

Les caractères dansent

et conversent

avec les maîtres calligraphes

Ouyang Zun

Zhang Xu

Wu Khuan





Malades imaginaires

Qui n’arrêtaient pas

Saisis par la manière

De tracer sur leurs feuilles

Ou dans l’air

la substance de leurs poèmes

DES MOTS DE MON ENFANCE

la page d’origine




DES MOTS DE MON ENFANCE

Des mots de mon enfance

ont disparu dans le dédale

de l’histoire qui oublie





les rebouteux

les pleins et déliés

de la gauloise

trempée dans l’encrier

du pupitre





Qui oublie

le joug liant

Mulet à Mascaret

le bœuf blanc et le tacheté

les tours de saucisse

qui pendaient au plafond





les punaises

de bénitier





les maux de poitrine

qu’on guérissait

le dos plein de ventouses

passées à la flamme





(le reste manque…)