L’ARBRE DE STRAWBERRY HOUSE

Dans l’arbre où je rêve mes feuilles sortent d’un livre où les pages sont blanches et que je dois remplir tant bien que mal

Dans l’arbre où je pense : être ou ne pas être et que sais-je ? sont les questions qui me font frissonner

Dans l’arbre où je souffre, les docteurs de la forêt utilisent le terme de « captation embolique » pour décrire la rupture du fil d’eau qui court dans mes tissus de la racine à la cime

Et cependant contre vents et marées dans l’arbre où je dors la mort n’y mord

Italiques Shakespeare, Montaigne, Marot.



Londres quartier de Chiswick maison donnant sur la Tamise

Photo JJ Dorio 21 janvier 2024 12h57



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O LA NEIGE

À la fenêtre du tgv 
Au centre de la France
Défilent des villages enneigés
O la neige
Regarde la neige
Qui tombe
Combien de fois ai-je écouté
Cette chanson de Nougaro
Surtout vivant dans les Hautes Pyrénées
Quand la chaste damoiselle
Tombée toute la nuit
Avait fait disparaître ma deux chevaux
Logeant sur la place du village
Près de l’église et de la statue du soldat inconnu
O la neige
La bonne neige
Qui me donnait l’occase
De rester au chaud
Tout le reste de la journée
Faisant batailler
Mon feu de cheminée
Une journée de t'rêves
Car de toutes les manières
Le collège accueillant les élèves
De toute la vallée
Était fermé à clé
Les brebis de mon voisin
Faisaient chanter Apollinaire
Pour Marie Laurencin
Les brebis vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Marie soit dit en passant
est le plus beau poème
de la poésie française

dans le tgv Aix en Provence Paris gare de Lyon
11 janvier 2024 14:05

Et soit dit en repassant je viens de réécouter O la neige avec le somptueux accompagnement à l’orgue d’Eddy Louis et les paroles hugoliennes de Nougaro C’est du sublime

RESTE-T-IL DU TEMPS ?

En revenant des toilettes du train j’ai repéré le titre d’un livre étalé devant une dame qui somnolait derrière son masque anti Covid : Letemps qui reste de Patrick Boucheron

Le temps qui me reste pour écrire ce roman journal prose cachée qui ira jusqu’au bout sauf accident majeur

Le OUIGO est à l’arrêt en Gare de Lyon Saint Exupery Une jeune fille que je voyais au loin mâchant son chewing-gum frénétiquement a disparu laissant sa place à un homme qui me ressemble : cheveux blancs crâne dégarni fines lunettes Mais il n’écrit pas et n’écoute pas ces plages de be bop enregistrées l’année de ma naissance :

Grovin’high Dizzy Gillepsie 2’44 enregistré à New-york le 28 février 1945

Panama Sydnet Bechet 2’40 New York 24 mars 1945

Dizzy et Parker le fameux Salt peanuts 6’30 New York Town Hall22 juin 1945

(grosse altercation entre deux femmes mère et fille portant le foulard noir et un contrôleur « assermenté » leur dit-il Elles n’ont pas apprécié qu’il les menaçait d’une amende forfaitaire de 150 euros si elles ne bougeaient pas la poussette qui obstrue l’entrée du wagon (elles ont deux bébés jumeaux avec elles) lui les accuse de plus de l’avoir insulté « en arabe »

Dans le Tgv Aix Paris gare de Lyon jeudi 11 janvier 2024 13h54