J’écris par couches
(d’ailleurs couché)
Tantôt je juxtapose
Et tantôt j’entrelace
Phrases sans fin
Ou coupées au couteau
J’écris sans plan
D’une traite
Ou bien je me reprends
Je tresse et je reprise
Je fais des séries
Et des suites
J’écris comme je peux
Category Archives: fragment de vie
TEXTES DE SURVIE
XV° TEXTE DE SURVIE selon l’ordre des nuits, mais non l’ordre des chapitres de ce livre fantôme dont j’extrais une à une les pages invisibles.
Choses qui ne font que passer, lit-on dans les notes de chevet de Sei Shônagon, poète japonaise de la Cour impériale du XI° siècle. Comme un « plagiat anticipé », de ce cher Michel qui dans son château de Montaigne, sous les poutres ornées de sentences, « peignait le passage ».
Cette nuit ce sont, promenades en voiture, hirondelles faisant leur nid dans l’étable, jeux de marelles tracées sur la plage, pages sur papier bible tournées en mouillant le pouce ou l’index, giboulées de neige sur cette place d’Ancizan où je vécus sept ans.
Ancizan en vallée d’Aure (Hautes Pyrénées)
SIGNES HUMAINS
Signes humains
Avec une bouche
Et une main
Un corps et une image
Qui changent
Comme un paysage
Signes humains
Qui après nous vivez
Sur des lèvres épelant
Nos noms et nos manies
D’écrire et de récrire
Sans fin
AUTOPORTRAIT DU 6 JUILLET 2023

Tu repars de zéro Tu repars du néant pour faire l’essai de redonner de l’être au beau parler Tu ne fais que passer par stylo interposé ou par pinceau chinant ses caractères énigmatiques Mais aussi contrairement au dilemme shakespearien to be or not to be tu reprends le propos du maître des Essais : tu peins le passage Avec légèreté et forces manières formes et mouvements Tu repars Tu fais le départ entre dire et faire faire et laisser dire Tu as deux faires au feu la parole et l’écriture le langage et la langue le vague et le divague Muse abuse ou s’abuse Tu dis stop Tu prends congé Tu lèves la main qui écrivait Tu lèves l’ancre et tu t’en vas couci couça d’un dernier trait de plume faire ton autoportrait du 6 juillet 2023
PALIMPSESTE

PALIMPSESTE « Écrire sur soi peut-être aussi une façon de s’effacer, comme un palimpseste sans transparence. » Gérard Genette « Apostille » Rien de plus imparfait que le texte « à venir ». Il naît de mon bric-à-brac personnel, à nul autre pareil : -ceci dit sans la moindre forfanterie – livres qui se tournent le dos, émissions de radio que l’on peut réécouter, mémoire trouée et têtue et ce stylo noir qui court la poste des gens isolés et des fugitifs des nuits transfigurées. Pensée sauvage et Bricollages – que j’écris depuis un texte patchwork de 1970 avec deux ailes. Comme si chaque nuit, vous réveillant d’un premier somme, vous vous confiiez à la main qui écrit, et qui va, chemin faisant, vous révéler ce à quoi, sans cet outil fragile et précieux, vous n’auriez jamais pensé.