Comme un art poétique une fantaisie Seul dans la nuit je suis perdu Mais si je l’écris ça va mieux C’est un moyen frappé d’instinct De convoquer nos petits dieux Sans en faire tout un tintouin Temps retrouvé ou Temps perdu Seul dans la nuit j’écris sans art Je laisse aller selon la plume Sans ornements sans métaphores Je prends des mots je les allume À la chandel de Bachelard Ou bien j’amorce l’anaphore Seul dans la nuit j’ai ébauché Pour l’étranger qui veille en moi Pour Poésie mode d’emploi 1 Ces quelques lignes maladroites Enfant qui agite son hochet Puis qui se rendort sous sa coite 1 Blog de JJ Dorio un poème par jour depuis le 8/01/2006
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MISE EN LIGNE D’UN POÈME
Je prends le crayon dans la cheminée
Je pends l’inspiration à la crémaillère
Je prends un temps infini pour peser chaque vers
Ou tout au contraire je fais dans le burlesque
Et l’abracadabrantesque
Je prends patience sous le fouet cruel de l’Histoire
Et en fin de « conte » je prends la voix des airs
La voie libre des poèmes que l’on écrit par cœur
MENUES PHRASES VENUES SANS Y PENSER
MENUES PHRASES VENUES SANS Y PENSER
Oui la poésie d’un jour s’élabore toutes les nuits Mais pour bien la faire, ma commère, il vous faut purger de quatre grains d’ellébore La poésie toujours dans un coin de brouillard ou de cheminée en feu de bois de chêne que l’on a coupé au milieu de tous ses roseaux pensant Mais à quoi pensaient-ils cannebières et bambous ? On ne sait On ne sait pas, n’ayant point, à cause du long divertissement qu’il y a à élaborer nos poèmes, poussé notre raisonnement plus loin Moralité : C’est plus fort que nous Ces menus phrases nous échappent sans y penser
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LA CLEF DES CHAMPS
LA CLEF DES CHAMPS
La clef des champs, c’est ce matin un stylo bleu, qui prend la fuite, mais que l’on retient.
La clef des champs, c’est une sonate que fit Ludwig avant sa mort, et que l’on joue au clair de lune, apasionata. Les clefs se passent de sol en ut. Ses interprètes exercent leurs doigts, prennent la mesure, note après note, chacun refait le mouvement, le doigt pointé.
La clef des champs, soudain frappée, dix doigts, deux mains, c’est le destin. Et cependant, nul n’est prophète, nul n’est poète. Chacun essaie, et tous le sont, et tous les sons se font chopin.
La clef des champs, on croise les doigts, on croise les mains sur le clavier. Temps aboli, c’est l’éternel, c’est l’éphémère de la main gauche, de la main proche du cœur des hommes, de leurs oreilles, leurs émotions.
La clef des champs, on l’a cachée, dans le poing droit. Le pouce frotte toutes les notes, de bas en haut. Et puis reprend la mélopée, cherche la paix, l’oubli de soi.
Les ondes miroitent. On prend la clef…et l’on s’en va.
DE LIVRES EN LÈVRES BAISERS VOLÉS
Comme un baiser D’eau et de sable Lignes infinies De lèvres en livres Comme la ferveur D’un cri d’enfance Le jeu de barre Les facéties Comme en silence Cette présence D’une jeune fille Aux longs cils Épître en vers Et contre tout L’art de mêler L’air et le feu L’esprit le cœur Rêve d’un rêve Jadis naguère Où Jeunesse irradiait Baisers volés * Sur cette barque De nos amours Dont il ne reste Que ces quelques lignes De livres en lèvres Rêves de rêves D’une vie en allée *Charles Trénet Que reste-t-il de nos amours ?
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