POÉSIE MODE D’EMPLOI

Dix-huit ans d’obsession
Un texte chaque jour
Apparaître verbal
Sur ce blog de WordPress

Un texte à compléter
Un texte papillon
Comme un battement d’ailes
Pollinisant l’esprit


De l’Autre qui est en nous
Des autres qui le lisent
Dix-huit ans d’illusions
Et de belle utopie


Martigues 7 mars 2024
Ainsi se dessine l’utopie, la visée de ce blog intitulé,
un peu par provocation,

un peu par dérision,
poésie mode d’emploi.

Ni modèle d’écriture, toujours en devenir, ni, encore moins
modèle de vie, mais, sans se bercer d’illusions,
incitation aux extensions du domaine du don*
….sur les sentiers solitaires et solidaires de la création.


*Alain Cavaillé

J’ÉCRIS DE NE PAS ÉCRIRE

Escrever de não escrever 
selon ce que me dicte le fantôme de Pessoa
J’écris de ne pas écrire ce que d’autres ont déjà écrit
J’écris pour que d’autres écrivent sur mon texte palimpseste,
pâles insectes trempés dans l’encrier
et qui dans un dernier sursaut font des tortillons sur la page
J’écris cette littérature à soi semblable au balancement de l’abanico,
figure de style évoquant l’éventail
J’écris en éventant et réfutant les livres noirs qui vont s’ailleurisant
J’écris ici et maintenant

Martigues mardi 5 mars 2024

J’ÉCRIS UN PEU GRIBOUILLIS BEAUCOUP GRIBOUILLA

J’écris avec Gribouille dont on me disait enfant Quand je faisais  l’andouille 
Qu’il était caché au grenier prêt à me punir pour mes bêtises
J’écris sur un tapis Boukhara
J’écris nom d’une pipe en bois
J’écris plutôt deux fois qu’une
J’écris de temps en temps À une dame d'antan Mais jamais en regardant les Unes des journaux imprimés
Ça me déprime
J’écris blague à part avec la huitième condition de Fourier en tête :
celle qui dans une liste échappe à tout classement
J’écris collectionnant les bourdes et les pataquès
J’écris un incipit aux bifurcations inconnues
J’écris brique après brique
Cette maison ouverte à tous les compagnons & compagnes d’écriture
J’écris bilboquet Bouquet de phrases à venir et qui s’étalent
Comme la confiture d’abricot de Tatie Popo
Ou bien qui se refusent aux caprices de ma plume
J’écris comme les chauve-souris
Dont la température s’abaisse
À mesure qu’elles remuent leurs ailes
J’écris comme Marguerite Duras
Pseudo de Marguerite Donnadieu
Sans Maître ni Dieu
J’écris faisant ces longues tresses de textes
Que je tape à deux doigts
Sur la Valentine rouge d’Olivetti Mais je n'écris pas
avec une gomme comme font
Tous les compositeurs de musique
De Bach à Phil Glass
J’écris ces séries sans fin à l’encre sortie d’un stabilo
OH Pen Universal
J’écris au propre et au figuré Sans ratures loin des Stals
J’écris comme on traverse le désert
En songeant au Jardin d’Acclimatation



J’ÉCRIS COMME JEAN JACQUES DORIO…

…rencontré naguère dans un atelier où l’écriture ravageait nos vies en poésie 
J’écris travaillant l’écriture au corps Traversé de haïkus et d’aphorismes
J’écris sur le court d’un tennis Marqué à tout jamais par l’empreinte du champion Bjorn Borg :

La balle est ronde Le jeu est long
J’écris long renvoyant dans les cordes les jeunes hommes pressés et les jeunes filles en fleurs
J’écris de ci de là en ne pensant qu’à ça

(on pourrait croire)
mais la plupart du temps sans y penser
J’écris sous les combles Sous un vasistas Où la lumière pleut (et neige parfois)
J’écris en imaginant Bartok écrivant ses partitions des Microcosmes

J’écris créant ce microclimat propice aux pages d’écriture faisant la navette entre micro et macrocosme
J’écris dans un camping-car Volkswagen Qui m’a mené naguère (avant la prise de pouvoir par les Ayatollahs) Jusqu’à Téhéran

J’écris en oubliant d’écrire souvent
J’écris en me jouant du temps
J’écris en le laissant filer Ou en l’arrêtant

J’écris sur une table Louis Philippe ronde en noyer trouvée sur le bon coin
J’écris sur du papier clairefontaine extrastrong acheté à Bureau Vallée
J’écris sans confondre mes textes quasi bibliques avec les bibelots abolis du bon Mallarmé
J’écris avec et contre les sonnets en X les phrases incises et les ellipses
J’écris sans l’ombre d’un bruit exceptée cette langue qui caquette et qui bruit

J’écris sans réfléchir une première ligne qui déclenche le reste
J’écris anche en songeant à mon ami Rambour qui habite rue Franche
J’écris France du nom d’une bergère rencontrée en Mai 68

J’écris Bergère Ô Tour Eiffel comme Guillaume Apollinaire
J’écris cette aubade inachevée en écoutant Les Double Six

Qui m'invitent à faire un tour au bois (Walkin')