ON ACHÈVE BIEN LES TOURTERELLES

Ciel vide

Envolée

la poignée de blé

régalant chaque jour

ma compagne

la tourterelle

morte empoisonnée.

Ma main se referme

et c'est le poing

destiné à l'accusé

empoisonneur des champs

derrière le mur

de mon jardin.

Droit dans ses bottes

il se défend

disant tout de go:

ce n'est qu' un oiseau.

Ces mots résonnent

dans le ciel vide.


Claude Brugeilles 29 février 2024

Nous multiplions nos bouches
en ce jardin précieux
où naissent les métaphores
On les assemble en bouquet
mauve ou doré
pour les offrir à qui veut les prendre
pour les planter à nouveau
au plus secret des imaginaires

Michel Cosem

L'Heure de la tourterelle
Encres Vives
Vient de paraître
Recueil posthume

JE T’ÉCRIS SUR L’iPad MA CHÈRE

Par de lentes métamorphoses 
Naît ce poème dans ma chair
Le jour se lève aurore rose
Je t’écris sur l’iPad ma chère

Je t’écris depuis la Venise
provençale ces quelques mots
Sur ma page qu’un rayon irise
Éclairant camées et émaux

Aux tables des cafés chantants
Alibert faisait ses adieux
Adieu fillette adieu serments
Cigales et cigalons adieu

J’oublie le petit guitariste
Les tableaux de focs et tartanes
Les voix joyeuses et les tristes
Sur ma galère occitane
Tu deviens ma chère sultane

Martigues 18 mars 2024






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C’est aussi
ailleurs

« En Arles
Où sont les Alyscamps »


À Montmartre
le soir

Dans la demi-brume
A Londres

Ici


Sur les pages
d’une anthologie
personnelle

Où l’on prend garde
de ne pas succomber
à la douceur des choses 1



1 Paul-Jean Toulet


Martigues dimanche 17 mars 2024

ICI AUSSI

Le jour point sur la ligne de pin avec des nuages d’ouate qui se baladent là-bas à l’horizon de mon texte

De grandes sautes de vent et d’idées qui passent et qui repassent

Livres des courants d’air et des feuilles d’herbes

De ma lucarne ce ne sont pas ardoises du toit que j’entrevois

Mais patience du cœur et amis envolés


Et- peut-être est-ce le ciel de ma fenêtre? - ce que jadis on appelait douceur