Le Silence sur la page
J’aimerais mieux pas
Le briser ou l’anéantir
ÉLOGE DE L’ARBRE
https://eloge-de-l-arbre.over-blog.com/la-double-existence.html
Découvrez ce site merveilleux où le cœur des arbres réveille des forêts hors d’âge
« Des sentiers frémissent, l’espace s’ébroue,
le temps tremble sous le lierre :
l’arrière-pays se couvre de songes »
Gaston Puel
LA POLITESSE DU DÉSESPOIR
"La politesse du désespoir"
Mais qu’est ce que ça peut bien être ?
Supposons que c’est une citation de L’Écume des jours
Nous avons trouvé au moins son auteur :
V comme Vian
Et maintenant "la politesse du désespoir"
ça définit quoi ?
On hésite entre Amour et Humour
Mais l’on se souvient que Boris a écrit
« un humoriste n’a pas le droit d’être gai »
Un amoureux oui
Il gazouille comme un pinson
Pardon pour le décousu de cette démonstration
ON N'A PAS OUBLIÉ LE DÉSESPOIR
On n’a pas oublié le désespoir
Il joue des baguettes de cristal
Sur la peau ruinée d’un baiser
Jadis il immolait la jeune fille
philosophique sur la brume
dentelée des feuilles d’un érable
On n’a pas oublié les yeux pour boire
L’horloge penchée sur le minuit
L’arrêt du cœur en catastrophe
Sur une aile d’un papillon de soie
Et l’anodine goutte de rêve
Issue de l’enfant des glaciers
JJ DORIO
Anthologie des poètes du Sud-Ouest
par Henri Heurtebise de la revue Multiples
1995
J’AIME / JE N’AIME PAS
J’aime la vie
Je n’aime pas la mort
J’aime l’eau de vie
Je n’aime pas l’eau bénite
J’aime vivre d’amour et d’eau de Volvic
Je n’aime pas vivre de haine et de whisky(c)
J’aime les Sociétaires de la Comédie
Je n’aime pas les Immortels de l’Académie
J’aime la nuit
Je n’aime pas l’ennui
J’aime Jean Tardieu et sa Môme Néant
Je n’aime pas ce putain de Dieu Géant
J’aime le désir de persévérer de Spinoza
Je n’aime pas les œufs mimosa
J’aime l’eau en général
Je n’aime pas l’eau ferrugineuse de Bourvil
J’aime Mai Mai Paris Mai
Je n’aime pas Avril ne te découvre pas d’un fil
J’aime Juin ardente lyre
Je n’aime pas Juillet à Saint Tropez
J’aime la Liberté
Je n’aime pas la Servitude Volontaire
J’aime laisser l’initiative aux mots
Je n’aime pas pleurer sur mes maux
J’aime les Exercices de Style et Zazie dans le métro
Je n’aime pas la cochonnerie d’écriture de Céline and co
J’aime le silence
Je n’aime pas le bruit
J’aime les cœurs purs de Jean Roger Caussimon
Je n’aime pas les cœurs pavés de mauvaises intentions
J’aime les cœurs qui battent la chamade
Je n’aime pas les cœurs qui battent le tambour
J’aime les chansons de Bécaud et de Louis Amade
Je n’aime pas Je t’aime…moi non plus de Gainsbourg
J’aime la hache qui brise la mer gelée des lecteurs confits
Je n’aime pas les listes qui les laissent cois
J’aime
Je n’aime pas
liste du premier mai 2024
EL ENCUENTRO : LA RENCONTRE
JE SUIS VENU AUX MARTIGUES rejoindre une femme, qui devait devenir mon épouse, qui y exerçait le beau métier d’institutrice, un mot stupidement remplacé par « professeur/professeure des écoles ».
Nous nous rencontrâmes par le plus extraordinaires des hasards au cours d’un voyage à Cuba organisé par l’École et la Nation, la revue du parti communiste français traitant des affaires de l’enseignement.
« Tu fumais un havane par jour, me dit celle que je surnommais alors Chinita ou Cara linda avec qui j’évoque ces moments précieux, exalté, parlant sans cesse, devenant dès le deuxième jour le traducteur du groupe (j’avais passé en effet 2 ans au Venezuela un parler proche du cubain, et le traducteur pressenti s’était effacé sportivement), tu étais mon petit barbudo toi aussi, avec, entre parenthèse, un maillot au blanc douteux. »
Et à quel moment pour nous deux ça s’était décidé ? Une nuit de demi-lune sur une petite crique de Jibacoa, à 70 km à l’est de La Havane.
Ah vastedad de pinos, rumor de olas quebrándose/ lento juego de luces, campana solitaria/ crepúsculo cayendo en tus ojos, muñeca/ caracola terrestre, en ti la tierra canta !
Pablo Neruda (20 poemas de amor y una canción desesperada)
Ah les grands bois de pins, la rumeur des vagues se brisant/ le jeu lent des lumières, la cloche qui sonne sans raison/ et le crépuscule qui tombe en tes yeux simulant ceux des poupées/ terrestre rotation en toi chantait la terre !
(ma libre traduction)
ce texte fait suite à celui d’hier : Le quotidien et le disparate