LES VRAIS PARADIS

Je viens de relire deux pages écrites au crayon dans le tgv qui nous amenait d’Aix en Provence à Paris 
Il y a des images vues du train
Il y a des allusions aux livres que nous lisions
Toi le dernier Vargas avec le personnage d’Adamsberg dont tu raffolais
Moi des nouvelles tournant autour de bistrots parisiens
De temps en temps ai-je écrit nous joignons nos mains
En recopiant cet extrait je relie maintenant ces instants vécus à la minute présente :
le silence d’une chambre
l’impossibilité de revivre ces instants précieux avec toi qui as rejoint ta nuit définitive
et cette phrase proustienne résumant le tout
mais que je tords un peu :
Les vrais paradis sont les paradis qu’on a vécus / perdus.

Martigues 7 février 2024

UNE PAGE

Une belle page
S’offre au stylo noir
Qui ne sait comment
La remercier

-Écris à ta guise
Lui dit le papier
Dessine la frise
Des temps heureux
Des bals et des fêtes
costumées

-C’est loin tout ça
Ma belle page
C’est Nerval au temps
des Petits châteaux
de Bohème

C’est l’humble prosateur
Voyant la muse de ses vers dorés
Transformée en Pythie
aux cris de douleurs :

Ô saisons ô château périssable
Que le souffle du monde
A jeté sur le sable*

* Gérard de Nerval

Martigues 6 février 2024


À L’AIDE





À L’AIDE 


J’ai aidé mon père à faire vêler ses vaches
J’ai aidé ma mère à planter ses salades
J’ai aidé le poète à tailler sa plum’ d’oie
J’ai aidé l’imbécile à regarder la lune
(et pas son doigt)
La liste n’est pas close
Lecteur aimant les choses
à faire pour aider
Tu peux la compléter

UN AUTRE POÈME

Un autre poème écrit dans la chambre 
La nuit sous les Constellations
Portées à l’incandescence
La poétesse porte un collier d’ambre
Femme encerclée par les étincelles de Miró
Dorio naguère en fit une cantilène

Martigues 3 décembre 2024