ON VA BIEN VOIR : un ami disparu qui écrivait dans L’Homme 5/16

on va bien voir
mais il est à craindre
que ce ne soit pas 
un animal merveilleux
du temps où les bêtes parlaient

on va voir
cet ami disparu
qui écrivait dans L’Homme
la revue d’anthropologie

on va voir Maleiwa
fabriquer avec de la glaise
de Goajira
un homme éleveur
et sa femme cheval
une jument fécondant les mythes
d’un Monde Autre

on a bien vu
on a bien fait parler le papier
cette nuit où Rêve
a chanté à nos oreilles
ces paroles venues
à cor et à cri

Jean Jacques Dorio 18/09/2023 01 :01


ON VA BIEN VOIR : la petite musique des lecteurs 4/16

on va bien voir
si ces lignes écrites 
en aveugle
engendreront une petite musique
chez les lecteurs-lectrices

on va bien voir
si cette fin que je ne connais pas
ressemble comme une sœur
à la fin du Temps retrouvé

on va bien se guérir
des fièvres et des pestes
avec la plume
ici présente
que l’encrier magnifie

Jean Jacques Dorio Martigues 17/09/2023 01 :58


ON VA BIEN VOIR que tout n’est pas perdu 3/16

on va bien voir 
le cri à l’état pur
le cri de l’écriture

on va lier vision et voix
on va tisser un tant soit peu
l’espace-temps

on va créer
ce monde jamais saturé
de formes et d’apparences

on va ôter
le poids qui plombe 
cette page

on va y voir le signe
que tout n’est pas perdu

Jean Jacques Dorio Saint Rémy de Provence 16/09/2023

ON VA BIEN VOIR : les yeux fermés

on va bien voir
voir les yeux fermés
voir un papillon
qui rêve de Tchouang Tseu

on va voir les masques silencieux
et la musique si lointaine
de Guillaume le Malaimé

on va voir 
voir les yeux grands ouverts
voir cette nuit blanche
qui neige sur la page

on va voir
cette plume légère
qui va et vient 
sans laisser de traces

Jean Jacques Dorio 13/09/2023 01 :14

on va bien voir…lire les yeux fermés 15/09/2023 02:28

UNE PENSÉE EN FORME DE POÈME

Nous étions assurés qu’ainsi
Se formait la pensée
Une fleur du même nom	

Jean Louis Rambour
à qui ce poème est dédié

« J’ai tendu des perches »
Un ami m’en remercie
Un post A.V.C.

Un ami poète
Immense minorité
Qui poursuit la quête

L’A.V.C. cruel
A attaqué son langage
Ça c’est le pompon !

Il me l’a écrit
Moi j’en suis tout remué
En plus il me donne

(Belle confiance)
Trente pages imprimées
Sorties de ses tripes

Des tableaux d’un peintre
En couleur en vis-à-vis
C’est impubliable

(Trop chères les pages)
Tiré en quatre exemplaires
Un précieux présent

Première impression
« Ça tient on ne sait comment » 
Mais si on le sait

Ça tient ça salue
Quarante ans d’écriture
Avec un pari

Pages une à une
Arrachées au désespoir 
Par l’activité

Avec des contraintes
J’écris en puisant dans chaque
Tableau de l’artiste

J’écris 18 lignes
Portées par un « Nous » qui noue
Nos belles couleurs

-Paradis vécus
D’une vie où tout fit sens-
À nos froides cendres

Oui du miel aux cendres
Selon les Amérindiens
Et selon Bleu roi

(Son titre choisi :
Nous étions sur le bleu roi)
Chevilles genoux

Nous aimions les fleurs
Les communes les subtiles
Ornant nos sonnets

Nous étions la brosse
En mouvement sur la toile
Des nuits étoilées

Nous avons aimé
Que nos corps s’inventent
Une éternité

Martigues 8 septembre 2023

photographie de deux pages

de Bleu roi

en vis à vis

tableaux de Ramzi Ghotbaldin

Texte de Jean-Louis Rambour

(tiré en quatre exemplaires :

pour l’instant on veut croire)