
TABLEAU DU PREMIER MAI MMXXII

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

Nager c’est voler Voler dans le tourbillon Du ventre de sa mer Voler dans l’air et les songes des splendides amours rêvées Voler les lignes des livres Découpées dans les poésies Voler c’est nager jusqu’à la page… Que l’on chérit Libéré des contraintes De la fausse vie avec Gaston Bachelard, Arthur Rimbaud, Elisabeth Bing
Un sonnet ? Ça n'existe plus. Deux sonnets ? Je vais essayer. Sans rime, ni raison, ni tech Nique. C'est mal parti, je sais. Mais déjà c'est le quatrain d'eux. Les premiers écrits en françois. Clément Marot et Du Bellay. Ronsard, la plume et la chandelle. Le tercet, à présent, j'y pense En marchant sur une longue plage. Bercé par la rumeur bleue. Puis assis sur un bois flotté Je laisse aller ma main de sable. Sonnet de rien. Fini, daté. 16h10 Plage du Cavaou Fos sur Mer 10 décembre 2015 16h10
Pourquoi vivre isolé concourt à enchaîner Histoires sur histoires (Presque aucune d’ailleurs n’atteignent mon papier) Elles voguent, elles flottent, elles alimentent Nos joies passées, qui reviennent à l’improviste. Mon dieu, ça fait une éternité, que je n’avais pas revu La figure de Paillasse, Un fétiche que j’arborais en parcourant le grenier Où s’entassaient les Dépêches, Midi Olympique, et les partitions des chanteurs populaires.
Par le Jeu formidable avec le Temps Le rêve m’avait fasciné Marcel Proust Le Temps retrouvé Pourquoi le temps de l’inconscient Entre par effraction dans mon écriture ? Question grandiloquente. Quant à la fuite (lapsus pour suite) Il faut laisser chaque bon entendeur Adresser son salut à sa manière : Conflagration lyrique, coups de raccrocs, Libres associations, paroles murmurées à des années-lumière du bal masqué du Zeitlos : Temps détaché où volent nos oiseaux de papier.