Rythme poétique et saccadé (comme au cinéma muet) Tentative de déchiffrer l’informulé (selon Charles Baudelaire) Images fantasques passées comme le couteau (sans manche auquel il manque la lame) 1 à la meule à eau symbolique Images forgées par mes chers amis Montaigne et Brassens Pour essayer d’oublier leurs coliques néphrétiques (pour Georges soudain la lune écoute aux portes 2 et c’est vivre à propos qui importe à Michel) Le reste de mon propos manque… (ou c’est, qu’à la lettre, il s’est volatilisé) 1 Lichtemberg 2 un roman de Brassens autoédité à 50 exemplaires en 1947
UNE CHANSON RONDEL RONDEAU
Une chanson rondel rondeau Amours perdues en fariboles Rires et pleurs des barcarolles Une chanson faisant ronds d’eau Elle remue elle boulègue Le bout de ma plume qui vole De barcarolles en fariboles Et de vives en mortes aygues Tu la vois changeant de rythme et de voix Perdant la voie ou retrouvant le souffle Cherchant en des vers de vauriens, maroufles, Ce commencement qui n’en finit pas
BÛCHER
Faire quelque chose de rien et surtout Tout savoir suprême non-sens. Paul Valéry Je bûche des bouquins du temps d’Hugo, de Baudelaire Je ne suis rien, je le sais, mais je compose mon rien, avec un petit morceau de tout. Rien n’égale en longueur les boiteuses journées Quand…l’Ennui fruit de la morne incuriosité Prend les proportions de l’Immortalité J’ai de quoi avec ça m’occuper longtemps à ricocher à composer, à mon tour et depuis ma modeste place, une petite pièce, bribe, esquisse, écrites avec une insatiable curiosité. La poésie des mots venus de rien, Qui se languissent sur ma page ; Des mots qui boitent, Toc, toc, toc. (La poésie doit être faite par tous. Non par un. Pauvre Lautréamont, tic, tic, tic, tic.) La poésie des cris des martinets, que mon père appelait les faucilhs. Tout un poème, Troué d’un air d’azur Qui vire au noir Quand vient la mort.1 1 Noël Dorio (03/12/1912-03/12/199) Martigues 03/12/2021
DITES-MOI OÙ N’EN QUEL PAYS
Dites-moi où n’en quel pays
chantait Gastibelza
l’homme à la carabine
Léandre le Sot,
Pierrot,
ou la nonne
doña Padilla del Flor
Dites-moi si vous connaissez
Berthe au grand pied,
Biétris, Allys,
La vieille maugrabine d’Antequerra
et la frêle enfant,
méchante
Dites-moi si mon chant vous remémore
les neiges d’antan
Danser chanter dans la Tour Magne
Prendre le voile à Tolède
Franchir avec Cassandre le buisson
D’un saut de puce
Dites-moi pourquoi ces poésies et ballades
de Villon, Verlaine, Hugo,
chantées par l’illustre Brassens
me rendent fou, fou, fou.
UN CRÉTIN SECTAIRE
Par malheur sur terre Les trois quart des tocards Sont des gens très méchants Des crétins sectaires Ils s‘agitent Ils s’existent Ils s'emploient Ils déploient Leur zèle à la ronde Ils emmerdent tout l’monde Brassens (Chanson posthume) Il n’est pas difficile dans la connerie ambiante De couronner ce con de roi Qui sur les chaînes de télé plastronne Pétainiste crasseux il se prend pour de Gaulle Misogyne assumé c’est pour mieux protéger ses maîtresses et ses femmes Et Croisé moyenâgeux il veut expulser tous les hérétiques Du Royaume de France (la liste n’est pas close) 02/12/2021