JE FAIS DES LISTES

manuscrit « tel quel »




Je fais des rêves qui me font et me défont

Je fais des fièvres des maux de tête des quintes de toux

Je fais des poèmes des mots de rien de doutes et de secrets

Je fais des prières au Grand Manitou et à la déesse Raison

Je fais des délices à goût de réglisse et de calissons

Je fais des bêtises des blagues et des pastiches

Je fais des vers qui se brisent à l’hémistiche

Je fais des listes répétitives sur mon arc musical

Kits de survie ouvertes à tous les sens 














BILLEVESÉES

Il faut accommoder mon histoire à l'heure Michel de Montaigne 
Je lis 00 : 00
Que je traduis par
Minuit pile

J’éclaire la chambre
Laissant entrer en moi
Ses murs blancs

Du non-agir
Cher au sage chinois
Je fais mon miel

Bouche cousue Mots tus
Mille fleurs tournent dans ma tête
Que mon bout de papier
Ne peut accueillir

(N’est pas Ponge qui veut
Qui de la moindre chose
Se frottait les mains)

Je lis à présent 01 : 00
Une heure a roulé
Sur mes billevesées







hypnographies billevesées
manuscrit

C’EST LA RENTRÉE DES ÉCOLIERS

instantanés Regarder et s’oublier




deux septembre

la mer est grise plate comme une limande

un petit piaf non identifié

explore le grenadier

une feuille jaune mélancolique

descend par petites étapes de l’abricotier

deux tourterelles s’aiment d’amour tendre

sur les branches d’une antenne télé

Were Ya At Mule :

un air joyeux soutenu par un chœur féminin

(Ah j’oubliais…

C’est la rentrée des écoliers !)

J’AI FAIT CI J’AI FAIT ÇA





J’ai fait ci j’ai fait ça
Mais jamais je ne dirai
J’ai fait Venise ou Caracas

J’ai fait (à ce jour) 5500 poèmes
Postés sur poésie mode d’emploi
Mais jamais je n’écrirai
J’ai fait Bélize ou Madras

J’ai fait bien des bêtises
Et bien d’actes manqués
J’ai fait bien des poèmes
Illisibles et ratés

Mais jamais je ne me vanterai
D’avoir fait la Chine Ushuaïa
Ou je-ne-sais-quoi

LES MOTS CRUS





J’te dis salope

Tu m’dis fumier

Léo Ferré

La langue française





Les mots crus – dans les deux sens – ne m’attirent plus guère

Je pourrais bien sûr les rappeler à l’ordre puisant dans Rabelais & Consort

Ou chez toutes sortes de curés





Ma mère qui pourtant n’était ni catho ni connaisseuse de langue verte disait Putain de moine !

Je n’ai jamais su d’où elle avait hérité ce tour-la

Et mon père ne possédait qu’un juron mais qu’il destinait à ses bêtes le soir de préférence après une journée de dur labeur

Milodïous de rémilodïous leur criait-il

(traduire son occitan affaiblirait en l’occurrence ce qui reste de Dieu)





Un certain philosophe usant parfois de son marteau avait déclaré le collecteur de prépuces (Joyce) mort et enterré

Sur les murs de Mai 68 un quidam lui retourna le compliment

(lire le texte d’hier posté sur ce blog)





Bon assez biaisé

J’arrête ici ma prose

M. à celui qui la lira