Cinq cents èretz a Montsegur Sabent çò que viure vòl dire Cinq cents erètz a Montsegur Segur i sètz darrièr l’azur Claude Marti Vous étiez cinq-cents à Montségur Vous saviez ce que vivre veut dire Vous étiez cinq-cents à Montségur Vous êtes encor là derrière l’Azur (ma traduction) Je n’ai en moi aucune étincelle de cet amour que certains nomment amour de Dieu Ce Dieu converti en Haine dans la bouche du patriarche de Moscou accompagnant la destruction systématique de l’Ukraine au nom de la Sainte Russie Le fanatisme religieux allié aux Conquistadores – et leur vol de gerfauts-, à la croisade franquiste et à notre pauvre Occitanie où à Béziers furent brûlés « les hérétiques » - bonshommes et bonnes femmes cathares des plus pacifistes- passés au fil de l’épée avec la plus atroce des formules : Tuez-les tous Dieu reconnaîtra les siens
NOS ESPÉRANCES CREUSES
Je n’ai que mépris pour le mortel qui se réchauffe avec des espérances creuses. Sophocle Nous croyions le passé de la guerre dépassé… Nous prenions les bombes sur nos têtes déchirant femmes et enfants comme une image du mal figée, jaunie, depuis l’an 45… Nous pensions que la lutte armée et à mains nues contre l’envahisseur n’était désormais que pour des figurants au ciné… Nous ignorions que nous vivions l’ère de Damoclès dont le fil ténu allait casser… Nous avions arraché les pages des manuels d’Histoire et de Philosophie sur le Tragique : situation où l’individu prend douloureusement conscience d’un destin qui pèse sur sa vie, sa nature ou sa condition même … Nous avions ignoré que la probabilité d’une catastrophe est une réalité pour « paradoxalement retrouver le pouvoir subjectif d’y croire et d’agir contre elle »1 1 Frédéric Worms Revivre à propos de Pour un catastrophisme éclairé Jean-Pierre Dupuy (2002)
ECCE HOMO ses mots de Joie ses maux atroces
À écrire on s’expose décidément à l’excès. Henri Michaux Que c’était bien bon dieu Ces vaches de poèmes Écrits à la va vite Sur un bout de papier Une nappe de restau Ou l’écorce d’un chêne Enchaînés enrythmés Enlyrés et légèrement (pour rire) empapaoutés C’était vachement chouette La tournée des grands ducs Sur la page nocturne L’impro des normaliens de la rue d’Ulm, la turne de Queneau ou Tardieu Ces rémouleurs sublimes De rimes jouissives C’était (faut-il qu’il m’en souvienne) La Li-Bé-Ra-Tion C’était après la guerre (La seconde qui succéda Allez savoir pourquoi à la der-des-ders) Mais putain d’empire russe Avec son chien Poutine Aux babines sanglantes Voilà qu’ça recommence Fini de rigoler Il nous fait une Michaux Ces villes de loques Et son Ecce Homo Je n’ai pas vu l’homme répandant autour de lui l’heureuse conscience de la vie Mais j’ai vu l’homme comme un bon bimoteur de combat Répandant la terreur et les maux atroces Ecce homo (1943)
MALHEUREUX COMME L’UKRAINE
Notre joie d’exister dans cette Europe des démocraties en paix depuis 1945, soudain déchirée par l’impensable (oui c’était notre « impensé »), la guerre provoquée par un propagandiste du vieil empire russe, portée dans un pays que le tsar suicidaire détruit systématiquement et qui n’est plus qu’un mot désignant le malheur : l’Ukraine. Ma voix en vain se mêle à celles qui crient leur horreur de cette guerre Ma voix flotte doucement sur l’esprit perdu de la paix Ma voix inondée de tristesse de voir mourir un à un les citoyens de l’Ukraine Ma voix d’une oraison sans Dieu sur le corps éclaté des enfants défigurés Ma voix d’aveugle aux cheveux blancs qui déploie ces vers écrits par un mortel malheureux comme une pierre 13/03/2022

LES ARBRES ENFANTS
Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants Charles Baudelaire (Correspondances) Mathis mon petit-fils devint, à sa naissance (28/02/2016) un mimosa (jaune comme sur les toiles de Pierre Bonnard.) Alice, fille de mon autre fille (02/02/2022), est ce cerisier du Japon, qui montre déjà un mois après sa rituelle plantation, ces premières fleurs blanches. Les arbres des deux sœurs mères, mes filles bien-aimées, furent un pommier et un tilleul plantés dans un jardin d’Ariège dont je n’ai plus la clé. Ainsi sont les arbres de notre micro-histoire qui dans la forêt des fables et des symboles font entendre leurs paroles familières, éphémères couleurs d’éternité. Martigues 06/03/2022 sur les arbres il est un site de poésie et de peinture merveilleux https://eloge-de-l-arbre.over-blog.com/
