UNE VOIX CHERCHANT SA VOIE

hypnographies Dorio 06/07/2020




UNE VOIX CHERCHANT SA VOIE





Pour que les mots ne cognent dans le vide

Je m’abreuve aux sources créatrices

Diffuses dans les textes difficiles

Ceux qui résistent ceux qui se dérobent





Mots faisant notre humaine condition

Je les reprends les reprise les frotte

Aux différentes formes de ma vie





Une vie qui m’échappe sans emphase

Mais non sans essai de creuser ma voie

Juste une voix de tous et de personne

(dizain V)

une voix cherchant sa voie
tresse des voix
enregistrez le poème
envoyez-le à mon adresse
doriojeanjacques@gmail.com

et je le posterai ici
à la suite



 
la voix d’Estourelle

QUATRE DIZAINS





S’IL SE POUVAIT

S’il se pouvait…Silence sur la page

Puis peu à peu comme une pluie d’été

S’abandonner…   au babil de Babel





S’abandonner ? Paroles innocentes

Chacun qui écrit tant soit peu le sait
Du moins l’éprouve…Dans un grand désordre

Qui nous vient du corps…





Alors ça te parle ?

Toi qui lis Est-ce-que ceci te remue ?

S’il se pouvait…Silence sur la voie

Que tu es seul.e à pouvoir trouver





JE VOIS

Je vois, dis-tu, je vois, tu le répètes

On dirait que tu acquiesces, tu piges.

Mais ce que je disais l’as-tu saisi

ou est-ce un leurre ? On doit vérifier





Alors je recommence mon discours

Bon tu vois te dis-je quand je te parle

je puise dans le langage commun

entre les choses palpables, visibles,

et les mots entraînant nos confusions :

le corps, l’esprit, le vide, l’énergie.





Je vois, je vois, dis-tu, et nous partons

spontanément, d’un grand éclat de rire.





REPRISE DU TEMPS

Reprise du temps J’allume la lampe

après un premier somme Et j’écris

ceci (J’ai encore sept lignes à faire)

Mais j’ai tout mon temps c’est ma fantaisie





En attendant je lis et me relie

à un ami poète, langagier tous azimuts

et Pessoen bien sûr –sa dédicace

qui me fait la part belle – mais c’est mieux

pour parler de lui ou-disons-de nous





Voilà vous pouvez tout relire –Chut !





LE PETIT COMMERCE

Quand tu es seul avec qui fais-tu commerce ?

Commerce sont relations avec autrui

Mais l’autre ici, c’est toi, voix sans personne.





Tu lis ailleurs : le commerce vital

qui alimente nos petites vies.

Est-ce apocryphe ou vraiment écrit ?





Nos petites vies dans le sac à mots

Je parle au papier…mes idées j’entasse

Je ne corrige point…mes embrouillures

Tu pourrais toi aussi faire Essais

s’il se pouvait
je vois
reprise du temps
le petit commerce

(n’hésite pas lecteur lectrice de lire toi aussi

et d’ajouter à mes dizains ta voix

envoie l'enregistrement à 
doriojeanjacques@gmail.com
et je ferai le transfert sur le blog)
reprise du temps par Estourelle





PETITES VOILES ET GROS PORTEURS

danse des petites voiles
hypnographies
et texte tel quel
sur carnet kraft A6

Danse des petites voiles
Autour des gros porteurs
D'huiles aux essences noires

Je les regarde et je songe
aux focs
qui dans l'œil du poète
devenaient des colombes

Il est midi
l'heure des colibris
qui sucent les fleurs rouges
des bouches absentes

La mer s'étire
et disperse mes pensées

Les petites voiles forment à présent
Un décor ondoyant sur le sable

On entend une voix qui crie
Un enfant ou une mouette

Je remplis ma page
de signes syncopés




ÊTRE ÉTONNÉ

hypnographies 7×7

Être étonné. Une rareté. Une poursuite de lézards sur le mur du jardin. Un poème court lu dix fois et dix fois fermé. Et la onzième il s’ouvre sur un mot qui l’éclaire. La fourmi minuscule qui se promène sur mes deux pages ouvertes dont le titre est Égarements.

Être étonné. De cette langue insensée, puisée on ne sait où, et que l’on lance dans un cri ou le silence de la page. Échos, présents d’un siècle depuis longtemps passé.

Être étonné. Mon hamac qui se gonfle sous le mistral. La pointe très haute d’un if ou d’un cyprès. Et puis ces mots qui soudain me traversent, ceux d’un mystique carne y hueso.*

*en chair et en os

LES HÉRAUTS NOIRS ET LES ENFANTS DE LA TRIBU

les hérauts noirs que j’ai tracés à la diable
une page "tel quel"
sur carnet papier kraft
format A6

LES HÉRAUTS NOIRS

ET LES ENFANTS DE LA TRIBU





Hay golpes en la vida, tan fuertes…Yo no sé !

Serán talvez los potros de bárbaros Atilas

o los heraldos negros que nos manda la Muerte*

Cesar Vallejo (1892-1938)





Les hérauts noirs

que j’ai tracés à la diable

Me regardent

Un à un





Certains me tirent avec malice la barbe

Comme le faisaient quand on apparaissait

Les enfants de la tribu

De ce peuple Panaré

vivant en surplomb de l’Orénoque





D’autres plus hostiles

Me lancent des cailloux

Avec leurs frondes





Une troisième figure tresse

des paroles apaisantes

Pour endormir dans le hamac familial

Son bébé





Et puis une rumeur commence

Une voix conte le récit du début de la nuit

Disputes et rires se succèdent

Bruits de bouches et de langues

Où passent les animaux

Du mythe et du quotidien





Je deviens l’un d’entre eux

Mais je ne sais lequel





*On prend des coups dans la vie, si forts…Je ne sais !

Ils viennent portés par les chevaux de modernes Attila

Ou comme les Hérauts noirs Que Mort nous envoie





(ma traduction 03/07/2020 jjd)

une voix conte le récit du début de la nuit