COVID OU CORONA MOI JE LIS FANTÔMAS









Covid ou Corona le temps est à l’angoisse

Dans les bars plus un chat et dans les rues on s’masque

Opération survie moi je lis Lao Tseu

Plus on va loin moins on connaît

C’est le moment de pas bouger





Corona ou Covid je chine dans mon grenier

Mes Fantômas surgissent dans le silence

Robert le Diable allonge son ombre immense

Fantômas qui êtes aux cieux

Sauvez la poésie





Covid ou Corona moi je prends la tangente

dans les livres secrets que rien ne décourage

Je lis et fais ces vers mâchés

Par mille ans de poésie françoise

D’équerre ou de guingois





Ils passent…Nul ne les voit





citation Fantômas Ernst Moerman (1933)


	

PERSONNE N’EST CAPABLE DE SONNER LA FIN DE LA PANDÉMIE









Marianne Renoir Anna Karina Jean Luc Godard

Demandez le programme de Pierrot le Fou

Du peintre Auguste Renoir et de son fils Jean

Qui tourna Nana (1926) Bovary (1933) Toni (1935)

Qui se passe pendant la construction du pont

de chemin de fer qui enjambe le chenal de Caronte

aux Martigues où l’inconnu qui prose ces lignes habite 





C’est fou d’écrire ça non ? « C’est bien plus fou que ça »

dit une autre Marianne Renoir à Octave Milton

qui s’empresse de le transférer par conversion numérique

à son ancienne amante amie mentor Livia Colangeli*





Mais foin de Cinéma et de Littérature (tout le reste)

La cavalerie de l’armée du vers**

Passe et repasse sur ma page

Cette énergie engendrée par le rythme

et la rime de mille ans de poésie française

que plus personne à présent réellement ne lit





Personne pourtant ce n’est pas rien

C’est le héros de l’Odyssée

Complètement timbré

De vouloir revoir sa Pénélope Renoir

Après la Guerre de Troie

(Au fait a-t-elle bien eu lieu ?)





Et « personne » c’est le masque du Covid

notre actuelle tragicomédie

« Per Sonare » croit-on en vain

la fin de la pandémie





(à suivre)

*Lise Charles (La demoiselle à cœur ouvert) 2020

*Jacques Réda (Quel avenir pour la cavalerie ?

Une histoire naturelle du vers français) 2019






	

SALE TEMPS POUR LES GRENADIERS





Sale temps pour grenadiers et voltigeurs de vers

Grenadiers ?

Ceux et celles qui dégoupillèrent la parole

sur les murs de Mai 68 :

Je suis un minoritaire né. Les plus forts, je suis contre.





Voltigeurs ?

De nos affects et de nos émotions, mises en mots,

mis en maux, avec tous les charmes voués à la forme.





Du vers ?

Toujours en mouvement,

si l’on ne veut pas qu’il nous étouffe,

mais jamais ignorant nos phares dans la nuit,

de Marot à Hugo, de Verlaine à Valéry.





Ainsi du sale temps je n’en ai cure

Et du vers je parcours son champ illimité.

(Oublions ces deux vers empreints de gravité)





Sous les pavés ma plage, de sable et de graviers,

Il n’y a pas d’avant-garde, il n’y a que des gens en retard.





italiques Jacques Réda, Romain Gary, anonyme Mai 68.


	

UN VERS VOLAGE





Un vers volage me poursuit

Mais que dis-tu ? Mais que lis-tu ?

Alcools qui zonent dans ma nuit

Mélange détonant de Proust

et de Guillaume Apollinaire





Et puis je me transforme en ver

Confondant cheville et chenille

Un vers à soie un vers pour toi





Son avenir est incertain

À moins que tu le fasses tien