BRINS D’OISIVETÉ





« On n’est jamais poète, ni lecteur de poèmes, sans un brin d’oisiveté »

Paul Eluard





Oiseau oisif picorant Serena

« Sirène que mer hante

Dans la tempête chante »

Un vers d’une anthologie

qu’Eluard composa





En le récrivant ainsi

IX siècles bien après

Voilà Sirène femme-poisson

Reprenant sens et son





Brassens qui avait des lettres

La mit dans sa Supplique

Chantant dans la tempête

Pour que sur la Corniche

Son corps fut enterré





Philippe de Thaun

Poète médiéval

File la métaphore

Moins badin plus sérieux





C’est que à cette époque

Fallait à la fin des fins

Tirer tout vers Dieu

Sirène était la diable





Le poème dès lors

Se finit aujourd’hui

Pour nous les mécréants

En queue de poisson





Fallait oser l’écrire

MON PETIT-FILS ET LE CORONA





Mon petit-fils veut s’amuser

JJ i m’dit on cache-cache ?

On fait bagarre ? On joue au foute ?

Mon petit-fils veut que l’on fasse

Combat du rire nez à nez





Mais je peux pas papy est vieux

I veut pas attraper l’corona





Alors on joue par écrans interposés

On fait les pitres

On imite les singes et les oiseaux

Chant de la pie Roupie de sansonnet





À la guerre comme à la guerre

Mais on se languit que revienne la paix

ELLE S’EN FOUT LA MORT





Elle s’en fout la mort

De toutes vos prières

Surtout si vous y croyez





Elle s’en fiche bien vrai

De tous vos gestes en l’air

Comme si le ciel existait





Elle s’en moque la gueuse

De toutes vos insultes

Et de l’humour du condamné





Alors ami.e.s faut l’ignorer

Nonchalant d’elle

Elle viendra ? C’est son affaire

La nôtre c’est de vivre

Et pas à moitié !





italiques Michel de Montaigne

LES CHAMANES ET LE CORONA

LES CHAMANES ET LE CORONA

ON AURA TOUT ESSAYÉ





Quand je mourrai, puissé-je en plein travail partir !

                                               Ovide Amores





Je veux qu’on agisse, et qu’on allonge les offices de la vie tant qu’on peut, et que la mort me trouve plantant mes choux, mais nonchalant d’elle, et encore plus de mon jardin imparfait.

Michel de Montaigne





Les chamanes –hommes et femmes- contrairement à ce que croient ceux et celles qui ne les ont jamais croisés- savent des choses qui marchent ou qui ne marchent pas C’est à ça qu’on les reconnaît Devant la maladie les docteur.e.s de l’âme vont tout faire après avoir pris leurs informations dans le Monde Autre en agitant leur hochet en se faisant insuffler du peyotl qu’ils dégueulent tripes et boyaux Ils attendent le flash ils appellent tel ou tel dieu de leur panthéon naturel pour savoir quoi faire Mais les dieux i viennent ou i viennent pas C’est comme dans la crise du corona leur 15 est encombré Alors quand même sans message des Esprits de la forêt le chamane tente un dernier coup sa bouche fait entendre une vieille comptine où l’on plante les choux où l’on plume l’alouette c’est selon Et si leur malade meurt quand même son âme évanouie ils peuvent dire à l’assemblée qui se lamente vraiment mes frères de miel et mes sœurs de cendres on aura tout essayé


	

L’ART DE MOURIR





La mort n’y mord

Clément Marot





Tout ce mélange

des funérailles anciennes

et des convois mortuaires

interdits





Avril

les fils se rompent

à l’hôpital des peines

L’art de mourir des littératures

s’est mué en mort artificielle





Les morts ne sont plus là

pour dire leur parole dernière…





Même parlant sans rien dire

ou râlant encore un peu

dans le style pathétique

et futile

de leur souffle dernier