MOTS EN SABLIER
Prenez un mot
Prenez-en deux
Zéphyr Mystère
Anophèle Pharmacopée
Ciel et Terre
Mots dans la main
Faites tourner
Avec amour
Avec la mer
Imaginaire
Attentionnée
Et puis lancez
Et envoyez
Vos coups de dés
Primesautiers
Sur la page
Ainsi constellée
Et à la fin
Mots en noyau
Mots délivrés
Ouvrez les bans
L’heure a sonné
Et retournez
Votre sablier
SANS PRÉTENTION

manuscrit sur papier filtre à café
fond « mola » tissée
don de Michel Perrin ethnologue :
Tableaux Kuna (Arthaud)
*
SANS PRÉTENTION
Sans prétention. Mais non sans dynamisme. Sans tension. Mais non sans attention. Sans plan préétabli. Mais non sans materia prima sur l’établi. Sans prétexte. Mais non sans texte qui file sous les cinq doigts de la main. Sans signes. Mais non sans singes grammairiens. Sans savoir. Mais non sans saveurs des mémoires de l’oubli. Sans poésie. Mais avec cent poèmes appris et désappris. Sans prix à la foire des poètes couronnés. Mais non sans semences les clous du sabotier. Avec le rythme des saisons de mon petit jardin imparfait mais jouissif. Sans reconnaissance. Mais non sans pensées joyeuses qui font la sarabande. Sans fond en apparence. Mais non sans cette forme goutte à goutte qui fond sur un filtre à café. Sans accord. Mais non sans ces coups de raccrocs de rabots sur la planche du vide et du chaos.
LE CHEMIN DES ÉCOLIERS
LE CHEMIN DES ÉCOLIERS
Le garçon que j’étais m’interroge encore sur le chemin des écoliers.
Incessantes questions sur la voie de nos métamorphoses.
Soixante-dix ans après je n’ai pas de réponse.
*
Le chemin des écoliers
Le chemin des escaliers
D’où descend mon institutrice
La belle mariée
Les surprises du rideau de scène
Côté cour à la récré
Côté jardin de l’Éden
Le chemin de l’écailler
Les bulots les couteaux
Ouvrant les élèves fermés
Comme des huîtres
Il faut lire entre les lignes
Cette materia prima
Du chemin des écoliers
Oiseaux tombés du nid
Qui vont prendre leur envol
Ou qu’un ogre va croquer
POÈME EN GERME
Poème en germe
il suffit d'une page blanche
et de faire mouvement
avec les mots qui vont surgir
du sens et du non-sens
Poème écrit
sur l'ardoise des nuits
dans le va-et-vient
de la main qui trace
présences et absences
Confronté à cet espace imaginaire
où voyagent
ceux qui cherchent
leurs passages secrets
dans les sons des voix autres
et l'aura des poèmes réinventés
LA SAINTE VICTOIRE (impromptu)

Martigues plage de Ferrières
devant l’étang de Berre
7/09/2019
17h21
La Sainte Victoire
Pas le tableau
La vraie !
Enfin la vraie?
Façon de parler
Elle est là
à 25 kilomètres
à vol d’oiseau
animal bossu
au repos
Celui qui écrit
est face à elle
de l’autre côté
de l’étang de Berre
Il observe « la Sainte »
depuis une heure
et tout à l’heure
un petit nuage
est venu s’accrocher
à son flanc sud
Sur l’étang secoué par le mistral
il y a des goélands qui flottent
Voilà le tableau
la suite au prochain numéro