Je ne suis pas né au temps de l’invasion de la Sicile par les ours du cirque Buzzati
Je ne suis pas né de la reproduction sur un catalogue d’un tableau sur la nativité
Je ne suis pas né de madame la marquise celle qui sortit à 5 heures ou celle de Tout va très bien !
Je ne suis pas né d’un chapeau
Je ne suis pas né d’un cadavre exquis (encore heureux)
Je ne suis pas né de madame Bovary
Je ne suis pas né d’une bouteille à la mer lancée par le poète des Correspondances
Je suis né une nuit de mars 1945 45 jours avant la Libération
1945
« Chaque mémoire individuelle est un point de vue sur la mémoire collective ». Maurice Halbwachs
Je regarde la liste des copains et copines né.e.s comme ma pomme l’année de la Libération. Du 1° janvier au 31 décembre, ça fait pas mal de croix déjà qui illustrent leur deuxième date, la fatidique, celle où ils ont rejoint ad patres. J’avais fait une liste interminable que d’un clic j’envoie paître.
Que reste-t-il de mes rencontres ?
Une réelle, celle de Gérard Pierron chantant Gaston Couté dans une grange au festival d’Avignon, et qui m’a donné le virus ; j’ai toute l’œuvre écrite de Couté. Je vous livre ci-dessous une des chansons que j’ai mise en musique Le déraillement.
D’autres répétées souvent réitérées :
Dany Cohn-Bendit : « Une chanson de 68 Le rire de Dany Cohn-Bendit Faites l’amour pas la guerre faites sur les murs mille poèmes… » sur mon 1° CD. Un reportage plein de tendresse et de compréhension, sur la question impossible ; qu’est-ce être juif aujourd’hui ?(vu ce mois de juin 2020).
(Parenthèse : lire la sociologue Nathalie Heinich, qui donne, à mon goût, beaucoup de sens à la question : l’identité à l’épreuve de la judéité (in : ce que n’est pas l’identité.2018) et le remarquable et très touchant (on ne peut que pleurer par instants) : Une histoire de France. 2018)
Keith Jarret que je préfère écouter que voir sur Youtube se contorsionner.
Sylviane Agacinski, la philosophe, épouse de Lionel Jospin, durant la campagne malheureuse de 2002.
Elle fit à la suite un livre « assassin », notamment pour ce champion de la déconstruction, qui au premier tour « par mauvaise humeur » n’avait pas été voter :
« Je lis dans Libération que Jacques Derrida n’a pas voté au premier tour « par mauvaise humeur contre tous les candidats ». L’humeur donc, encore et toujours ! Elle revient sans cesse dans ce journal. Mais je ne pensais qu’elle pût être décisive un jour d’élections. Espérons au moins que le philosophe aura retrouvé sa bonne humeur au second tour, face aux candidats Chirac et le Pen. »
UN DICTIONNAIRE À PART MOIPatchwork in progressJean Jacques Dorio
Le déraillement paroles Gaston Couté musique et voix JJ Dorio
une page de signes et d’écritureles signes que je viens de tracer diction
« écrite ou non la parole est une musique de temps… » diction
1
Seule l’imagination, instrument de la veille généralisée, parce qu’elle ne connaît pas le sommeil, est capable de supporter, sans vouloir les contraindre, la variété sans limite des choses et des êtres, et leur correspondance, de rendre possible qu’ils constituent un monde.
François Roustang 1923-2016 (Hypnothérapeute)
Les signes que je viens de tracer en une minute ou deux, à 7 heures du matin avant mon lever…
Les signes me regardent comme autant d’autres en moi, d’autres facteurs venus m’apporter
le courrier du matin…
Et comme d’autres lectrices qui me ressemblent et me relancent en vibrations, résonances imaginatives,
écheveaux de la femme du héros errant de l’Odyssée.
Les signes que j’écris depuis 9 ans et chaque jour, comme en hypnose, où tout vient de la faculté né de longues pratiques, de savoir peu à peu lâcher les chevaux de nos cinq sens pour devenir capable « de supporter la variété sans limite des choses et des êtres …»
Hypnographies de mes identités jamais fixées mais sans cesse en mouvement…
Traversées comme autant de coups de plumes qui jamais n’aboliront l’extraordinaire hasard d’exister.
2
« Écrite ou non, la parole est une musique du temps et le temps nous presse de comprendre.»
Roger Judrin (1909-2000)
Mais si je suis parfois pressé de paroles et d’écritures qui font de confusion la marque, en revanche, pour « comprendre » ce qui est en train de passer, c’est une autre affaire, une autre paire de manches.
C’est le long cours d’une vie de doutes et de questions sans réponses immédiates…
Ce sont par essais successifs faire le tour des énigmes en proposant plusieurs voies d’entrées…
en laissant le corps flotter vers ces dimensions d’inconnu et d’étonnement qui sont en nous le plus souvent ignorées…
Quelquefois un mot vient puis un autre…
Mais ce n’est qu’à la sortie, après notre dernier soupir, comme disait je ne sais plus quel ancien,
que d’autres que nous, s’ils le souhaitent et en ont les capacités, feront le conte de nos essais, pertes certaines, profits légers…