UNE DIMENSION INCONNUE DU VERBE

Je voudrais et j’essaie toujours de circuler en aveugle éveillé à travers les miroirs du monde qui m’entoure pour faire circuler cette dimension inconnue du verbe : L’écriture m’a toujours ravi.e parce qu’elle me permet de formuler ce à quoi, si j’étais resté.e à bâiller aux corneilles, je n’aurais jamais pensé

Je comprends que beaucoup d’écrivains en herbe ou à la tête chenue abandonnent la partie

Ils n’ont pas trouvé leur principe dit l’un

Ils n’adhèrent pas totalement à ce qu’ils font se laissant happer par la rumeur du monde dit l’autre

Ils écrivent pour être lus dit un troisième qui ajoute que cette éjaculation collective de l’écriture tourne à l’apocalypse

Un poète du XVIe se qualifiait avec humour de banny de liesse

Être unique à ses yeux dans son verbe son identité imaginative est la seule clé qui vaille pour continuer

Unique c’est à dire singulier, seul à subir  les coups durs de la vie ou à jouir des épiphanies du quotidien

Unique c’est à dire reconnaissant aux chercheurs inassouvis, artisans de la langue compte tenu des circonstances

Ce patchwork par exemple s’est passé de motifs

C’est celui d’un voyageur dans une cité inconnue qui croyait faire un voyage plus ou moins préparé

Mais c’est le voyage avec ses aléas qui va me faire voyageur ailé ou me défaire éternel insatisfait

C’est ainsi que je me comprends et suis stimulé par la conclusion du livre d’Albert Camus revisitant le mythe grec  : Il faut imaginer Sisyphe heureux

Copenhague 19 mai 2025

LA MORT LE VIDE LA FÊTE

Susciter des attentes

Promettre une image juste

Juste une image

Sur « la mort » :

Un peu profond ruisseau calomnié

Sur « le vide »

Je ne bouge pas

Ma respiration s’apaise

Une plénitude m’envahit

À partir du vide

Je crée du viable

Que diable !

Posté depuis Copenhague la ville où les enfants dans les rues les  parcs les châteaux les canaux et le site unique de manèges en fête de Tivoli sont Reines et Rois

dimanche 18 mai 2025

PREMIER JOUR À COPENHAGUE

J’écris sous une lune gibbeuse décroissante deux ou trois choses vues dans la capitale danoise

D’abord ma fascination pour les bandes de cyclistes qui tôt le matin et jusqu’au soir sillonnent la ville à toute berzingue. Mais en respectant scrupuleusement les feux.

Au parc Orsted un des rares endroits de la ville vallonné j’ai vu des enfants exultant en pratiquant le roulebarrique de ma lointaine enfance

Tout à côté la grande place Israël plads sur le plan était envahie de centaines d’ados filles et garçons jouant à divers jeux de balles

Jusqu’au moment où sous mes yeux j’ai vu une jeune prof battre le rappel d’un petit groupe de collégiens pour leur faire faire un exercice où l’un après l’autre ils sautaient dans les carreaux dessinés sur le sol

Elle ponctuait chaque saut par ya ya ya jusqu’au com qui les éliminait

(la suite au prochain post)

Copenhague 17 mai 2025

PRATIQUE DE LA POÉSIE

Entièrement absorbé par le geste d’écriture d’un poème

Oubliant les affaires qui m’ont accaparé toute la journée

La pratique de la poésie a l’avantage de m’imposer une discipline :

Compte tenu des mots

Du parti pris des choses

La poésie – contrairement à ses doux rêveurs qui la déservent – vise un but pratique

Dans un monde lourd, bruyant du braiement des ânes, maintenir la persévérance d’une voix discrète, légère, un frisson d’eau sur de la mousse.

Copenhague 16 mai 2025