Jean Jacques Dorio


commande du CD 15 euros uniquement chez l'auteur JJ Dorio 9 rue de la Bergeronnette 13500 Martigues
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour


commande du CD 15 euros uniquement chez l'auteur JJ Dorio 9 rue de la Bergeronnette 13500 Martigues
Le cœur joyeux dans la défaite
Comme dans la fête
Souvent, nos maîtres nous enseignent à serrer les poings pour gagner,
rarement ils nous apprennent à perdre,
ou plutôt à rendre à l’universel ce qui lui appartient,
à l’image d’Épictète, le cœur joyeux dans la défaite comme dans la fête.
Chantal Jacquet
Dans le château de Barbe Bleu
Sous les pas du cheval d’Henri IV
Sur le champ de bataille de Waterloo
Au chemin des dames rouge de nos morts
Dans le fond d’un Sahara brumeux
À la Bastille
Sur l’île des Rêveries
Sur le chemin des indiens morts
Sur la promenade des Anglais
Sur les quais de Palos de la Frontera
Au cœur des mots
germes de vie
aube croissante
Sur l’écume des jours
et les soirs de demi-brume à Londres
Sous le mur de Berlin
Avec Bach et Mstislav Rostropovitch
Dans l’enfer de Dante
et à Dachau
chez l’ogre des Petits Poucets
Chez les dieux de l’Olympe
Sur la bateau de Panurge
et dans l’Isle Sonnante
En poussant la roue à aubes
des Grands Matinaux
Au cœur des Utopies sanglantes du XX° siècle
À la Kolyma
avec le poète Osip Mandelstam
Dans l’antre du Cyclope
Les prisons de François Villon
de Clément Marot
et de Théophile
Dans l’Atelier de Picasso
sueños y mentiras de Franco
Dans les livres de haute graisse
Et sur les murs fantastiques de la casa del Sordo
Sur l’herbe de tous les déjeuners
le flot du sourcelet
l’ache et le serpolet
Sur les parois du Mas d’Azil
et les empreintes de Lascaux
Dans le hamac de palmes tressées
par les indiens Panaré
Sur la barque des morts de Pharaon
Sur l’Arize et sur l’Achéron
Sur un accord de piano
de Thélonius Monk
À l’asile des fous de Rodez
Sur l’aviron de Cambridge
et sous le pont des mathématiciens
Sur les toits de Manosque
et ceux du cimetière marin
Sur le maître du silence
et le rire inextinguible des enfants
Sur l’énergie du vide
et la bonne imagination
Sur les fleurs rouies
et les fêtes de Fraternité
Dans un champ de l’Ariège
où passent de toute éternité
Mascaret et Mulet
Tirant la charrue d’or
Des vers et des boustrophédons
Pour la plus grande joie
Des oiseaux sautillant
Au Paradis des Éphémères
un poème n’est jamais seul un poème peut en cacher un autre un poème popo aime clément marot la mort n’y mord
un poème est toujours inédit un poème d’attaque comme un solo de Trane un poème guilleret est un poème de belle lurette
un poème naît d’un étonnement et meurt sans royauté aucune aussi indigent qu’un fossoyeur* *Hubert Haddad
un poème sans poésie se perd dans la prose du monde un poème en forme de cœur est une marque déposée par un certain Kostrowitzky un poème au grand cœur quand il a fait sa vie dort son sommeil sous une humble pelouse* *Baudelaire
un poème pour les médias c’est rien de rien de rien de rien c’est comme Pluton la planète oubliée c’est (pardonnez ma langue verte) le trou du cul du système solaire* *Joachim Montessino
un poème à la fin des fins se retourne comme un gant sur l’inconnu
MISTRAL
C’est Mistral – le vent pas le bonhomme – Qui écrit ce soir Mon poème
Pas un nuage – ni amoureux ni en pantalon – Pas un langage – qui prendrait feu –
Mais sur vélin Pur chiffon d’Arches Cette pelote de mots
Elle va de ci de là Sur la pelouse de poussière Balandrín Balandran
Frêle chant Ciel de cendres Balandran Balandrín
Pour nos morts Et pour les Égarés
Ce peu qui va et qui persiste
Au carrefour de nos épreuves
Qui de l’obscur aime à tirer
La clarté
Pouvoir d’agir Métaphore vive
Tout ce qui nous donne la capacité
De dire
– à contre-courant des clichés –
La beauté tragique d’un monde
Qu’il faut chercher à réinventer
C’est icy un livre de bonne foy, lecteur.
Les Essais de Montaigne
Je n’aurai jamais le temps de me prendre au sérieux
Ni – rassurez-vous –de me pendre au réverbère
Je n’aurai jamais le temps de lire tous les livres qui m’entourent
Mais chacune de leur page qui me renouvelle me fait oublier
La peur de ne pas parvenir au bout du voyage
Je n’aurai jamais le temps de réparer toutes les pièces qui me constituent
Mais j’aurai ouvert mes lignes à ce lecteur de bonne foi :
Il ne sait rien au juste mais son énergie en mouvement réside
dans le transport du corps de l’esprit et des sens
« Ayant l’expansion des choses infinies
[…] Qui chantent les transports de l’esprit et des sens »
Baudelaire (Correspondances)