VOUS Y DANSIEZ PETITE FILLE

agenda du 25 au 21/01/2021
la main amie écrit




Lundi 25/01/2021

7h39     Comment parler d’une journée qui ne fait que commencer. En lui faisant ce geste d’une écriture barrière. En le qualifiant de chimère. En l’imaginant dans ce lieu de nulle part que l’on nomme utopie. Ce sera une journée Utopia.    7h43

Mardi 26/01/2021

6h58        ajouter : s’ajouter, étymologie d’ «auteur ». Mallarmé (l’obscur), éclaira sa plume de quelques « vers de circonstances », envoyés à ses amis, amies et familiers. Leur nom et adresse servaient de matrice aux poèmes. Ici la circonstance est cette petite musique de prose, copiée avec soin sur un agenda, comme une partition, offerte chaque dimanche aux passagers discrets, du blog « poésie mode d’emploi », qui embarquent en un clic dans l’arche des jours qui fuient.     7h09

Mercredi 27/01/2021

7h53  « Il était une fois…et il n’était pas ». Formule rituelle, ouvrant les contes majorquins. Je ne crois pas vraiment à ce que tu me contes…mais quand même, un peu.      7h54

Jeudi 28/01/2021  

7h15         Hasard objectif. Un groupe d’instituteurs/trices, de professeurs, prend l’avion pour La Havane. (isla de Cuba) pendant le vol une belle brune (son nom était Bruno), vient, souriante, me demander d’échanger nos places, pour se retrouver avec ses amies martégales, qui par hasard, sont à mes côtés. Oui, évidemment. (Je lui rends son sourire) Au retour, nous voyageons côte à côte avec « ma belle ». Le voyage va durer, continûment, 36 ans. Seule, la sale maladie, va clore ses paupières et notre rencontre dont « Hasard Objectif » nous fit don. 7h22

Vendredi 29/01/2021

7h51  « Toute la variété, tout le charme, toute la beauté de la vie, ne sont qu’un mélange de lumière et d’ombre. » (6x3x8x12 syllabes). Me voilà pour la première fois (et la dernière) de ma vie, flottant dans le grand fleuve Tolstoï, avec l’aide d’Anna Arkadiévna plus connue sous le nom titre du roman : Anna Karénine.     7h53

Samedi 30/01/2021

7h46     La lune toute ronde, un peu voilée, finit, à l’ouest, son voyage nocturne. Je sors d’un rêve cauchemar. Mon ami M. m’annonçait au téléphone qu’il venait d’apprendre le suicide de mon ami T. « Il s’est tiré un coup de fusil »…comme Ernest Hemingway. (« Ne te demande pour qui sonne le glas, il sonne pour toi)

Dimanche 31/01/2021

7h20   Je vois un poème qui tourne à vide. (l’obsession d’une certaine « modernité ») Mais le travail sur la forme, paradoxalement, apaise. Je vois ces quatre lignes qui terminent la semaine. « Quand donc finira la semaine ? » se demande Apollinaire pour son poème que j’aime le plus. « Vous y dansiez petite fille Y danserez-vous mère grand C’est la maclotte qui sautille Toutes les cloches sonneront Quand donc reviendrez-vous Marie ? »

POÈME DU BON DÉSORDRE





Je laisse aller la plume au bon désordre

Comme un livre feuilleté au hasard

Dont on prélève de vives lueurs

Ou d’obscures métaphores





Je laisse aller selon l’imprévisible

mouvement de la main, du pinceau,

cet exercice ouvrant le pas aux rêves

dont nous sommes faits (et parfois refaits)





Je laisse aller… et je retiens

Ici où l’attention à az-zahr est première

Dé à jouer entre les lignes

D’une poésie à l’état pur





29/01/2021

je laisse aller selon l’imprévisible / mouvement de la main du pinceau

PAR HASARD OBJECTIF

voix




Par hasard objectif je rencontre l’ardoise

Qui tombe du toit et m’invite

A écrire un poème

Une femme s’y mire

Comme dans un miroir secret





Par hasard objectif

Je l’appelle Nadja et aussi Fortuna

Demandez-vous pourquoi





Le poème m’éprouve et me secoue les puces :

Ce monde qui paraît mort

À toute nouvelle révélation

Par hasard (objectif)

Monsieur le Poète

Pourriez-vous le réenchanter ?





28/01/2021

L’ARC ET LA FLÈCHE

agenda du 18 au 24/01/2021




Lundi 18/01/2021

6h21     Mélanges. Les livres lus, avant de fermer la lumière et les yeux pour (essayer) de dormir, se mélangent dans la tête. Là, je rencontre un Espagnol qui me dit s’appeler « Avion »(sic). Je lui indique les toilettes, je vois sur la porte « Cabineto », ce mot qui n’existe pas. Le livre de chevet de Molina, « Un andar solitario entre la gente », me travaille.       6h33

Mardi 19/01/2021

7h10      En 2 clics de souris, j’ai obtenu un rdv pour me faire vacciner à Aix en Provence…demain ! Je suis allé repérer les lieux hier, c’est au-delà du pont de l’Arc. (El arco y la flecha » Octavio Paz. (la « flecha » c’est « la lira », la lyre d’Orphée)       7h12

Mercredi 20/01/2021

7h40    Question au réveil : « Quels sont les aléas du hasard ? », traitée par Etienne Klein, dont je me plais à écouter « La conversation scientifique » sur F.Cul(ture). Az-ahar : le dé à jouer (et ses probabilités). Ainsi, on peut relire d’une curieuse manière le fameux titre de Mallarmé : Un coup de dé jamais n’abolira…le jeu de dés. Ou encore, se laisser porter par les parfums del azahar, la fleur d’oranger dans la langue de Lorca.        7h48

Jeudi 21/01/2021

6h45      À 18h05, j’ai eu ma première injection du vaccin Pfizer/BioNTech, dans un grand gymnase où joue l’équipe locale de volley. Nul stress. Organisation impeccable et aimable. Deuxième injection prévue pour le 17/02. Croisons les doigts.     6h47

Vendredi 22/01/2021

11h57   Travaux de bureautique. J’avais perdu l’ouverture de Word, et donc l’accès à mes centaines (pour ne pas dire milliers) de textes, semés ici et là, qui me sollicitent et que je reprends, reprise, pour les améliorer…ou les éliminer. J’ai galéré, essayé, cherché…et à force trouvé l’ouverture. Comme aux U.S. où après le calamiteux Trump,  tyran de la télé-irréalité, Biden le nouveau Président, Kamala sa Vice-Présidente et leurs ministres appuient sur la touche Reset, pour la Renaissance d’une démocratie américaine que leur prédécesseur a laissé en lambeaux.        12h01

Samedi 23/01/2021

7h12      J’entends le souffle rassurant du convecteur que je fais osciller entre 18 et 20 degrés. Je suis en train d’essayer de lire Chronos de l’historien François Hartog. Pas simple, mais je persévère. Après la triade grecque, Chronos/Kairos/Krisis, voilà venu le temps impulsé par « la petite secte d’un Christ Apocalypticien ». Tout un programme.              7h16

Samedi 24/01/2021

8h53      « Roulant des pensers qu’on ignore », ce vers de Banville, chanté par Brassens. (une autre ballade de « pendus », mais cette fois du roi Lou-is). « Pensers » qui tournent quand  nos rêves « prenant la main », on ne sait plus bien qui l’on est, d’où l’on vient. Je revois la tapisserie de Bayeux (une broderie sur toile de lin avec des laines multicolores), avec son bestiaire fabuleux, ses soldats « taillés en pièce » ou « fléchés dans l’œil », ses navires et vaisseaux à l’assaut de l’Angleterre et l’œil de la comète de Halley, qui « promena » dans le ciel du 24 avril au 1° mai 1066.           8h58


	

TU ME LLAMAS

Tu m’appelles Une flamme mordorée
Tu m'appelles

Tu es une flamme mordorée
comme on dit du bel oiseau
qui rend fou ses chasseurs

Tu es une flamme follette
qui va de tombe en tombe
au crépuscule des dieux
et des déesses travesties
en danseuses de tango

Tu me llamas

Une flamme de mémoire
dont tu éclaires mon poème
jusqu'au noir de mon sang
qui écrit ce dernier vers



une voix pour dire tu me llamas