SI ON NE SAIT Y RÉPONDRE ON PEUT ZAPPER CET ÉCRIT

on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse :
 affirmés puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure…

Roland Barthes


le cri l’écrit
sur le papier
et dans la nuit

le cran l’écran
ça va cranter
dit le mécréant

tout en créant
cette variation
digne de Rabelais

de Perec de Queneau
et de tous les dicos
d’onomatopées

c’est du blabla
mais c’est d’un clic
que dame souris

envoie cet écrit
apparaître sur l’écran
énigmatiquement

UNE BÊTE NOMMÉE ÉCRITURE





C’est ça la bête nommée écriture…qui démarre en flashback et se retrouve à My-Ly ou à Oradour…égorgée, fusillée, cramée à vif…par la gent militaire…

La gent trotte-menu ces souris inventées par le bon La Fontaine…

D’un côté la grosse bête Barbarie…de l’autre la vie comme des Fables…dédiées à Madame de Montespan…une belle marquise dit-on…

Non pas celle moquée par le penseur-poète Valéry…la marquise sortit à cinq heures…

A los cinco de la tarde…à cinq heures du soir…quand le maestro cueilli par le bicho– la bête à cornes- dans l’arène sanglante agonise…

Le ciel est par-dessus le toit…écrit Verlaine bon prisonnier…poésie apprise jadis naguère…par un petit paysan de l’Ariège…encore un flache baque..

Si je désire une eau d’Europe…c’est la flache…petit bain rimbaldien d’un enfant accroupi qui lance son bâteau frêle…né de la dernière pluie

Bâteau ivre Bâteau livre…et tout le reste est littérature





hypnographies série 8/8

VOUS VOUS SOUVENEZ DE MONSIEUR MONSIEUR ?





– Vous vous souvenez de Monsieur Monsieur ?

– Et comment ! J’étais l’un des deux.

– Mais lequel ?

– Mais toujours l’Autre, le Monsieur qui riait dans sa barbe.

– Vous vous moquez ?

– Mais pas du tout cher monsieur

Relisez votre pièce avec plus de sérieux.

– Hélas Monsieur Monsieur

Il y a longtemps que les souris l’ont rongée.

– Ça c’est du La Fontaine :

On a souvent besoin

d’un plus petit monsieur

Que soi.





MONSIEUR MONSIEUR sont des dialogues de Jean Tardieu

L’ARC ET LA FLÈCHE

agenda du 18 au 24/01/2021




Lundi 18/01/2021

6h21     Mélanges. Les livres lus, avant de fermer la lumière et les yeux pour (essayer) de dormir, se mélangent dans la tête. Là, je rencontre un Espagnol qui me dit s’appeler « Avion »(sic). Je lui indique les toilettes, je vois sur la porte « Cabineto », ce mot qui n’existe pas. Le livre de chevet de Molina, « Un andar solitario entre la gente », me travaille.       6h33

Mardi 19/01/2021

7h10      En 2 clics de souris, j’ai obtenu un rdv pour me faire vacciner à Aix en Provence…demain ! Je suis allé repérer les lieux hier, c’est au-delà du pont de l’Arc. (El arco y la flecha » Octavio Paz. (la « flecha » c’est « la lira », la lyre d’Orphée)       7h12

Mercredi 20/01/2021

7h40    Question au réveil : « Quels sont les aléas du hasard ? », traitée par Etienne Klein, dont je me plais à écouter « La conversation scientifique » sur F.Cul(ture). Az-ahar : le dé à jouer (et ses probabilités). Ainsi, on peut relire d’une curieuse manière le fameux titre de Mallarmé : Un coup de dé jamais n’abolira…le jeu de dés. Ou encore, se laisser porter par les parfums del azahar, la fleur d’oranger dans la langue de Lorca.        7h48

Jeudi 21/01/2021

6h45      À 18h05, j’ai eu ma première injection du vaccin Pfizer/BioNTech, dans un grand gymnase où joue l’équipe locale de volley. Nul stress. Organisation impeccable et aimable. Deuxième injection prévue pour le 17/02. Croisons les doigts.     6h47

Vendredi 22/01/2021

11h57   Travaux de bureautique. J’avais perdu l’ouverture de Word, et donc l’accès à mes centaines (pour ne pas dire milliers) de textes, semés ici et là, qui me sollicitent et que je reprends, reprise, pour les améliorer…ou les éliminer. J’ai galéré, essayé, cherché…et à force trouvé l’ouverture. Comme aux U.S. où après le calamiteux Trump,  tyran de la télé-irréalité, Biden le nouveau Président, Kamala sa Vice-Présidente et leurs ministres appuient sur la touche Reset, pour la Renaissance d’une démocratie américaine que leur prédécesseur a laissé en lambeaux.        12h01

Samedi 23/01/2021

7h12      J’entends le souffle rassurant du convecteur que je fais osciller entre 18 et 20 degrés. Je suis en train d’essayer de lire Chronos de l’historien François Hartog. Pas simple, mais je persévère. Après la triade grecque, Chronos/Kairos/Krisis, voilà venu le temps impulsé par « la petite secte d’un Christ Apocalypticien ». Tout un programme.              7h16

Samedi 24/01/2021

8h53      « Roulant des pensers qu’on ignore », ce vers de Banville, chanté par Brassens. (une autre ballade de « pendus », mais cette fois du roi Lou-is). « Pensers » qui tournent quand  nos rêves « prenant la main », on ne sait plus bien qui l’on est, d’où l’on vient. Je revois la tapisserie de Bayeux (une broderie sur toile de lin avec des laines multicolores), avec son bestiaire fabuleux, ses soldats « taillés en pièce » ou « fléchés dans l’œil », ses navires et vaisseaux à l’assaut de l’Angleterre et l’œil de la comète de Halley, qui « promena » dans le ciel du 24 avril au 1° mai 1066.           8h58


	

POÉSIES ENFANTINES





J’ai tendu une corde de clocher en clocher,

et je danse.

Mon maître d’école avait inscrit la phrase

sur une banderole

qui flottait sur nos têtes.





Moi, quand je fus instituteur,

je remplaçai le danseur de corde

par Moi dans l’arbre





T’es fou tire pas !

C’est pas des corbeaux

C’est mes souliers

Je dors parfois dans les arbres





Ha!ha! On en a fait des lectures et des variations

sur ce dormeur dans son arbre





Comme « le paresseux » accroché au palmier,

au milieu d’une cour d’école de Caracas

où j’enseignais le français à de jeunes enfants.





Des infantes plutôt, des fillettes à l’esprit vif et sautillant.

-Profé ! profé ! comment dit-on « pereza » en français ?

– On dit « paresseux ».





Dame souris trotte Rose dans les rayons bleus

Dame souris trotte : debout paresseux !





italiques : vous devriez trouver le duo, première et dernière citation,

poètes majeurs, comme on dit, de notre panthéon poétique.

Quant à « Moi dans l’arbre ! »,

chapeau ! si vous connaissez son auteur

profond et facétieux.