SIXIÈME ANNÉE POUR MA BELLE ENDORMIE

J'aimerais t'écrire quelque chose d'inédit
Une ruse un pas de côté
Comme font les poètes
Quand ils accouchent sur le papier
D'un rêve que nul n'a jamais fait

Mais l'horizon recule toujours plus
D'année en année
Aussi en cachette pour que personne ne me voit
J'ai posé les chiffres de la multiplication
Avec ses retenues
Comme je te vois encore le faire
Certain soir
Où tu imaginais des problèmes
Pour tes élèves

Ça fait exactement
Deux mille cent quatre-vingt-dix jours
Que tu as eu la ridicule idée
De nous quitter

25 mai 2020

Demain dès l’aube
un enregistrement brut
pour un chant improvisé
en hommage à ma belle endormie
01/12/2017 8h53
Demain dès l’aube
une autre version
de ce poème sublime de simplicité
de Victor Hugo
plus actuel que jamais

26/11/2017 14h32

(si j’enregistre le titre en studio un jour
quelle version préférez-vous ?)




version 3
un bouquet de houx vert
et de bruyère en fleur
17/11/2017 20h39

LETTRE UN PEU LESTE PRISE AU COLLET





Réponse de Louise à la lettre de Gustave

du 24 janvier 1854

Aux Martigues

04/04/2020

nuit de samedi 4h





Mon cher Gus

Tes phrases me grisent

Elles illustrent à merveille

Ton psychologico

Caca nerveux





Et ton pucelage

Qui dis-tu

Ouvre à tout vent

La reproduction

De ta future œuvre

M’a faite trépignée

De rage endiablée





Du coup je suis allée

Tout de go

Au zoo

Du jardin d’acclimatation

Donner quelques feuilles

De Bovary

Aux grands singes

Et aux ouistitis





Au retour sur ma table

J’ai pris mon stylo bic

Et composé une chanson

Avec les meilleures

De tes rogations





La fille du Bédouin

Le citoyen Machin

Et la Louise collée

Au faux blair

De Flaubert





C’est le refrain

Que nous chanterons

Sans freins

Rue de Sèvres

Quand sorti de ta mouise

Tu pourras de vive voix

La voile enflée

Achever ta besogne





Ta Louise





COMPLÉMENTS

Extraits de la lettre de Gustave Flaubert à Louise Collet

Croisset 23 janvier 1854 Nuit de lundi 1h

J’ai passé deux exécrables journées, samedi et hier. il m’a été impossible d’écrire une ligne. Ce que j’ai juré, et gâché de papier et trépigné de rage, est impossible à savoir. J’avais à faire un passage psychologico-nerveux des plus déliés, et je me perdais continuellement dans les métaphores, au lieu de préciser les faits. Ce livre, qui n’est qu’en style, a pr danger perpétu continuel le style même. La phrase me grise et je perds de vue l’idée. L’univers entier me sifflerait aux oreilles, que je ne serais pas plus enragé abîmé de honte que je ne le suis, qqfois. Qui n’a senti de ces impuissances, où il semble que votre cervelle se dissout comme un paquet de linges pourris ! – & puis le vent resouffle, la voile s’enfle. ce soir, en une heure, j’ai écrit toute une demi-page. Je l’aurais peut-être achevée, si je n’eusse entendu sonner l’heure & pensé à toi.

Quant à ton Journal, je n’ai nullement défendu à B. [Bouilhet] d’y collaborer. Mais je crois seulement : que lui, inconnu, débutant, ayant sa réputation à ménager, son nom à faire valoir, & mousser, il aurait tort de donner maintenant des vers à un petit journal. cela ne lui rapporterait ni honneur, ni profit. et je ne vois pas en quoi cela te rendrait service, puisque vous avez le droit de prendre de droite & de gauche ce qui vous plaît. – Pour ce qui est de moi : tu me comprends que je n’écrirai pas plus dans celui-là que dans un autre. à quoi bon ? & en quoi cela m’avancerait-il ? S’il faut (quand je serai à Paris) t’expédier des articles pr t’obliger, de gd cœur. Mais quant à signer, non. Voilà vingt ans que je garde mon pucelage. – Le public l’aura tout entier & d’un seul coup, ou pas. D’ici là, je le soigne. Je suis bien décidé d’ailleurs à n’écrire par la suite dans aucun journal fût-ce même la R. des Deux M.  [Revue des Deux Mondes], si on me le proposait. Je ne veux ne faire partie de rien, n’être membre d’aucune académie, d’aucune corporation, ni association quelconque. Je hais le troupeau, la règle & le niveau. Bédouin, tant qu’il vous plaira. citoyen, jamais. J’aurai même gd soin, dût-il m’en coûter cher, de mettre à la première page de mes livres que « la reproduction en est permise », pr afin qu’on voie bien que je ne suis pas de la Société des gens de lettres – car j’en renie le titre, d’avance, & je prendrais vis-à-vis de mon concierge plutôt celui de négociant ou de chasublier. – Ah ! ah ! je n’aurai pas tourné dans ma cage pendant un quart de siècle, et avec plus d’aspirations à la liberté que les tigres du Jardin des Plantes, pour m’atteler ensuite à un omnibus et marcher trottiner d’un pas tranquille sur le macadam commun –Non, non – Je crèverai dans mon coin, comme un ours galeux. – Ou bien l’on se dérangera pr voir l’ours. – Il y a une chose toute nouvelle & charmante à faire dans ton J. [Journal], une chose qui peut être presque une création littéraire, & à quoi tu ne penses pas, c’est l’article mode. Je t’expliquerai ce que je veux dire dans ma prochaine. Il me reste à peine assez de place pour te dire que ton G. t’embrasse.





ILLUSTRATIONS

Fac-similé

Lettres de Gustave 23/01/1854

Réponse de Louise 04/04/2020

(brouillon de culture)

Gus Flaubert
23/01/1854
1 h du mat
Louise Collet
pcc Jean Jacques Dorio
04/04/2020
4H DU MAT
Flaubert à 50 ans
photographié par Nadar
fac-similés :
enveloppe et signature autographe
du maître romancier

UNE LETTRE QUI N’A RIEN D’UNE MACHINE ÉCRIVANTE





Les Martigues                                                                                                 Coupet

30 mars 2020                                                                                            30 novembre 1794





« J’ai besoin que vous m’aimiez ». Si c’était phrase n’était pas écrite, ainsi, vers la fin de la lettre, on ne serait pas si sûr, de ce besoin d’amour.

Je la lis en aveugle, ignorant le nom de l’auteure. Car c’est une femme, mais, curieusement une seule phrase l’atteste : « Ah ! suis-je destinée à ce bonheur ». Sans ce petit « e », on n’en serait pas si sûr. Oui, l’identité de celle qui s’adresse au comte Adolphe Ribbing, flotte.

Entre le côté, je me livre à toi : « Te revoir, te revoir ! » et la face, disons, c’est le mot qui me vient, emberlificotée. On a même l’impression à certains passages qu’il y a un tiers qui s’immisce entre l’épistolière, qui ne paraît pas être son amante, et le destinataire.

Bon, mais quel intérêt me direz-vous de lire, plus de deux siècles après, cette « machine écrivante », cette expression plagiat anticipé de nos auteurs des années de braise du structuralisme, est en effet venue sous la plume de cette écrivante qui l’a en plus, se rendant compte peut-être de son effet d’hapax, soulignée.

Quel intérêt ? Eh bien celui de s’attacher à cet écrit unique, depuis un lieu dont on ignore la situation sur une carte de France, cet écrit vibrant d’existence.

Car, soudain, à force de patience et de s’obliger à ne pas « tourner la page », nous voilà pris au piège de cette humanité qui se dégage de l’ensemble, les mots, les lignes et la graphie.

Cette « madame » semble, par ailleurs, être reconnue pour ses talents d’écriture. Une écrivaine ?

Mais sa lettre tendre et inquiète, qu’elle adresse à celui qu’elle désigne d’emblée comme se moquant «  de toutes ses funestes colères », sa lettre sans retenue, avouant ses faiblesses et le besoin insensé d’avoir quelqu’un de sûr sur qui s’appuyer, « je veux un guide », cette lettre se veut au-delà de cette « littérature qui me distingue »…

(la fin de ma page en A4 interrompt mon propos)





EXTRAITS

Tu as bien raison, mon unique ami, mon angélique Adolphe, de te moquer de toutes mes furieuses colères.

…Te revoir, te revoir ! Ah ! suis-je destinée à ce bonheur ? Mon sang s’arrête dans mes veines quand mon imagination si souvent funeste s’essaie un moment à me représenter que mon Adolphe ouvrirait la porte d’une chambre où je serais, que ce visage céleste éclairerait tout ce qui m’environne, qu’il serait là.

…Peux-tu être assez ridicule pour me demander de ne pas transformer mon ami en machine écrivante ?

Je t’abandonne bien toute cette littérature qui me distingue et je consens qu’Achille ne soit point Homère. Mais est-il une machine quand il écrit à son amie ? Mais est-ce un supplice pour lui de consacrer deux heures par semaine à lui éviter une grande peine, à lui donner un suprême bonheur ?

…J’ai besoin que vous m’aimiez ; toutes les preuves m’en sont nécessaires. Mais sous aucun autre rapport je ne veux influer sur vous, je veux un guide, loin d’en servir, et, parmi les mille et un motifs de ma tendresse pour vous, je compte cette fermeté de caractère sur lequel il me sera doux de m’appuyer.





QUI SUIS-JE ?

Maintenant je sais quel est le nom de l’épistolière et qui était Adolphe Ribbing ?

Essayez, vous aussi de la découvrir, mais si vous utilisez un moteur de recherche du web, le jeu n’en vaudra pas la chandelle.

Vous êtes autorisé cependant à aller y regarder après coup.

1 Pour le lecteur curieux quelques indices pour qu’il découvre, sans coup férir, le nom de l’honorable correspondante.

Une romancière effectivement, mais bien plus, une femme qui se distingue en écrivant des « livres essentiels pour le renouveau littéraire » (sic) des traités politiques et moraux.

2 Pour cette lettre écrite rappelons-le en 1794, Madame de. , fille du dernier grand ministre connu de Louis XVI avait…28 ans.

3 La présentatrice de la lettre précise que le destinataire, le comte Adolphe Ribbing, était un républicain suédois.

4 Mais ce cher comte vénéré fut tout de même partisan d’un complot qui aboutit à l’assassinat de Gustave III, roi de Suède.

5 Passion, passions, comme elles agitaient alors cette impeccable Romantique !





DÉVOILEMENTS

Germaine De Staël (1766-1817) écrit depuis Coppet (en Suisse près du lac Léman) au comte Adolphe Ribbing, un républicain suédois dont elle est amoureuse.

« De son temps, Mme de Staël avait « mauvais genre » : un mari, quinze amants, cinq enfants et, surtout, prétendant penser et écrire, comme un homme ! »

Extrait de son dernier biographe, Michel Winock. (2010) Le talentueux historien avoue que donnant ses cours sur les idées politiques de cette époque, il évoquait la fille de Necker, comme la seconde de Benjamin Constant. Une injustice.

Germaine de Staël, en effet, outre sa Correspondance, écrit plusieurs ouvrages majeurs et dans tous les « bons » genres cette fois : essai, De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, romans : Delphine (1802) Corinne ou l’Italie (1810), histoire avec sa grande H (Napoléon la tint 10 ans en exil) : De l’Allemagne, Considérations sur les principaux évènements de la révolution.

Fille des Lumières, « la raison qu’elle entend servir se conjugue avec l’enthousiasme et la mélancolie, ses sœurs jumelles, pour former ce mélange détonnant qui fait de la vie (et de l’œuvre) de Germaine de Staël, une matière toujours en fusion ». M.W.

ILLUSTRATIONS

Fac-similé : lettre au Comte Adolphe Ribbing.

Portrait et autographe.

machine écrivante

LETTRE PRENANT LE CHEMIN SÛR DEVERS LE BON CLÉMENT MON FRÈRE





Lettre mal faite et mal écrite

Vole de par cet écrivant

Vers le plus noble Clément

Qui cinq siècles après est vivant





Pour Clément Marot

Et Pauline Dorio

dont le livre

« La plume en l’absence »

« Le devenir familier

de l’épître en vers »

Paraîtra

Quand Seigneur Corona

Le permettra





Tu es né à la fin du XV°

et moi à la mitan du siècle XX

Ça nous fait une belle trotte de différence

Et pourtant me voilà t’écrivant d’accointance

Toi le non pareil des mieux disant en vers

Moi que l’époque ou peut-être le non talent

A relégué aux portes de la N.R.*





Mais ami Marot tu ne peux pas savoir

Comment seul dans ma couche

Je suis heureux

De lâcher ainsi la bride à ma plume

Allant me répétant :





Tu es le seul vivant asteure

À tenir la gageure

de t’adresser à Maître Clément





Ainsi s’avance cette épître écrite sans trop d’égard

Aux règles que tu inventas peu à peu

Passant du courtisan aux lettres familières

« Au Roy des François pour le délivrer de prison »

« Aux dames de Paris » « À ton ami Lyon »





Je t’écris de Provence

Pays béni des troubadours

Où le cœur en ballade

D’un mot l’on fait cent**





J’avance sur ma nef fragile et je rame

Étonné amusé libre de toute demande

Aux princes de ce temps

Qui règnent sur les Lettres

Prises dans les glaces de l’unique roman

Poèmes et poésie ils s’en fichent les bougres

Toi ce fut au contraire des demandes sans fin

« Faute de pécune » mais jamais au grand jamais

Tu ne te permis de quémander

En tordant le bâton du déshonneur





Ton père il est vrai t’initia aux subtilités

Du bon rhétoricien qui savait composer

C’était son ars nova dont tu feras tremplin

Pour t’en aller créant tes nouveautés

Sonnets églogues épigrammes

Et tes épîtres que ma fille Pauline

Connaît sur le bout de ses dix doigts









Mais foin du catalogue sérieux que tu connais

Ce qui me plaît encor et qui n’a pas bougé

Ce sont tes engouements badinages étrennes

De mots plaisants gaillards facétieux

Tout ce qui hérissait cagots et sorbonnagres

Qui te le firent durement payé





Tu mourus en exil pour n’être pas brûlé

Mais le cœur mis à nu tu sus tenir le cap

Le cap que dis-le le timon

Ta main ouverte sur Amour

Ton guide sûr

dans la fête ou la défaite

Et en tes batailles exaltées

pour Justice et pour Paix









J’arrête là ma louange

Pardonne- moi pour cette trop longue  laisse

Pleine de prose et de maladresses

Mais avant que je ne te perde

Je vais encor te citer

Bien écrirai encor autre chose

Mais mieux me vaut rendre ma lettre close

Close peut-être mais toujours à réinventer





Ainsi merci

Et mille fois te remercie

D’avoir permis à Dorio

Humble facteur ès lettres et mots

De poursuivre à sa manière

Rimailles et ce blason éternel du bon Marot

            La mort n’y mord





L’amour y garde son mystère   

Voilà pourquoi cet écrit je t’adresse









*Non Reconnaissance

** « Eu m’o escount en rizen

E’n deman per un mot cent »

Peire Vidal

Je t’écoute en riant

Et d’un mot j’en fais cent

JJ Dorio dont la maman naquit Vidal





Martigues 30 mars 2020

LETTRE CONSTRUITE COMME N’IMPORTE QUOI MAIS PAS PAR N’IMPORTE QUI

pastiche
d’une lettre vraie
son auteur à découvrir
est universellement connu

LETTRE VRAIE                                                         LETTRE PRESQUE VRAIE

    date inconnue                                           écrite à Martigues le 26 mars 2020





Quelqu’un a écrit une « lettre vraie ». C’est écrit en haut à gauche sur un papier un peu passé. Mais je ne sais qui ? Je ne sais quand ? Je ne sais où ? Je ne sais à qui ?

Cette lettre est apparue page de gauche et page de droite, quand j’ai ouvert au hasard ce livre intitulé, excusez du peu : Les plus belles lettres manuscrites de la langue française.

Celle-là, « la lettre vraie », elle est tout ce vous voudrez, sauf belle.

C’est du « radotage de vieille fille », je relève l’expression vers la fin, ou plutôt, c’était ma première impression, d’un blanc-bec.

Quant au fond, comme on disait naguère, je ne vous dis pas, c’est du mauvais tissu, que même si on en avait l’intention, on ne pourrait réparer.

Que l’on en juge par ces quelques prélèvements, que j’opère et vous livre en italique.

Je suis extrêmement ambitieux, je voudrais être très audessus (sic) des autres, surtout j’ai l’ambition de créer, construire n’importe quoi, mais construire, je ne peux pas voir une feuille de papier blanc sans avoir envie d’écrire.

Il y a une seule ligne avec deux ratures : c’est que j’ai en je viens d’en lire une. Il s’agit d’une œuvre.

Ma page blanche s’achève. Celle que je lis n’est qu’un extrait, la formule finale de politesse ou de mépris manque. Cependant ce que je vais recopier pourrait en tenir : follement, stupidement sentimental, couard et douillet.

C.Q.F.D.





Ps 1 En découvrant le nom de l’auteur les bras m’en tombent. C’est trop bête pour être vrai.

Ps2 Qui ? : je ne le vous dirai pas. À qui ? une cousine dont il était, dit-on, amoureux.

Ps3 Quand ? en 1926.

Ps4 Où ? dans une turne de l’E.N.S.

Oui là je viens de révéler le pot aux roses !

PEU DE LECTEURS Y MORDENT
J'ajoute une photocopie de cette "lettre vraie"
En souhaitant que ça réveille leur curiosié




tout ceci est très banal
Texte de la lettre reproduite tel quel 
avec coquilles rares et mots que les fins de lignes sé
parent
Cette lettre pourrait apparaître dans l'ouvrage pour moi essentiel
de la sociologue Nathalie Heinich : 
ÊTRE ÉCRIVAIN Création et identité (Editions La Découverte 2000)
"Les êtres se définissent autant par leurs chimères
que par leur condition réelle"
Paul Bénichou
 
"Je me présente -en avance vous verrez pourquoi - 
Vous m'avez reproché de n''être ni simple ni vrai, vous
allez voir si cela m'est commode.
J'ai un fond de caractère très hétéroclite.
D'une part je suis extrêmement ambitieux. Mais
de quoi? Je me représente la gloire comme une
salle de danse remplie de messieurs en habits
et de dames décolletées qui lêvent(sic) leurs coupes
en mon honneur. C'est tout à fait image d'Épi
nal, mais j'ai cette image là depuis mon en
fance. Elle ne me tente pas et pourtant la
gloire me tente car je voudrais être très
audessus(sic) des autres, que je méprise. Mais
surtout j'ai l'ambition de créer : il me faut
construire, construire n'importe quoi mais cons
truire, j'ai fait de tout depuis des systêmes (sic)
philosophiques (idiots bien entendus, j'avais 16ans) jus
qu'à des symphonies. J'ai écrit mon premier
roman à 8 ans. Je ne peux pas voir une
feuille de papier blanc sans avoir envie
d'écrire quelque chose dessus. Je ne ressens
ce sentiment par ailleurs ridicule : l'enthousiasme
qu'au contact de certaines œuvres, parce que je
me figure que je pourrais les refaire, les produire
à mon tour, et si je vous écris aujourd'hui
c'est que (j'ai et éléments raturés) je viens d'en lire une et
que j'ai été pris aussitôt du besoin de 
construire quelque chose : cette lettre."