LA NUIT EN MODE HYPNOSE





Laisse pousser les mots la nuit
La source noire qui t’éclaire
La voie lactée la Galaxie
Le grain battu sur la grande aire

Laisse Confusion t’envahir
Le petit blues de l’écriture
La traversée de tes silences
L’absence de littérature

Laisse les rêves t’envahir
Songes et sommes se déploient
Ton corps passant en mode hypnose
Nul commentaire et nulle glose

hypnographies : caractères tracées comme en état d’hypnose

LA NUIT M’ATTEINT





plaisir d’écrire
la nuit remue
une danseuse
issue de la plume
d’Henri Michaux

la nuit bavarde
cot cot couet couet
couteau planté
dans le cou du coq
chantant la mort de Socrate

plaisir de lire
ses dialogues platoniciens 
où à la fin
c’est cul par-dessus tête
que se retrouve l’interlocuteur
du sage athénien

la nuit m’atteint
jusqu’au matin

TROIS SETS DE NUIT





C’est la nuit avancée
Bientôt cinq heures

J’ai fait un premier set 1
Autour de minuit
Où j’ai poursuivi lisant mes livres de chevet
la pensée prolifique de mes êtres de papier

Un second vers trois heures
Où j’ai écrit un poème
À pas de mouche
et quelques aphorismes

Maintenant c’est la troisième manche
Où vont se refermer (l’heure aidant)
les portes de l’insomnie

Après le dernier somme
(s’il vient)
J’aurai la chance en ouvrant mes volets
d’apercevoir 
la mer en allée
avec le soleil 2
(naissant)

Et à nouveau commencera ce jour
Où jouant avec l’éternité
Je boirai le temps
À grande gorgée 3


1 partie d’un concert de jazz 2 Rimbaud 3 Abbas Beydoum (Libanais né en 1945)

UNE NUIT SANS SECRET N’EST PAS UNE NUIT





C’est à vous qu’elles vont mes lentes rêveries
Et de mes pleurs chantés les amères douceurs

Marceline Desbordes-Valmore 
(1786-1859)


Une nuit sans secret n’est pas une nuit
(pour faire alexandrin, il manque une syllabe)

Une nuit où l’on rêve avec Robert Goffin
Délivrez-moi des poètes qui pleurent 
écrivait-il

Qui pleurent dans leur cœur
Leurs amères douceurs

Puis il se rendormait le corps en chien de fusil

Une nuit sans secrets partagés n’est pas une nuit