Poème perdu comme l'on dit du bon pain Qui a la fin devient rassis Et qu'il faut réveiller avec du lait d'ânesse Poème égaré dans la ciguë de Socrate Le boute-selle de la guerre Et qu'il faut raviver d'un vers d'Apollinaire Poème dépensier généreux et candide Hardi mais qui tient par sa plume Qu'il faut laisser aller mais sans en être l'otage
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ÉNERGUMÈNES
ce "post" est dédié à André Bellatorre Maria-Dolores Cano Dominique Ebrard Guy Toubon André Ughetto
Esprits bienveillants

ÉNERGUMÈNES
Énergumènes
Croqués
À la plume
d’oie
Dans la marge
des esquisses
exquises
affinités
ébauches
allusions
énigmes
ellipses
Et quoi
encor ?

ÉCRIRELIRE J’écris le plus souvent en lisant La table rase ? merci pour moi En lisant des livres s’entend De toutes formes et de toutes couleurs de tout propos qui parlent déparlent Me sortent des yeux et des mains Où à l’inverse me pénètrent l’âme Ce mot honni des grands Esprits Mais ce matin après avoir écrit « Énergumènes » Dans la marge d’une page de mes hypnographies En feuilletant un abécédaire inspiré J’ai fait cet ajout les yeux uniquement fixés Sur la page quadrillée de ce cahier d’écolier De la marque « Héraklès » 180 pages Commencées –qui me croira ?- en septembre 1970 À La Bastide de Besplas (Ariège) après mon retour de Coopération 1968-70 de Caracas (Venezuela) La photo ci-jointe de la couverture Atteste que le dieu maudit par l’épouse de Zeus Dont pourtant il porte le nom Héra-klês (Gloire d’Héra) A été croqué par le sculpteur Bourdelle Le cahier contient 180 pages Les 23 lignes que je viens de lui consacrer ne l’ont pas encore épuisé (05/06/2020 07h15)

QU’IMPORTE MON NOM

sur 2 vers
de Victor Hugo
QU’IMPORTE MON NOM
Qu’importe mon nom or ou cuivre
Perle ou goutte d’eau dans la mer
Victor Hugo
Qu’importe mon nom entre le oui et le non
l’exil et le royaume de nos épiphanies
la somme des mots écrits sur ce papier
avec ou sans Correspondances
pour l’œil et la plume en l’absence*
pour la voix en allée et l’inflexion des rimes
Qu’importe mon nom fantôme errant
fiction de mes restes de vie
faufils encrés sur ces textes
que l’on confie au sac de peau
et d’ossements
Doucement doucement comme on chantait enfant
Avant de s’oublier dans les rêves sans nom
*du poète Fontaine (1555) …et de Pauline Dorio (2020)
07/07/2017
SANS POINTS NI VIRGULES
Un bon cœur bat de la naissance à la mort un cœur qui a des points est un cœur malade
Pierre-Albert Birot Grabinoulor
À dire d’un seul souffle
La langue qui remue quoi de plus fonctionnel où alors il faut l’attacher la trancher l’arracher et cependant si on se met à l’écrire avec ses doigts par exemple ce qui en effet semble le plus naturel doigts et mains à plume à clavier à crayon à bille si nous restons dans l’actuel plus ou moins universel avec ses doigts qui la tirent plus que de raison la travaillent la recensent à défaut de l’encenser la langue commence à faire des siennes elle s’oublie elle se libère elle ne veut plus bêler bégueter chevroter quémander l’avis du spécialiste savant ou singe grammairien ponctuel à réclamer syntaxe orthographe et ponctuation exactes c’est-à-dire conformes à l’usage d’un tel écrivant il y a quelques siècles qui paradoxalement n’avait cure des points virgules jusqu’à ce qu’un imprimeur ancien compagnon pressier vienne mettre un peu d’ordre dans tout ça car tant qu’à raisonner il faut bien montrer et marquer les temps de la pensée petit morceau par petit morceau ne pas confondre le moment du donc de celui de l’et du par conséquent et du étant donné que enfin quoi il faut un peu de raisonnement que diable ainsi donc naquit dame ponctuation ou monsieur brisure si l’on préfère petits fétus par petits fétus petites semelles de plomb par petites semelles de plomb pour gravir une à une les marches pour poser une à une les marques de la phrase numéro un puis de la phrase numéro deux ainsi à l’infini pour que la dame ne s’essouffle pas trop aille s’éventant s’économisant de reposoirs en reposoirs pour que monsieur nous les brise bien comme il faut de la tête aux reins et même si l’on osait on descendrait un peu plus bas un doigt virgulant un autre pointant un troisième qui sait quoi tous signes étrangers à cet arc poétique continu jeté à cette seule arche suspendue à la recherche de l’écrit et de la joie qui sans raison résonnent et qui vont sans souci du quand ponctuera-t’on la fin sans freins et sans trompettes