UNE FOIS N’EST PAS COUTUME





Une fois n’est pas coutume

La nuit ne m’a pas donné son poème rituel

La page au réveil me reluque

et demande son dû

Mais je n’ai que ces mots de travers

a lui donner comme perruque





(C’est un peu comme la chanson

Que l’artiste doit ajouter

Pour que son album

Tienne la distance)





Une fois n’est pas coutume

La brume l’écume la plume

écrit machinalement ses rimes

L’expression (répétée) vient de ma mère

Qui me disait aussi

« Chante chante petit oiseau ! »

C’était pour dire qu’elle ne croyait pas

En mes sornettes

Nous en riions bien sûr





Il pleut il pleut bergère !

La page qui a eu son dû

À présent me libère





une fois n’est pas coutume : voix

30/01/2021

*

PLAISIR D’ÉCRIRE ?

premier jet




PLAISIR D’ÉCRIRE ?

                Sans le plaisir d’écrire, d’abord avec la main tenant ce stylo bleu ou noir, avec sa pointe plus ou moins fine, nul texte chez moi ne naît.

                Nul texte ne s’enfante.

                Mais cependant,  ce premier jet réalisé, la plupart du temps, je m’arrête.

Plaisir d’écrire conduit trop aisément au bavardage. Le bas vardage c’est pour le pépiement, les clichés, les lettres moribondes

L’écriture, tout au contraire, se fait dans « la plume en absence » du bruit autour de soi, des certitudes, des évidences désuètes.

Cette page, par exemple, a accepté le vide, l’attente de cette voie sans personne, dont j’ignore, à cet instant précis, si elle va m’ouvrir un chemin nouveau ou me conduire à une impasse.

Soumettre ce texte au « grand  ordinateur » me permettra, de le modifier « à la marge », avec le désir d’y voir un peu plus clair.

01/02/2021

ON N'ÉCRIT PAS SANS Y LAISSER DE PLUMES




On n’écrit pas sans y laisser des plumes

Plumes d’écolier

plumes gauloises

ou sergent major

que l’on mouillait

sur son poignet

avant de suivre la ligne

des pleins et des déliés

Lundi 14 mai 2018

Morale :

il faut s’appliquer et persévérer.

On n’écrit pas sans y laisser ses plumes

de jeune oiseau piailleur

puis de vieil oiseau gouailleur

emmêlé à la fable du monde

On n’écrit pas sans ses rêves d’enfant

oiseau de vie « oiseau secret qui nous picore »*

oiseau de mort qui disparaît avec nos corps





*Supervielle





Astoria dans le quartier du Queens

New York

14 05 2018

POÈME DU BON DÉSORDRE





Je laisse aller la plume au bon désordre

Comme un livre feuilleté au hasard

Dont on prélève de vives lueurs

Ou d’obscures métaphores





Je laisse aller selon l’imprévisible

mouvement de la main, du pinceau,

cet exercice ouvrant le pas aux rêves

dont nous sommes faits (et parfois refaits)





Je laisse aller… et je retiens

Ici où l’attention à az-zahr est première

Dé à jouer entre les lignes

D’une poésie à l’état pur





29/01/2021

je laisse aller selon l’imprévisible / mouvement de la main du pinceau

LE TEXTE VA





Désirable ou indésirable le texte va

La main l’agite dans tous les sens

Toutes les nuits cherchant l’ouverture

Comme l’acteur sur le plateau

Qui se confronte à Alceste ou Galilée.





Indésirable ou désirable le texte coule

Il passe il ne fait que passer

Dans l’encre et dans cette plume

Qui se perd dans sa page

Ou bien saisit l’occasion

d’une trouvaille inespérée.





Cette nuit c’est repos et répit

Les fantômes se lassent de tourmenter

la personne écrivant

qui ne revendique pas l’ « être »,

mais le passage,

d’un texte à l’autre,

ouvrant ainsi son singulier chemin.





24/01/2021

COMPOSÉ À L’OREILLE





Composé à l’oreille transcrit sur le papier

Un fragment de ténèbres et de chant mesuré

Le risque de tomber d’un trapèze de feu

Métaphores brisées têtes dans la sciure

Des vers de nos poètes plus personne n’a cure





Composé à la feuille au bord d’un fleuve bleu

Où un papillon rêve les pensées de Tchouang Tseu

De la dernière indienne de la Terre de Feu





Passé comme un vertige le poème se rompt

Quelques roses de braises volètent à l’horizon





10/01/2021